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PAROISSE ET PRIEURÉ

L'antiquité du village de Dueil est une de celles qui sont le mieux prouvées. Quoique les actes du martyre de S. Eugène n'ayent pas toute l'authenticité qui seroit à désirer, parce qu'ils paroissent n'avoir été écrits au plutôt que dans le IX siècle, et qu'ils font envoyer ce S. Eugène à Tolède en Espagne par Saint Denis, leur témoignage cependant n'est nullement à rejetter, lorsqu'ils assurent que ce Saint avoit- été disciple ou compagnon de S. Denis, premier Evêque de Paris, et qu'il avoit souffert le martyre dans le lieu nommé Dyoilum, où son corps avoit été jette in lacum Mercasii jam dictœ villœ Dioilo vicini. D'ailleurs, ce que je citerai de ces actes ci-après, est tiré d'un manuscrit d'environ

DU DOYENNÉ DE MONTMORENCY Sgg

Tan 1080 ou 1 100, lequel a appartenu à TAbbaye de Saint Denis. Biti. CarmeL Il est vrai que l'auteur y marque que Dueil est situé quatuor mil- ^'fc.Par. libus ab urbe Parisiorum, Mais dans ces bas siècles on exprimoit souvent les petites lieues par le mot milliare, et dans ce sens on ne peut disconvenir qu'il n'y ait du milieu de Paris à Dueil quatre lieues très-petites, ou deux très-grandes lieues, si l'on veut compter deux mille par lieues.

Soit que ces actes soyent de la composition du Prêtre Flohaire, Hist. utt. de que Dom Rivet a très-bien prouvé devoir être plus ancien que le *' France, XII siècle, soit qu'ils soyent l'ouvrage d'un autre auteur, il faut ' ' ^' '^*' avouer que la seconde partie de cette petite histoire qui regarde le culte de ce Saint Martyr, est beaucoup plus authentique que . la première, puisqu'elle est sortie de la plume d'un écrivain qui vivoit sous la fin du règne de Charles le Chauve ou sous ses successeurs immédiats, tems auquel l'auteur pouvoit parler comme contemporain. Comme cette seconde partie n'a jamais été imprimée, et qu'elle contient un récit fidèle du concours qui se faisoit dans le VIII et le IX siècle, au tombeau de S. Eugène à Dueil, je me croi obligé d'en donner un précis.

L'anonyme dit que lorsque la paix eut été rendue à l'Eglise, un homme illustre nommé Ercold fut averti dans un songe de faire voyez ce lieu étirer du lac ou étang de Marchais, le corps du Saint Martyr et àufin de le faire porter à Dueil. Ercold, à qui cette terre appartenoit et qui jouissoit de plusieurs autres, céda celle-là pour l'inhumation du Saint et fit construire sur son tombeau un petit édifice [cellulamy dit l'auteur) où il arriva plusieurs miracles. Ces expressions quidam illustris nomme ErcoîduSy ressentent fort le langage de la première race, ou même des tems immédiatement précédens. On sçait que nos premiers Rois se qualifioient même de vir inluster ; mais le nom Teutonique Ercoldus semble suffisant pour empêcher qu'on place le fait plus haut que le V siècle. Revenons au récit de l'Historien. Les miracles des premiers tems écoulés depuis la construction de l'Oratoire sur le Sépulcre de S. Eugène, n'étoient point parvenus à sa connoissance. Le premier qu'il rapporte arriva sous Pépin, tige de nos Rois de la seconde race. Un nommé Hetilon, parent de ce Prince, et qualifié le premier dé ses Valets de chambre [Princeps cubiculariorum), étant malade au Palais de Verberie, envoya ses offrandes à l'Eglise de Saint Denis. La nuit suivante, il vit en songe un vieillard qui lui dit d'aller à Dueil, qui n'étoit éloigné de Saint Denis que de deux milles. Il s'y rendit par la voiture d'eau et ensuite par celles de terre ^ et y trouva la guèrison de l'extrême

I. Voilà une preuve de Pantiquité de la navigation sur la rivière d*Oise jusqu'à Beaumont ou jusqu'à risle-Adam.

mal de tête dont il étoit affligé. Vers la même année, Dame Ric-

trude, du pays de Rouen, qui étoit aveugle, y vint et fut guérie.

Elle se disoit parente du Seigneur Hetilon; et cela se trouva

véritable, dit l'auteur. Un petit enfant du lieu dit Villeneuve,

dans le pays Meldois, y fut aussi parfaitement guéri. L'Historien

marque l'époque du miracle par le règne de Pépin, et le tems

du Curé de Dueil d'alors : Actum est hoc temporibus prcecellen-

tissimi Pipini primi Régis, ac Presbyteri ejusdem Ecclesiœ

nomine Yperii. En continuant, il dit qu'après la mort de Pépin,

lequel, selon son désir, fut inhumé dans l'Eglise de Saint Denis,

le visage renversé, et après différens altercats entre Charles et

• Carloman, le gouvernement de tout le Royaume étant échu à

Charles, les miracles continuèrent à Dueil : le premier fut opéré

sur un nommé Milon, Noble de Bourgogne, affligé d'un mal de

côté ; il en fut délivré après qu'il eut été oint de l'huile des infirmes

par Adhelde, alors Curé de Dueil. Dans une autre année, après la

fin de toutes les guerres du même Prince, il vint à Dueil une fille

d'Evreux, aveugle, qui fit vœu d'y rester le reste de ses jours et

d'y donner son bien particulier (capaticum suumj et elle fut guérie.

Vers le même tems une noble matrone du pays Lyonnois y amena

sa fille âgée de dix ans, qui étoit lunatique, et l'ayant confiée à

Isembard, Curé du lieu, elle fut pareillement rétablie en bonne

santé. Il y eut aussi alors le fils d'une femme de Reims guéri

d'un aveuglement total. Sous le règne de Louis fils de Charles,

un certain Chevalier de la Touraine au service de Fridegise,

Abbé de Saint Martin de Tours, passant par le Parisis et étant

arrivé à Epineuil sur Seine, le cheval sur lequel il étoit tomba de

manière qu'il eut le corps tout froissé. Le reste du narré n'a rien

d'intéressant. Du tems qu'Hilduin étoit Abbé de S. Denis, un

homme fut puni de Dieu pour avoir mal parlé de S. Eugène. Il

accourut à Dueil, où le Curé lui ayant appliqué des reliques du

Saint, lui procura la guérison. L'Historien finit à ce miracle, et

dit que ses contemporains avoient connu l'Empereur Louis, fils

de Charles, et cela en des termes qui donnent à entendre qu'il

s'agit de Louis le Débonnaire. Il y a peu de Cures dans le Diocèse

de Paris qui puissent produire des témoignages d'une aussi haute

antiquité, quoiqu'un très-grand nombre d'entr'elles existassent

dès-lors.

