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MONTMORENCY

Antiquité et Origine du nom. Les origines de Montmorency, situé à trois lieues et demi de Paris, sont si obscures, qu'après les efforts que M. Duchêne a fait pour les èclaircir, il seroit inutile de vouloir me livrer à de plus amples recherches. On peut dire seulement qu'en examinant avec soin tout ce qu'il a rassemblé pour faire remonter le plus haut qu'il pouvoit cette origine, on y remarque bien des choses à retrancher, en commençant par les plus anciennes. M. de Valois qui n'avoit pas un pareil intérêt à percer dans les siècles les plus reculés, s'est contenté de produire un fait du X siècle, comme la plus ancienne preuve de l'existence de Montmorency. Ainsi il n'ajoutoit point foi à une loi de l'Empereur Gratien, donnée dans un lieu dit Morantiaco, parce qu'on est certain que ce Prince étoit à Mayence lorsqu'il a donné cette loi en 377 à la fin de Juillet, et que c'est une faute du copiste d'avoir mis le mot Morantiaco au lieu de Mogantiaco, comme Pa remarqué Godefroy *. Il est vrai que sur la rivière d'Oise dans le Diocèse de Beauvais, il y a une Paroisse appellèe Morency, con- Chartaan.845. nue par une charte de Charles le Chauve pour avoir dès-lors Preuves de porté le nom de Morenciaci curtis ou de curtis Maurentiagi, onimor. p. i. Qj^g^ ^^ q^j prouveroit qu'il auroit existé avant ce tems-là un Seigneur nommé Maurentiagus et que le même pourroit avoir eu les deux terres, celle du pays de Chambli, dite curtis Moren-

I. Sauvai n^a point lu ce livre qui étoit de sa compétence, lorsqu*il a écrit au Tome 1 de ses Antiquités de Paris, page 62, qu'on ne doute point que Montmorency ne soit ce Morentiacum du Code Théodosien.

AU DOYENNÉ DU MÊME MONTMORENCY 6l5

ciaci et celle de Paris dite Mons Morenciaci. L'auteur de l'ancien Necrologe de l'Abbaye de Saint Denis paroît même avoir cru que c'étoit une seule et même terre ; car, en annonçant au 27 Août Hist. de l'obit du Seigneur Leuton qui avoit donné la Terre de Morency ^- ^*"" *

.- ., ^... ^ t «ff*^ la fin des Preuv.

au Monastère, il met : Obtit Leuto devotus qui dedit Montem- Morentiacum, mais il semble avoir confondu les deux Terres.

Ces deux titres étant retranchés, nous nous voyons ramenés au X siècle, sur la fin duquel on trouve en effet une charte du Roi charta Robert, qui nous apprend qu'une forteresse dite Montmorency ^«- 99^- Prob. fut donnée par ce Roi à Bouchard le Barbu, pour le dédommager «"eTTo. de ce qu'il faisoit détruire celle qu'il avoit tenue du Monastère de Saint Denis dans l'Isle de la Seine du voisinage. Outre cela, quelques auteurs parlent d'une descente de troupes, venues vers joan.Monach, ce même tems du septentrion par ordre de l'Empereur Othon pour Maj.MonasUn prendre Paris et qui à leur arrivée assiégèrent le château dit *'^'^^ Ander Montmorency et même le détruisirent. chr.Turonense.

La charte qui vient d'être citée, désigne la position de cette Hugo de forteresse en ces termes : fermé tribus leugis à castello Sancti senecaic. Dionysii secus fontem qui dicitur Sancti Valarici. Pour recon- Francis. noître la position marquée dans cette charte, il faut dire ou que Preuves le Château étoit alors situé beaucoup plus loin du côté d'Andilly, p. ^ et 8. ou que par ces trois lieues il faut entendre des lieues Gauloises qui reviennent à nos demies lieues ; car on ne peut gueres compter que trois demies lieues de Saint Denis à Montmorency. Pour ce qui est de la fontaine de Saint Valéry, la connoissance en est perdue dans le pays ; il faut que ce soit l'une des sources qui forment l'étang qui est au bas de Montmorency vers le couchant. Il est encore spécifié dans cette charte, que Burchard, retiré dans la forteresse de Montmorency, ne cesseroît pas d'être feudataire de l'Abbaye pour le château qu'il avoit possédé dans l'Isle, quoique le Roi l'eût fait détruire.

Un des descendans de ce Burchard qui portoit le même nom que lui, s'étant ligué avec Matthieu, Comte de Beaumont et Dreux de Moncy contre le Roi Louis le Gros et contre les intérêts de cesta Ludov, l'Abbaye de Saint Denis, ce Prince vint aussi-tôt mettre tout à Grossi per Sug. feu et à sang dans les villages qui dépendoient du château de T^v*^***°jg Montmorency ; s'étant apperçu que ceux de ce château entreprenoient de se mettre sur la défense, il le fit investir par les troupes de France et par celles de Robert, Comte de Flandres, son oncle, et par ce moyen Burchard fut mis à la raison. Voilà le monument le plus sûr qu€ nous ayons parmi ceux de ce tems-là, touchant la situation et l'état de ce lieu au XII siècle.

