‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 18 sur 210 · DE LA MAGDELENE DE LA VILLE L'EVÊQUE · texte numérisé non relu

DE LA MAGDELENE DE LA VILLE L'EVÊQUE

DÉMEMBREMENT DE SAINT GERMAIN l'aUXERROIS

Tous nos modernes sont sujets à se copier les uns les autres ^« '* ^*«*"«» sur cette Paroisse. Tous assurent qu'elle n'existe que depuis ^****'* ^^^an'oi. l'an 1639. Il est bon de détromper ceux qui pourroient leur ajouter foi. Cette Paroisse est marquée dans le Pouillé de Paris, écrit au commencement du XIII siècle sous le nom de Villa Episcopiy et la Cure, comme étant à la nomination du Chapitre de Saint Germain l'Auxerrois. Les Pouillés du XV et XVI siècle la supposent existante, puisqu'ils en font mention avec la même circonstance. Si quelqu'un vouloit révoquer en doute chartui. ces témoignages, on peut y ajouter un titre de l'an i238, Adin^ ^^rv. Ep. Par.» lequel est nommé le Prêtre (c'est-à-dire le Curé) de Villa Episcopiy •^°'* ^'^* une présentation à la cure faite par le Chapitre saint Germain Gaii. chr. en 1284, et une Epitaphe qui est aux Innocens, dans laquelle est ^-^^^'^^o'-^®marquée la sépulture de Jacques Boisson né à Poitiers, Bachelier Recueil des en Décret, Curé de la Ville-l'Evesque, décédé en 1429 ; et enfin ^^^'3^', ^* ^"yj une permutation de la même Cure faite par Philbert Jonin; Curé, p. 639. au mois de Juillet 1473. Reg. Desserv.

Cette Paroisse est, comme plusieurs autres, un démembrement *^* ^""' ^■*^de celle de Saint Germain l'Auxerrois, qui, comme je l'ai déjà dit, étoit primitivement l'unique Paroisse de tout le territoire situé depuis le chemin de Saint Denis au sortir de Paris, jusqu'aux approches de Saint Cloud. Aussi est-ce pour cela que les Chanoines de cette Eglise, qui étoit comme le second siège de l'Evêque de Paris, y ont présenté le Curé, et y ont été officier le jour de la Fête jusqu'à ces derniers tems, qu'ils ont consenti à leur translation dans l'Eglise matrice. Le bâtiment de l'Eglise n'a rien d'ancien ni de mémorable.

Tous les plus anciens droits Seigneuriaux de l'Evêque étoient aussi dans l'étendue de cette immense Paroisse de Saint Germain, où ils avoient choisi leur maison de plaisance, où étoit un port sur la Seine, vis-à-vis la grange dans laquelle étoient réservés les Tab. Ep. fruits de leur récolte et de leurs Dixmes : c'étoit à la Ville l'Evêque

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que ces choses se trouvoient réunies. On peut y ajouter le Préinvent. Episc, TEvêque de trente arpens au moins, dit autrement les Joustes, fol. J38. à cause des exercices qui s'y faisoient, sans compter une grande Act.derani3o8. quantité de terres labourables qui forment un domaine considérable. Les grains qui en revenoient étoient portés à la Grange Bataillere, située un peu plus loin vers l'orient, et que de vieux Invent. dcnv. Inventaires appellent Granchia prœliatdy par rapport à l'exercice '^"°' des Joutes dont je viens de parler, et autres exercices militaires. C'étoit ce lieu-là même qui avoit été appelle Tudella dans un Diplôme de Louis le Débonnaire de l'an 820, rapporté dans les Capitulaires de Baluze, T. IL col. 1418; et dans le sens qu'il signifie un lieu environné de hayes, et destiné à se battre, ou à la revue des troupes, Tutela, id est, Septum. Gloss. Ces lieux, auxquels on ne faisoit plus d'attention, m'ont paru mériter d'être tirés de l'oubli. Mais on voit que même avant le XIII siècle, les Evêques en avoient inféodé certaines portions, aussi-bien que quelques uns de leurs droits, moyennant quelques redevances Seigneuriales.