Dès le même tems Dueil étoit un vignoble. Il est fait mention des vignes que l'Abbaye de Saint Denis y possédoit dans le par- Dipiom.p 535 tage de ses biens en 862, du tems de l'Abbé Louis. Le Monastère avoit tant de vignes en ce lieu et à Grolay, que le vin qu'on y recueilloit pouvoit servir pour la boisson quotidienne des Religieux, quoiqu'ils fussent alors en bien plus grand nombre qu'au*

jourd'hui. Aussi sont-cc les vignes qui font le principal bien des habitants de Dueil, quoiqu'une grande partie du territoire soit en plaine.

Ce village, distant de Paris de trois lieues, forme comme un triangle avec Montmorency et Grolay, et n'est éloigné de chacun de ces endroits que d'un quart de lieue. Je ne m'arrête point à en chercher l'étymologie, vu sa difficulté, à moins qu'on ne dise qu'elle vient de la racine Dol que Dom Pezron a cru être Celti- Antiq. des Gaui. que et signifier un lieu bas, comme il l'est relativement à Mont- p- 4*5. morency. Il est sûr que dès le IX siècle on disoit en latin Dioilum, ainsi qu'on a vu ci-dessus et Diogilum, comme il se trouve dans le partage des biens de l'Abbaye de Saint Denis en 862. Ce village n'est point non plus unique de son nom. Il y en a un en -Diction. Unir. Saintonge et un autre en Poitou, qui s'écrivent Dœil. delà France.

Les auteurs des RoUes de l'Election de Paris sont dans l'usage de joindre le nom d'Ormesson à celui de Dueil : de sorte qu'ils mettent Dueil et Ormesson, ou encore plus simplement Dueil- Ormesson. Ces deux lieux joints ensemble forment 140 feux ou environ, suivant l'ancien et le nouveau dénombrement, et contiennent 540 habitans, selon le Dictionnaire Universel de la France. Je parlerai d'Ormesson vers la fin de l'article de Dueil.

Origine du Prieuré de* Dueil. L'ancienne Eglise Paroissiale de ce lieu étoît possédée vers l'an 1060 par Hervé de Montmorency avec le village, suivant la coutume de ces tems-là. Ce Seigneur s'en dessaisit en faveur des Moines de l'Abbaye de S. Florent en Anjou et leur donna les offrandes, les droits de sépulture et ce preuves de qu'on appelloit hospites atrii, Guillaume, Abbé de Saint Florent, Montmor. p. 35. pour y entrer plus canoniquement, demanda cette Eglise de Saint Eugène à Guillaume, Evêque de Paris, qui la lui accorda en 1072. ibid., p.35et36. Bouchard, fils d'Hervé, la dota ensuite et cela avant le XII siècle. Cette ancienne Eglise est encore aisée à reconnoître dans le goût d'architecture des piliers de la nef qui soutiennent les arcades qu'on y voit, car elle est sûrement du tems du Roi Robert ou d'un peu après. L'autel de la Paroisse est resté dans cette nef. Il est sous le titre de la Nativité de la Sainte Vierge. Les Religieux s'étoient apparemment réservé le fond de cette Eglise pour leur servir de chœur: mais ils rebâtirent ce chœur dans le XIII siècle d'une structure plus élevée que la nef. Il finit en abside ou demi cercle sans vitrages. La voûte en est soutenue par des colonnes très-délicates et qui pour cette raison sont doublées, n'ayant chacune que deux à trois pieds de circonférence. Il paroit y avoir eu des galeries ; mais elles sont bouchées depuis long-tems. Saint Eugène est représenté en Archevêque au-dessus de l'autel, en conséquence de Topinion qui se forma dans le XI ou XIII siècle

que non-seulement il avoit passé par Tolède en Espagne, mais même qu'il en avoit été Archevêque : opinion qu'il n'est pas besoin de réfuter, puisqu'elle n'est fondée que sur les oûi-dire de ces siècles crédules et que l'Eglise de Paris l'a rejettée. On ne montre plus dans cette Eglise lé tombeau de ce Saint Martyr, non plus que ses reliques. Les anciens Moines du Prieuré ayant transporté à l'Abbaye de Saint Denis la châsse dans laquelle on les avoit renfermés, elle y est restée. On ignore le tems de cette translation. Quelques anciens mémoires de l'Abbaye qui ne sont pas trop sûrs, y mêlent beaucoup de merveilleux.

Il n'y a jamais eu deux sentimens sur la présentation de la Cure

de Dueil. Le Pouillé du XIII siècle dit qu'elle appartient au

Prieur de ce lieu et les Pouillés subséquens y sont conformes.

Tatui. s. Fior. Etienne de Senlis, Evêque de Paris, avoit voulu y pourvoir de

Gaii.Chr. plein droit au XII siècle; mais le Pape Innocent II blâma son

col. 63. entreprise. Une Bulle de Calixtc II, donnée à Benevent dès

Hitt. MS. l'^'^ II 22, confirmoit à l'Abbaye de Saint Florent de Saumur

s. Fior. Ecçîesiam S. Eugenii de Diogilo cum pertinentiis suis ; ce qui est

répété dans une autre Bulle d'Urbain III de l'an 1186, où les

dépendances sont marquées : je les spécifierai dans un moment en

parlant du Prieuré.

Il a échappé une fois au Secrétaire de l'Evêché de Paris, dans Reg. Ep. Par. ^^ ^^^ siècle, de marquer que la Paroisse est titrée de S. Denis ;

mais en i5i4, 1544 et i55o, elle est dite du titre de Notre-Dame.

Comme le Gallia Christiana ne rapporte point les noms des Prieurs de Dueil, je vais insérer ici tous ceux qui sont venus à ma connoissance par les titres, et en même tems ce que l'on sçait de leur gouvernement. Le premier Prieur connu vivoit sous Louis le Cod. Bibi. Reg. ^^^^' ^^ s'appelloit Foulques (Fulco). Il reste de lui une lettre num. qu'il a écrite au fameux Abailard, lequel eut des Ecoles dans ce novo245. Prieuré, lorsqu'il se fut retiré de l'Abbaye de Saint Denis. 7* y Daniel étoit Prieur de Dueil sous la fin du règne de Louis VII.

Le Pape Alexandre III lui adressa et à sa Communauté, qui étoit alors composée de douze Religieux, une Bulle par laquelle il prenoit sous la protection de S. Pierre l'Eglise de S. Eugène, le lieu où elle est située, l'Eglise de Saint Marcel située à Saint Denis, celle de Saint Denis de Dugny, de Dumniaco, de Saint Martin de Grolay, de Grodelio, et leur confirmoit le droit de présentation à ces Eglises, comme Maurice de Sully, Evêque de Paris, le leur avoit déjà confirmé. La suite fait voir que quelque Evêque de Paris avoit aussi confirmé au Prieur de Dueil l'Eglise de Gonesse. Cette confirmation fut aussi vraisemblablement faite par le même Maurice de Sully, car la donation primitive venoit d'Hervé de Montmorency. Etant survenu une difficulté entre le

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Prieur de Dueil d'une part, et TArchidiacre de Poissy, au Diocèse

de Chartres, d'autre part, au sujet de la présentation de la Cure

de Verneuil, Regnaud de Bar, Evêque de Chartres, l'adjugea aux

Religieux, ce qui fut confirmé vers l'an 1184 par le Pape

Luce III, successeur d'Alexandre. Robert, qur fut ensuite Prieur

de Dueil, prétendoit, en i2o3, que le droit Curial sur Vauder-

lahd devoit appartenir à l'Eglise de Saint Pierre de Gonesse, Chart. s. Gen.

donnée à son Prieuré. Il transigea avec l'Evéque Odon de Sully, ^^^"- /20J.

se retenant le droit de bâtir en ce lieu de Vauderland une Cha- voyez

pelle où deux Moines pourroient célébrer, sauf les droits du Vauderiandet

Curé de Gonesse. cn^Francc

Renaud étoit Prieur de Dueil en 1241. Il donna alors son consentement pour que le Chapitre Général de l'Abbaye de S. Florent de Saumur pût inféoder une ntâison dépendante de son Prieuré. Il possédoit encore le Prieuré en i25o et il fut élu cette année-là Abbé de Saint Florent.

Aubert, natif d'Angoulême, fut ensuite Prieur de Dueil. Il fut élu en 1254 par une partie des Religieux de Saint Florent pour être leur Abbé et nommé même par l'Evêque d'Angers : mais il ne put réussir. Roger, que le Pape Alexandre IV nomma, lui donna pour vivre, outre le Prieuré de Dueil, celui de Gometz, dit S. Clair, aussi au Diocèse de Paris.

Jean d'Orléans, Prieur de Dueil, fit en 1266 un compromis au ç^^^ ^^^ sujet du tiers de la dixme de Sarcelles, avec Geoffroy de Pont- nova, p. 205. chevron. Doyen de Paris. La même année il engagea son couvent à célébrer l'anniversaire de Renaud, Evêque de Paris, pour cent sols qu'il en avoit reçus. Un acte de l'an 1273, conservé aux ex Autogr. archives de Saint Denis, et qui paroît convenir à son tems^ in Tab.Ep. Par. regarde un lieu ou canton, dit Rougemont, où le Prieur de Dueil /' Cartui.

'Abbaye avoient des cens. On croit que c est aux environs chart. s. Dion. de Tillay. BibL Reg.

F. Hugues de Doanac, étant Prieur de Dueil vers l'an i3oo, ^' *^7^' ordonna que chaque Religieux qui y auroit demeuré un an, auroit Necroi. DiogH. un Anniversaire après sa mort.

F. Jean D'Estang étoit Prieur en iSig ;

F. Bernard du Parc, en iSôg.

F. Pierre Le Veu fou le Buef en iSqS, géroit les biens de la Seigneurie, saisie par T Evêque faute d'hommage; item en 1404;

Jean de Bourbon en 1414, selon un acte passé à Paris, qui Hist. MS. regarde le Cellerier de Saint Florent. s. Fior.f. 334.

Jean de la Faye étoit Prieur en 1425, suivant une Sentence de Tab. Ep. Par. Requêtes, où il paroît comme ayant prétention dans les dixmes Spirit. de Sarcelles; item en 1429 et 143 1. Il présenta pour la Cure de S. Marcel dans Saint Denis, à Jacques, Evêque de Paris.

Emery de Cousdun, en 1450;

Hector de Coquerel, Licencié es Loix, Conseiller au Parlement de Rouen 1461, Maître des Requêtes 1463. Hist. MS. Jean Dugué, Conseiller et Aumônier du Roi en 1477, chargea s.Fior.f. 357. g^ ,^^3 jg gg procuration pour permuter Guillaume de Cambray,

Doyen de Beauvais, Conseiller au Parlement, et il permuta en

effet avec Frère Simon de Cambray, Prieur de Notre-Dame de

Montdidier, Ordre de Cluny.

Guillaume de Cambray, Conseiller du Roi, étoit Prieur en i486.

Reg. Ep, Par. F. Simon de Cambray fut Prieur de Dueil au moins jusqu'en

18 Dec. 14^3. Il entretint en bon état le logis Prioral : mais F. Pierre

Pinart ayant été commis par Louis du Bellay, Abbé de Saint

Florent, pour visiter ce Prieuré le i5 Août 1495, y trouva ce

jour là FEglise en pitoyable étaf.

Jean du Mesnil, Abbé de Bellebranche, étoit Prieur de Dueil en i5o6 ; F. Jean Poyet ou Pocet, Licencié en Droit, en i5i8 et iSiq; Pierre de la Jaille, Protonotaire du S. Siège, Prieur Commendataire, en i522 et i523 ; Nicolas Baudequin, Chanoine de Paris, en i53i et i535 ; Martial Richevillain, en 1541 et 1543, suivant des présentations aux Cures, 1575 et i583. Ce fut lui qui démolit la plupart des bâtimens du Prieuré. Il prétendoit qu'il n'étoit pas conventuel; ibid. mais à l'instance de l'Abbé Commendataire de Saint Florent, il fut Reg. Ep. Paris. Condamné à entretenir les Religieux qu'on y envoyoit en obédience. Il fit un concordat avec le Curé de Villetaneuse en 1546. Paul Cenami étoit Prieur en 1616. Il consentit à l'union qui fut faite de la Cure d'Aubervilliers aux Pères de l'Oratoire.