Une énumération des feudataires de l'Evêque de Paris écrite

chartui Ep. vers l'an 1220, contient ces lignes: Domina Isabella de Gif est

^/ in reUm^'^^^^^ Domini Episcopiy et de eo tenet quidquid habet apud

Voyez ci-dessu8, VUlam Episcopt, tant in teloneo quam in dreturis.

viiieta Episc. Aussi trouve-t-on que quelques riches Bourgeois de Paris

^' ^' avoient du bien et des maisons à la Ville-l'Evêque, mais c'étoit

toujours dans la censive et Seigneurie des Evêques, Un notable

d'entre ces Bourgeois, nommé Michel Chaligaut ou Chaligant, y

possédoit sous Charles VI un Hôtel distingué. Son attachement

au parti de Charles VII engagea le Roi d'Angleterre, qui se disoit

Sauvai. Roi de France, à le lui ôter, pour le donner à Jean le Clerc,

T. lïl, p. 323. ^1 *.

* ^ son Chancelier.

Il faut cependant avouer que quoique TEvêque de Paris eût dans la Ville-l'Evêque tous les droits Seigneuriaux, les Officiers du Roi lui disputèrent la connoissance du meurtre, du rapt et de Petit livre Thomicide. Il est r^sté un mémorial d'Enquête faite par eux à ce ""^^fJJ 333^*" sujet l'an 1220: c'étoit faute d'avoir entendu la signification du mot Tudella, qui revient à Tutila ou Tutela [Septum, Epxoç), que le Procureur du Roi du tems de François I, avoit cru que ce Tudella étoit le For-l'Evêque, et cela, parce qu'en écrivant, ou lisant le titre, on oublioit une virgule dans le Diplôme de l'an 820 avant les mots in ruga Sancti Germani.

L'étendue de cette Paroisse comprend d'une part le Faubourg chart mai Ep ^' I^^noré, jusqu'à Celle du Roulle ; et d'autre jusqu'à la Chaussée ad an. 1 3o8, de Gaillon et aux environs : mais les nouveaux noms des Chantiers^ /oL 60. ç^ ^içs rues font perdre l'idée et le souvenir des anciens lieux.

Proche de l'Eglise Paroissiale est un Prieuré de Bénédictines du titre de Notre-Dame de Grâce, où fut introduite, lors de la fondation en i6i3 et i6i5, une colonie venue de l'Abbaye de Montmartre.

DEMEMBREE DE SAINT GERMAIN l'âUXERROIS

C'est ici l'une des Eglises Paroissiales, dont les commencemens sont les plus connus. Elle est le dernier démembrement qui ait été fait de celle de Saint Germain l'Auxerrois.

Il y avoit eu dans l'emplacement qu'elle occupe deux Chapelles bâties en differens tems : l'une dite de Sainte Suzanne, qu'on appelloit aussi autrement la Chapelle de Gaillon, à cause de la rue qui avoit tiré le nom de Gaillon d'un Hôtel de Gaillon. On ne trouve point par qui elle avoit été fondée. La seconde Chapelle avoit été bâtie par Jean Dynocheau, marchand. Bourgeois de Paris, dans un manoir à lui appartenant, dont la nomination devoit lui être réservée sa vie durant, et ensuite appartenir à l'Evêque de Paris, suivant que j'ai lu dans la première nomination qui est du 2 Avril i522, quoiqu'elle y soit dite bâtie en l'honneur de J. C. et de ses cinq playes : cependant l'acte de la Bénédiction qui en fut faite par l'Evêque le 5 Juin i525, dit qu'elle est construite sous l'invocation de la Croix, de la Sainte Vierge et de tous les Saints.

Etienne Dynocheau, neveu de Jean, donna en 1677 une place et un jardin pour augmenter la Chapelle bâtie par son oncle. Elle fut l'année suivante érigée en succursale de Saint Germain, sous le titre des cinq Playes de N. S. et sous l'invocation de Saint Roch ; le tout du consentement du Chapitre de Saint Germain. Je pense que le titre de Saint Roch ne fut ajouté qu'à l'occasion d'un Hôpital pour les gens affligés d'écrouelles qu'un Espagnol bâtit alors attenant cette Chapelle. Comme l'augmentation du bâtiment de J'Eglise restoit encore à faire, l'Evêque accorda en 1579 des Indulgences à ceux qui y contribueroient : ce qui fit tellement avancer l'ouvrage, qu'en 1 58o l'Archevêque de Césarée commis par l'Evêque, bénit de nouveau cette Chapelle et le terrain voisin, pour y faire Reg. Ep. des inhumations, lequel après un second accroissement, fut encore ^ ^^^^' '*^7P. béni par M. Tiercelin, Eveque de Luçon, en 1584, ^^ j„„. JS84.