Dans ces derniers tems, ont été Prieurs de Dueil successivement MM. Annibal de Marais, Louis d'Agoult, puis M. Jean-Antoine d'Agoult, Chanoine de l'Eglise de Paris.

J'ai appris qu'on travaille à réunir ce Prieuré à la Communauté

des Prêtres de S. François de Sales, établie pour la retraite des

Ecclésiastiques âgés.

Parmi les redevances qu'on payoit en 1461 à Jean, Baron de

Preuves de Montmorency, celle du Prieur de Dueil est fort remarquable. « Il

Montmorency, « doit, dit un manuscrit du tems, aux quatre Festes solemnelles en

^' ^' « l'an, certain deu nommé Roissolles, avecques gastiaux d'éspices,

" ' a audit Jehan et à ses Officiers, et au cas que faute y auroit de

« payement tantost que ledit Jehan est servi de rost, ledit Prieur

tt est en amende d'un muid de bled pour chacune fois. »

On a vu ci-dessus que les Barons de Montmorency, comme plus voisins de Dueil, jouissoient de l'Eglise de ce lieu dans l'onzième siècle. Il faut croire qu'en la remettant, ils se retinrent encore une

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portion des dixmes; car ce ne fut qu^en 1221 que Matthieu le Preuves de Connétable donna la moitié de ce qui lui restoit aux Chevaliers Montmor. p. 86. du Temple.

L'Abbaye de Saint Denis y conservoit encore au XII siècle beaucoup de vignes. Les Religieux donnèrent, du tems de PAbbé Suger, aux Chanoines de Saint Paul de la même ville, un terrain appelle Cîausum de Diogilo, et l'Abbé leur céda quarante sols de Duchêne, cens, à prendre sur le Meix-Arnoul, au même lieu de Dueil. ^' '^» p* ^^'* Bouchard de Montmorency étoit en possession de lever un droit sur les vignes des Moines de Saint Denis situées au même village ; Preuves de mais il leur en fit la remise en Tan 1 182. Cette même terre fournit ^ontmor. p. 59. en 1 2 18 Pun des sujets de querelle entre Matthieu, fils de Bouchard, et ce Monastère. Les Moines de Saint Denis se plaignoient de lui, en ce que pendant les vendanges, depuis deux ou trois ans, il les empêchoit de faire vendanger leurs vignes de Dueil «t leurs ibid., p. 83, 84. bourgeois de Dueil de vendanger dans leurs propres vignes; de ce qu'il faisoit arrêter, quand bon lui sembloit, leurs mêmes bourgeois de Dueil, et mettoit garnison dans leurs maisons jusqu'à ce qu'ils eussent payé amende. Lui de son côté se plaignoit des Religieux de Saint Denis, de ce que (par leur faute apparemment) une maison dans laquelle il avoit pleine Justice, avoit été brûlée. Cette contestation fut soumise au jugement des arbitres. Enfin les Seigneurs de Montmorency firent tant, que le Monastère de Saint Denis leur abandonna la Prévôté de Dueil avant la fin du siècle, c'est-à-dire Hist.de S.Denis, l'an 1294. Mais cent huit ans après, il y eut encore des sujets de p- '^^• contestation, parce que les Religieux cédant au Seigneur de Montmorency une grande partie de leurs droits sur Dueil et sur les environs, avoient eu de lui en échange la Terre de Saint Marcel preuves de située à Saint Denis, laquelle l'Evêque de Paris prouvoit relever Montm. p. i58. de lui : ce Prélat demanda que les droits et domaines que la maison de Montmorency avoit eu des Religieux à Dueil, relevât de lui, si la Terre de Saint Marcel devoit dans la suite relever du Roi. Tab. Ep. Paru, L'Evêque avoit fait saisir, dès l'an 1 398, la portion de la Seigneurie '" Feodu. de Dueil tenue par Lancelot Taupin, Chevalier, Sire de Viez en Anjou, à cause de Denise de Montmorency, sa femme, sœur de Jacques, Seigneur de Montmorency, comme étant les biens qui représentoient la Seigneurie de Saint Marcel. Après une Enquête de l'an 1400, le Parlement déclara la saisie valable, le 10 Février 1402. Reg. pari. Le 3o Septembre i5i9, l'Evêque de Paris fit encore faire une saisie de la portion que le Seigneur de Crissay en Anjou tenoit en la terre de Dueil, faute des devoirs rendus; mais on ignore quelles Tab.Ep. Paru, en furent les suites. »» P'^odu.

Dueil étant l'une des Paroisses les plus voisines de Montmorency, puisqu'il n'y a qu'un quart de lieue entre les deux, devoit

6o6 PAROISSE DU DUEIL

être des plus exposées aux dégâts que causent les garennes des Preuves de Seigneurs. Bouchard de Montmorency, Panetier de France, Montra, p. 372. renonça en i326 au droit d'une garenne dans le territoire de ce village, moyennant dix sols parisis que les habitans lui payeroient par chaque arpent de terre ou vigne, ce qui fut confirmé l'année suivante par le Roi Charles le Bel.

ORMEÇON, autrement écrit Ormesson, est le lieu le plus distingué entre ceux qui sont situés sur la Paroisse de Dueil. Dans l'antiquité il n'étoit presque connu que par ses moulins. Dès le IX siècle il étoit appelle en latin Ulmicio, c'est-à-dire pays d'ormes. Notit. Gaiiiar, Des lettres du Roi Louis le Gros font mention de villa quœ dicitur p. 438. Ulmechon. Le même lieu est appelle Urmeçon dans des lettres de l'an 12 18, par lesquelles Matthieu de Montmorency reconnoît Preuves de qu'il a eu tort d'empiéter sur la Justice générale que l'Abbaye de Montmor. p. 83. gaint Denis y a, et de faire mettre le feu à une maison. Outre la Justice, les Moines de Saint Denis y avoient un moulin que l'eau de l'étang de S. Gratien faisoit tourner. Comme quelquefois les Seigneurs de Montmorency, maîtres de cet étang, l'avoient empêché ibid., p. loi. de fournir de Peau à ce moulin, il fut convenu en 1247 ^^^^ l'Abbaye, que la Dame de Montmorency ni ses héritiers ne pourroient plus former cet empêchement. Ce même moulin, avec un Ibid., p. i58. pré et autres biens, fut donné depuis à la maison de Montmorency en place de la Terre de Saint Marcel qu'elle céda aux Moines. On Ibid., p. i55. lit que Jacques de Montmorency transporta en 1892, à Perrenelle de Villiers sa mère, pour une partie de son douaire, les moulins d'Ormesson et de Montmorency. Le nom d'Ormesson sur la Paroisse de Dueil se retrouve long-tems après dans des permissions pour y avoir un Oratoire domestique, données en i535 à Geneviève Bureau, et en i543 à Pierre Hotman, Conseiller du Roi.

Il paroît par le Contrat de mariage d'Olivier le Fevre, Président

Contr. passé en la Chambre des Comptes, avec Damoiselle d'Alesso, de Tan 1 5 59,

Charles Maheu qQç ^e Président possédoit depuis long-tems la Terre d'Ormesson.

Not. auChast. ^^^^ ^^^ toujours restée dans la même famille, et est possédée

actuellement par M. Henri-François de Paule le Fevre, Conseiller

d'Etat et Intendant des Finances.

Le Père Mersenne, Minime, dit en son Harmonie Universelle, que dans la vallée de Montmorency proche le château d'Ormesson, il y a un écho qui répète quatorze fois pendant la nuit, et sept fois pendant le jour.

Il y avoit au XV siècle à Dueil quelque Seigneurie subalterne,

qui mérita l'attention du Roi d'Angleterre Henri VI, lorsqu'il

Sauvai, T. iir, distribua des terres à ceux qui s'étoient attachés à son service.

p. 334 et 3a5. ^insi vers l'an 1427, un Hôtel avec ses cens et justice, qui appar-

tenoit à Simon David, Chevalier, lui fut ôté par ce Roi pour être donné à Girard Desquay, Ecuyer.

Il y a aussi à Dueil un fief dit le fief de Thibaud de Soisy, d^où relevé le fief du Pressoir sis à Ville-tanneuse, et un autre petit fief dit la Fontaine des Oreillons.

LA BARRE, qui n'est qu'à un quart de lieue de Dueil sur le grand chemin de Pontoise vers le midi, consiste en un château ou maison Bourgeoise considérable, avec quelques autres bâtimens, Hôtelleries, etc. Le tout est de la Paroisse de Dueil, excepté une maison qui est de celle d'Epinay. En 1465, l'Hôtel de la Barre sous Montmorency avec des terres, prés et saussayes, est dit appartenir à Jacques Grandin, sieur d'Orvilliers près Chambly. Ambroise Duc de Bournonville, Pair de France, et Lucrèce Françoise de la Vieuville, sa femme, y ont demeuré en i658 dans le château qui leur appartenoit, et quarante ans après M. Pallu, Conseiller au Parlement.

LA CHEVRETTE est un lieu peu éloigné de la Barre, et aussi sur la Paroisse de Dueil. Pierre Pollallion en étoit Seigneur en 1620, Pierre Payen en i638. Louis de la Vrilliere, Secrétaire d'Etat, et Marie Particelli, son épouse, y demeuroient en 1667.

LE MARCHAIS est un fief enclavé dans la Terre de Grolay et cependant situé sur la Paroisse de Dueil, quoiqu'il soit fort voisin du village de Grolay. Il est au milieu des vignes dans un petit enfoncement. C'est un quarré d'environ un demi arpent d'étendue, entouré de saules et rempli d'eau. Il devient quelquefois à sec, et reste ainsi plusieurs années, après quoi il se remplit en une nuit par-dessous la terre. On tient à Dueil et à Grolay que ce fut dans cette pièce d'eau qui est d'une certaine profondeur, que les payens jetterent le corps de Saint Eugène lorsqu'il eut souffert le martyre. Elle sert de lavoir aux femmes de Grolay, mais les enfants de Dueil sont exacts à les empêcher d'y laver leurs linges le i5 Novembre, jour de la Fête de S. Eugène.

Il n'est parvenu à ma connoissance que deux hommes distingués qui ayent porté le surnom de Dueil. Le premier est Odon de Dueil qui fut fait Abbé du Monastère de Saint Denis après Suger, c'està-dire en l'an 1 153. On a de lui une Histoire du voyage du Roi Louis VII en Orient, qu'il composa étant Religieux de Saint Denis. Le second est Raoul de Dueil, Doyen de la Cathédrale de Senlis, qui se fit Chanoine Régulier à S. Victor de Paris vers l'an 1200.

Affiche de ran 1746, col. I.

Tab. Ep, Paris.

Perm. d'Orat.

domest.

5 Jain i658.

19 Mars 1697.

Ibid.

Chifflct m S. Bern. Cen.

lllust.

NecroL S. Vici.

3 kal. Juin.

6o8 PAROISSE DE ÔROLAY

GROLAY

Ceux qui jettent les yeux sur le Dictionnaire Universel de la France, où tous les noms semblables sont placés les uns auprès des autres, auront remarqué que le nom de Grolay n'est pas si rare qu'on le pourroit croire. On y trouve Groslé, Grolée, Groslie, GroUiere, tous lesquels noms partent d'une même racine, mais qui est inconnue ^ Il y a deux Grolay dans le Diocèse de Paris: celuici qui est Paroisse à la distance de trois lieues de Paris, et un autre lieu appelle le Petit Grolay, sur l'extrémité de la Paroisse de Bondies, à trois lieues ou environ de Grolay la Paroisse. On peut bien croire que la manière d'écrire ces noms en françois a assez varié, puisque même dans la dénomination latine on n'a pas été uniforme. En effet, on trouve Grolay le plus considérable, nommé Graulidum, Groolaium, Groela, Groelium, Groeletum, Grodoletum, Grolitium, Gloleium, Groleyum, et le petit Grolay nommé quelquefois Grodolium. De toutes ces dénominations la plus ancienne est Graulidum, Louis, Abbé de Saint Denis, donna en 862 à ses Religieux pour leur boisson quotidienne des vignes Dipiom.p.535. situées dans le Parisis, quœ conjacenty dit-il, in Diogilo, in Grau-

lido. Comme ordinairement les noms de lieu finissant. en latin par idum se terminoient par qy dans le langage vulgaire, il paroît qu'on a dû d'abord dire en François Graulqy.