Jusque-là la Chapelle de Sainte Suzanne n'étoit point comprise avec la nouvelle succursale. Jacques Baille, qui en étoit titulaire,

Reg, Ep. la céda en 1584 pour en augmenter le bâtiment, mais sans éteindre 10 Apr. i584' le titre, puisqu'on en trouve encore des provisions accordées

etSMaLiSQo, «n iSSj et iSgo.

Depuis qu'on eut résolu de l'abbattre, on convînt, pour en perpétuer la mémoire, d'ériger dans la nouvelle Eglise de Saint Roch un autel de Sainte Susanne. L'hôtel de Gaillon fut acheté par ceux qui demeuroient auprès de cette succursale l'an 1622; et dans les huit années suivantes, après les conventions faites de ce que cette Reg. Ep. Eglise de Saint Roch payeroit à l'Eglise matrice de Saint Germain l'Auxerrois, et au Curé, elle fut érigée le 2 Mars 1629 en Cure ou Vicairie perpétuelle, à la nomination du Chapitre de Saint Germain.

En i653, Louis XIV et Anne d'Autriche, sa mère, posèrent la première pierre de l'Eglise que l'on voit aujourd'hui, laquelle n'a été continuée qu'à l'aide d'une Loterie dans le siècle présent, et n'a été finie qu'en 1740. La Dédicace en fut faite le 10 Juillet de la même année par M. l'Archevêque de Sens. On y conserve le radius d'un des bras de Saint Roch, obtenu par Madame de Vendôme et le Duc de Vendôme, son fils, de l'Archevêque et des Consuls d'' Arles, Descript.de Par. et du Général des Maturins : mais si c'est véritablement un radius T. ir, p. 335. ou focile, le sieur Piganiol n'a pas raison d'ajouter que c'est l'os qui va de l'épaule au coude.

Ce qui a été détaché de Saint Germain pour former le territoire de Saint Roch, commence à la moitié de la boucherie des Quinzevingt, c'est-à-dire, à la partie qui est à main droite en y entrant parla rue S. Honoré. Cela renferme ensuite les rues de S. Louis et de l'Echelle en leur entier, puis tout de suite jusqu'à la porte S. Honoré les deux côtés de la rue de même nom. De la rue de Luxembourg, il n'y a que les deux tiers d'en bas des deux côtés : de la rue des Capucines, les deux maisons plus voisines de ce Couvent, tant d'un côté que de l'autre. Après cela la rue de Louis le Grand, la rue neuve S. Augustin en entier. Dans la rue de Richelieu, depuis le cul-de-sac Menard tout le même côté de la rue jusqu'au coin vers les Quinze-vingt : et delà dans la rue S. Honoré, le côté droit, jusques vis-à-vis la Boucherie où nous avons commencé.

Il y a sept Couvents établis sur ce territoire, dont cinq étoient auparavant de la Paroisse de Saint Germain l'Auxerrois; leur époque étant antérieure à la distraction. Les voici tous selon l'ordre des tems.

Les Capucins ont commencé vers i5i5. Les Registres de l'Evêché marquent à l'an i583 qu'il fut permis à l'Evêque de Sisteron de faire la Dédicace de leur Eglise. Reg. Ep, Les Feuillans établis vers l'an 1577. Les Chanoines de S. Lau-

rent du Château de Joinville leur donnèrent vers 1649, à la recommandation de la Duchesse de Joyeuse, un morceau de relique,

qu'on qualifioit de ceinture de S. Joseph. Le vertèbre qu'ils ont de Reg. Ep. S. Robert, Abbé de Molême, depuis l'an i665, paroît être plus avéré.

Les Capucines établies en 1604 et 1606.

Les Dominicains Reformés, rue S, Honoré, établis vers 16 12.

Les Filles de l'Assomption établies dans la même rue en 1622.

Les Filles de la Conception du Tiers-ordre S. François en la Stuvai. même rue, l'an i635. Sauvai observe qu'elles sont tenues, par t. i, p. 334. traité de la même année, à envoyer à la Paroisse, le jour de l'ancienne fête de l'Eglise, un cierge et un écu d'or.

Les Nouvelles Catholiques, qui étoient auparavant ailleurs, ont été établies rue Ste Anne vers 1648.

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