Ce village est situé à la pente orientale de la Montagne de Montmorency, et seulement à un petit quart de lieue de la ville de ce nom : en sorte que ces deux lieux se touchent. Cependant leur voisinage, loin de me porter à conclure que Grolay ait été comme le forbourg de Montmorency, me fait croire au contraire que le côté méridional et occidental de cette montagne étoit sur le territoire de la Paroisse de Grolay, avant que la construction d'une forteresse y eût fixé le domicile d'une famille riche, qui par la suite y fonda un Chapitre, y attira des vassaux, en forma une Paroisse et enfin une ville. Le terrain de Grolay est fort varié : c'est un pays de coteaux et de vallons, qui sont remplis principalement de vignes et d'arbres fruitiers, surtout de cerisiers. Le village, qui ne forme presque qu'une ou deux rues, s'étend sur une grande partie de la descente de la montagne, et n'a aucune maison écartée. On ne comptoit à Grolay en 1470 que 5o habitans. Le dénombrement des feux de l'Election de Paris marque qu'il y en a 181 en ce lieu.

I. Le vulgaire du pays croit que Gros lay sont deux mots qui signifient Gros Sanglier.

Le Dictionnaire Universel y compte j3g habitants. L'auteur de ce dernier ouvrage ayant mal écrit dans sa copie le nom de ce village, a été cause que dans l'imprimé on l'a placé sous le mot Grossay. On m'a assuré en 1742 qu'il y avoit plus de 200 feux.

Il est fort à remarquer que c'est S. Martin qui est Patron de l'Eglise Paroissiale, et que jamais on n'a donné à l'Eglise d'un faubourg pour patron le même Saint que celui du lieu principal ; mais que souvent un lieu venant à être habité, et par la suite démembré de l'ancienne Paroisse dont il faisoit partie, on a donné à l'Eglise de ce nouveau lieu le même Saint pour patron que celui qui l'étoit de tout l'ancien territoire. On vient de voir ci-dessus que Grolay étoit un vignoble considérable, au moins dès le règne de Charles le Chauve : par conséquent il y avoit beaucoup de vignerons également comme à Dueil. On ne parloit point encore alors de Montmorency. Les Bouchards ou Burchards n'étoient pas encore au monde.

L'édifice de cette Eglise de Saint Martin de Grolay est de différens tems. Ce qu'il y a de plus ancien et qui paroît être du XIII siècle, est dans la nef du côté qu'elle touche au chœur, entr'autres les petites colonnades auxquelles on a adossé de nouveaux piliers pour le collatéral septentrional. La tour est aussi du même siècle, à en juger par le dedans, car au dehors il n'y a plus rien de reconnoissable. Le chœur et ses ailes sont d'un travail et dans le goût qu'on travailloit sous François I et Henri II. On faisoit les vitrages de cette Eglise en 1572, ainsi qu'il est marqué à l'un de ceux du côté méridional. J'entends la nouvelle Eglise; parce que l'ancienne finissoit où est à présent le lutrin ou pupitre. Le grand autel étoit à l'endroit où est le banc des choristes : on y voit encore la fondation des gros murs en terre. Voici ce qu'on trouve dans un vieux Registre de Grolay touchant la Dédicace de cette vieille Eglise : En mil quatre cens vingt le Dimanche i Aoust par Révérend Père Monseigneur M" Guillaume Chartier, Evesque de Paris fust dédiée VEglise Monseigneur Saint Martin de Groslay les[ Montmorency^, et bénit et consacra cinq hostiaux d* autel, c'est-à-dire le Maistre autel, V autel de Notre-Dame, S, Michel, S, Jean-Baptiste et V autel S. Nicolas, et bénit un peu de terre à faire cimetière : Présents Jean Damoiseau, Chevalier, De^is de Hersent, Secrétaire de Monseigneur V Evesque de Paris, M. Philippe d'Oigni, Maistre-ès-Arts et en Décret:.,, et ce fut par Vaide et conseil de Martin Guymines laboureur ; estant Curé Jean Ollier, Il reste dans la nef six piliers de cette ancienne Eglise et on y voit encore les croix de la consécration. La nouvelle Eglise qui consiste dans le fond du chœur et du sanctuaire n'a pas été dédiée, mais seulement bénite. Ce sanctuaire est parqueté

6lO PAROISSE DR GROLAY

et l'autel est embelli d'une crosse avec une suspense où est le S. Sacrement.

Maurice de Sully, Evêque de Paris, donna cette Eglise aux

Moines du Prieuré de Dueil et le Pape Alexandre III confirma

Hitt.MS. ce don. Une Bulle d'Urbain III en faveur de l'Abbaye de Saint

s. Fiorentn. Florent, donnée en 1186, confirme entr'autres à ce Monastère

Ecclesiam S, Martini de Groleyo, En conséquence, on trouve un

Cartui.deDueii. accord fait entre le Prieur de ce lieu, l'an 1202, et Jean de Drency,

Portef.Gaignicr. Chevalier, au sujet d'une dixme à Groslay. Le Curé eut aussi une

dixme par la suite. On lit au même Cartulaire dont est tirée l'article ci-dessus, qu'Isabelle la Merelle donna à Benoît Bethe, sa dixme de vins et bleds à Groslay, appellée la grande dixme des fiefs de Poissy : lequel Benoît la transporta depuis à Jean Gillet, Curé de Groslay. Le Curé de ce lieu a en effet un revenu de douze muids et demi de vin à prendre sur la dixme de bled et de vin des fiefs dits de Poissy, appelle autrement la grande dixme de Grolay. C'est un fief dont il est tenu de rendre foi et hommage à Esanville, comme aussi de payer une année de ces douze muids, ce qui a été exécuté par plusieurs Curés. Il y a apparence que cette concession vient d'une Dame Richolde ou Richeuse de Grolay, laquelle étoit restée veuve de Guy de Grolay et étoit fille des Seigneurs de Roissy. Quoique je ne m'arrête aucunement sur le revenu des Cures, j'ai cru devoir remarquer ces particularités dont M. le Curé a bien voulu me faire part. Avec tout cela le revenu de cette Cure qui paroissoit ne monter pas bien haut sous Charles IX étoit cependant réputé considérable. On voit dans les Registres du . Parlement un Ordre que cette Cour donna de saisir le temporel Ibidem. ^^ Curé de Groslay, qui ne résidoit pas depuis douze ans, quoique Reg. du l'ari. sa Cure fût de quatre cens livres de revenu. Tous les Pouillés, à 9 Sept. I . commencer par celui du XIII siècle, donnent la nomination de cette Cure au Prieur de Dueil.

Les manières différentes dont le nom de Groslay a été dit en

latin depuis le XII siècle, m'obligent de produire ici les actes où

ces variétés se trouvent. Je ferai connoître en même tems les

Seigneurs de Grolay les plus anciens, les femmes ou parentes

remarquables de quelques-uns d'entr'eux avec certains faits his-

Preuvesde toriques. Odo de Groelio est témoin dans une charte d'environ

Montmor. p. 34. l'an I io8. Anselme de Groeleto, dans une autre passée à Pontoise

ibid., p. 37. ^gj.g Y^^ 1 120. Matthieu le Bel donnant à l'Abbé de Saint Denis

çhart. s. Dion, ^^ ^ ^^5 le nom de Seigneurs qui tenoient des arriere-fiefs de lui,

Re^. p. 21 3. met dans ce nombre Adam de Aneisanz pour le fief d'Aneisanz, de

Preuves de S. Brice et de Grolay etapud Greletum. Guido de Groela, Seigneur

MoDtmor. p. 49. de ce lieu, est nommé dans un acte de l'an 1148. Le même Gui

de Grodoleto, avec Richilde sa femme, sœut de Matthieu de

Roissy, assure en 1174 au Prieuré du Bois-Saint-Pere ce que ses prédécesseurs lui avoient donné. En 1177, les garants d'un acte important furent Philippe de Grooloi et son frère Gui. Phi- Preuves de lippe, Seigneur de Grolay, reparoît en 1190, comme témoin dans Montmor. p. 57. un acte de Maurice de Sully, Evêque de Paris, touchant l'Abbaye Du BreuU, de Malnoue. Vers l'an 1 180, fut témoin Gautier de Grodoleto. En p- *°^*'i2o5, Matthieu, Seigneur de Montmorency, quitta les hommes de preuves de Grolay de Groelio et leurs descendans de toutes mauvaises cou- ^<*"^"'°'- p- ^7tûmes, achoisons et corvées, taille et tolte, moyennant certaines ibid., p. 60. redevances, sçavoir de cinq sols et d'un chapon. Il s'agissoit de ibid., p- 73. ceux qui étoient sur sa censive, comme ceux de Montmorency, et non des habitans de Grolay.dépendans de quelque Seigneur particulier. On remarque sous S. Louis un Bertrand de Saux, dit Hist.desPresid. Seigneur de Grolay; un Hugues de Grolay, qui payoit en i235 p. 45o. cent sols par an à Jean, Comte de Beaumont, au sujet de Conflans ^p^rit. Ste Honorine. Il est quali&é Chevalier dans le don qu'il fit à chartui. maj, l'Abbaye du Val en i236 ; une Agnès de Grolayo est qualifiée en f^^- ^-^'^ i25o femme de Guillaume le Loup, Ecuyer. Il faut voir sur Ville- p' sài, pinte combien les le Loup étoient alors renommés. Il paroît que ce fut vers ces tems-la que les Seigneurs de Montmorency ayant aggrandi leur terre, y comprirent Grolay, desorte qu'il n'y eut plus sur cette Paroisse que quelques arriere-fiefs, ou peu d'autres fiefs qui ne relevassent de Montmorency. Cependant l'Abbaye de Saint Denis, avec laquelle ces Seigneurs étoient souvent en différend, fit en 1294 quelques échanges de droits, revenus et fonds Preuves de de terre à Grolay, à Nesans et dans tout le voisinage d'une manière Montm. p. 139. si avantageuse, que les Religieux se trouvèrent dans le cas de devoir à Matthieu de Montmorency, Chambellan de France, quatre mille quatre cens livres tournois. Le même Matthieu mit quelques années après dans le fief du Roi, Groolay et la ville de Nesans, iMd., p. i33. selon un Registre du Trésor des chartes. Nesans étoit un petit hameau sur la Paroisse de Grolay en tirant vers S. Brice. Lorsqu'on a descendu la vallée de Grolay du côté du levant d'été, et que l'on remonte vers le nord, on trouve dans les vignes une croix qui en a retenu le nom, et qu'on appelle la Croix de Nesans, parce qu'elle étoit au carrefour du hameau.

Dès l'an 12 18, un des griefs des Moines de Saint Denis contre Matthieu, ayeul de celui que je viens de nommer, .étoit de ce qu'il ne vouloit pas souffrir que dans leur terre de Nesant ils bâtissent ibid., p. 83. un pressoir sur leur propre fond, et qu'il mettroit en prison les ouvriers qu'ils y avoient. Quelques titres du XII siècle appellent ce lieu Aneisanz, comme on a vu ci-dessus. Il avoit ses Seigneurs chart.s. Dion, particuliers, dont l'un appelle Robert de Torote, Chevalier, fils ^^^- p- ^25. de Gervais, rendit hommage à Saint Denis en 1228 : mais ce

6l2 PAROISSE DE GRÛLAY

n'a jamais été qu'un village. C'est ce que signifioit autrefois le mot François Ville dérivé de Villa, Il n'étoit éloigné du clocher de Grolay que d'un quart de lieue. Depuis longtems il n'y a plus aucune maison. On y voit seulement une carrière. Dans les siècles XIV, XV et XVI, on ne trouve plus de Seigneurs de Grolay que Jean Pastourel qui l'étoit en 1378. Il paroît seulement dans le procès-verbal de la coutume de l'an i58o Bernard Prévost, Président au Parlement, qualifié Seigneur de Groslay; et même il est incertain si c'est de ce Grolay-ci ou du Petit Grolay, Paroisse de Bondi.

Il y a à Grolay plusieurs fiefs, dont quelques-uns ont été réunis. Les fiefs de Marchais et du petit Piscot l'ont été à celui de Fleury sis au même lieu. Il est possédé aujourd'hui par M. la Fitte, ci-devant de Soucy, Officier dans le régiment d'artillerie Royal- Affiche dEpinai, vaisseau. Du fief de Piscop ou Piscot situé à Grolay relèvent le col. 3. fief de la Briche et celui de Piscop, tous les deux situés à Epinay sur Seine. Le fief de Bruyères est sur la même Paroisse de Grolay. Il appartient aux Dames de la Saussaye proche Villejui, et relevé de celui de Fleury. On assure qu'il y a eu un Prieuré; mais peut-être n'étoit-ce qu'une Chapelle de Communauté. Il y a de plus le fief de Rocher; item le fief de Saint-Martin, qui appartient à la fabrique de Grolay. C'est, dit-on, celui qu'on voit au-dessous de l'Eglise, à l'endroit où il y a une petite fontaine et une espèce d'élévation entourée d'eau en forme d'Isle. J'ai parlé ci-dessus du fief appartenant à la Cure, qui est une redevance de vin sur la dixme dite la dixme des fiefs de Poissy : mais il y a lieu de soutenir qu'il faut dire Roissy et non Poissy. Ci-dessus p. 611. Richilde de Grolay ou Richolde qui en fut la donatrice, étoit

issue des Seigneurs de Roissy en France, et non de ceux de Poissy. Elle vivoit en 1174 sous le Roi Louis le Jeune.

Les habitans de Grolay sont aussi redevables à cette Dame (Matthieu de Roissi est dit son frère), d'une exemption dont ils jouissent; ensorte que le peuple, également comme le Curé, est engagé à en conserver le souvenir. Elle fonda une distribution de pain qui se faisoit autrefois à Grolay le 3 Février, jour auquel on célèbre son obit, dont on chante les Vigiles le jour précédent. Cette distribution.se fait maintenant les samedis de l'hiver par M. le Curé, en vertu d'un Règlement de M, le Cardinal de Noailles, et, pour y subvenir, le Curé fournit deux septiers de bled, et la fabrique deux autres. Il est à croire que la distribution du jour de son Obit étoit marquée dans son testament, lequel ne se retrouve plus. Mais dès son vivant elle s'étoit concilié l'amour des gens de Grolay ; au moins lui attribuent-ils l'origine du privilège dont je vais parler. Ils disent qu'autrefois, une femme de Grolay, qui avoit porté ses

DU DOYENNÉ DE MONTMORENCY 6l3

cerises vendre à Saint Denis, y fut détenue enfermée, parce qu'elle n'avoit pas payé le droit de barrage, et que pendant son absence l'enfant qu'elle avoit laissé enfermé dans sa maison, manqua à mourir de faim. La Dame Richilde fut touchée de cet événement : et afin qu'il n'en arrivât plus dé semblable, elle donna à l'Abbaye quelques biens^ moyennant quoi les habitans de Grolay furent exempts du droit de barrage pour les cerises qu'ils porteroient vendre à Saint Denis. Les Religieux ayant voulu les troubler sous le -règne de Charles V, les paysans du lieu, ayant à leur tête Jean Pastourel, Conseiller au Parlement, leur Seigneur, firent un accord avec eux sur l'exemption de ces droits et cet accord fut homologué en Parlement le ii Décembre 1378. Et même de nos jours, le Conseil établi pour l'administration du temporel de la maison Royale de Saint Cyr, à laquelle la manse Abbatiale de Saint Denis est réunie, ayant encore essayé de soumettre les gens de Grolay aux droits de passage, botage, péage, barrage, sur les ponts, chaussées, barrages, places et marchés de Saint Denis, Dame Marie d'Albon, veuve de Bénigne le Ragois, Seigneur de Bretonvilliers, Dame des fiefs de Grolay, soutint si vigoureusement l'exemption des habitans, que le Conseil ci-dessus dit y acquiesça le 19 Octobre 1724. Il est dit dans l'accord de l'an 1378, que ce Privilège leur vient de Dame Richeuse la Grosse, Dame de Poissy et de Meulan : mais comme alors la communauté avoit apparemment une traduction du titre primordial faite en françois et mal écrite, il a été fort facile de se méprendre, et de ces mots Richeulde de Grosléy Dame de Roissy, en faire ceux-ci : Richeuse la Grosse^ Dame de Poissy,

La même Richolde de Groolay est aussi nommée dans un titre de Matthieu de Montmorency de l'an 12 14, à l'occasion des Preuves de bois qu'il donna alors aux Chanoines Victorins du Bois Saint- ^°°^"**''p-®**- Père, pour accomplir les intentions de cette Dame, morte depuis longtems.

Je n'ai point trouvé par mes recherches qu'aucune Maison Religieuse eût du bien à Grolay, sinon le Prieuré de la Saussaye, qui y possède le fief de Bruyères dont j'ai parlé ci-dessus et peut-être l'Abbaye de Saint Victor de Paris, qui paroît y avoir tenu des vignes à rente de Matthieu, Seigneur de Montmorency l'an 1229, au sujet desquelles toute la grâce qu'il crut devoir leur ibidem, p. 90. faire, fut de les dispenser d'en amener le vin à son pressoir bannal.

Il est parlé amplement, tant dans les miracles de S. Louis écrits en françois par Guillaume Cordelier, Confesseur de la Reine Hist. du Marguerite, que dans ceux qui sont rapportés ailleurs en latin, ^°^^**"^"**'^'^* de lapucelle de Grolay ^ fille de Jean le Boucher de Grolay, née t. v, p. 394.

en 1271, et guérie d'une excrescence de chair par les mérites du saint Roi.

Dom Felibien a marqué (page 480) dans son Histoire de TAbbaye de S. Denis, que ce village de Grolay fut pillé par les soldats en Tan 1649.

L'Eglise de Reims a eu au XIII siècle un Archidiacre nommé Gaii. Chr. Henry de Grosley, qui contribua vers Tan 1220 ou i23o à l'édifice nova, col. 853. j^ l'Eglise de Ste Catherine du Val des Ecoliers à Paris.

Un Historien d'Abbeville qui a écrit dans .le dernier siècle, observe qu'un nommé Jacques Malende, natif de cette ville du Diocèse d'Amiens, et reçu Docteur en Théologie en 1640, fut Curé de Grolay au Diocèse de Paris et que son nom se voit parmi les approbateurs du Livre de la fréquente Communion.

Ignace de

Jcsus-Maria,

Carrae

Déchaussé.

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