Observations ecclésiastiques sur Montmorency. Il y a apparence que, lorsque la Forteresse dite Montmorency fut livrée à

6l6 PAROISSE ET CHAPITRE DE MONTMORENCY

Burchard le Barbu en 996, ce n'étoit qu'une simple tour et qu'il n'y avoit en ce lieu ni bourg, ni village, ni même de Collégiale. De simples conjectures ne suffisent pas pour établir l'antiquité d'une ville et d'une Eglise. Si cette Collégiale eût été aussi ancienne que Du Chêne l'a cru et qu'elle eût été fondée avant le Hist. de siècle de Charlemagne, comme il paroît l'assurer, pourquoi n'eut-

Montmor. p. 58. gjjg commencé que dans les derniers siècles à être le siège d'un

Doyen rural ? Et pourquoi sous le règne de S. Louis les Décanats de ces cantons-là étoient-ils encore seulement connus sous les noms de Doyenné de Gonnesse et de Doyenné de Cercelles ? Le plutôt qu'il semble qu'on puisse placer la fondation du Chapitre de Montmorency, est depuis qu'on, trouve une suite généalogique des Seigneurs, lesquels, bien établis dans le lieu, ne songèrent plus qu'à imiter la piété de nos Rois du XI siècle, sçavoir du Roi Robert ou de Henri, son fils, auteurs de tant de pieux établissemens. Jusqu'à ce qu'on produise des titres contraires, il me paroîtra toujours yrnisemblable (vu le voisinage de Grolay qui n'étoit qu'à un quart de lieue de la Tour de Montmorency, et vu l'antiquité certaine du même Grolay qui surpasse celle de Montmorency) que cette Tour ou Forteresse de Montmorency étoit bâtie sur le territoire de Saint Martin de Grolay. Les riches Seigneurs qui augmentèrent ce Château, firent bâtir par la suite pour leur propre commodité une Eglise sous le même titre qu'étoit leur Paroisse, et fournirent des fonds pour y célébrer l'Office Divin chaque jour, selon le rit qu'on le cèlébroit dans l'Eglise Cathédrale. Leurs Officiers et leurs vassaux voisins augmentant en nombre, il se forma sur le lieu une Paroisse desservie dans la même Eglise, puis un bourg, et enfin une ville, selon la nécessité qu'il y eut de se mettre à couvert des ennemis proche la forteresse. Le plus ancien titre connu Preuves de qui soit resté sur les Prébendes du Chapitre de Montmorency,

Mommor. p. 41. est celui par lequel Matthieu, Seigneur de ce lieu, donne une

prébende de cette Eglise à l'Abbaye de Saint Victor, de Paris, à condition que les revenus en seront appliqués à l'Infirmerie de cette Maison, et qu'elle fournira un Vicaire pour y acquitter les charges comme font les autres Chanoines absens. Cette charte est d'environ l'an i i3o. Elle ne me paroît pas décider absolument que ce Chapitre ne soit pas plus ancien que ce Matthieu, Connétable de France. Je ne l'ai représenté ci-dessus comme un peu plus ancien, que par pure conjecture, parce que les premiers titres sont perdus. Les auteurs du Gallia Christiana assurent que ce fut Matthieu ci-dessus nommé qui en fut le Fondateur, et c'est ce qui combat encore plus directement les idées de Du Chêne. On ne peut nier que les Chanoines ne Payent qualifié dans un ibid., p. 5i. acte de 1 155 du titre de patronus et defensor ipsius Ecclesiœ. Les

mêmes auteurs remarquent que ce Chapitre étoit Abbatial, c'està-dire que le chef du* Clergé y prenoit la qualité d'Abbé, comme à Saint Spire de Corbeil et ailleurs. En 1 174, dans une confirma- Preuves de tion de donation faite par Burchard de Montmorency, parmi les Mo°t«»or. p. 55. témoins se trouva Hervé, Abbé de Saint Martin de Montmorency, son propre frère. Il étoit fils du Seigneur Matthieu dont je viens déparier. On le trouve parmi les Chanoines Soûdiacres de N. D. de Paris dès l'an 1146. Il en étoit Doyen en 1184, et réunissoit en ces termes ces deux qualités, à la tête des titres qui le regardoient comme Abbé : Herveus de Monte Maurentiaco Dei per- ibid., p. 58. missione Abbas Sancti Martini de Monte Maurentiaco et Decanus

Parisiensis. Burchard, frère d'Hervé, outre l'Eglise Collégiale de S. Martin, bâtie par ses ancêtres, fit encore construire dans son château une Chapelle domestique. Ce fut S. Pierre, Archevêque ibid., p. 55. de Tarentaise, qui en fit la Dédicace l'an 11 74, événement que Jean, Chanoine de Saint Victor, marqua depuis dans son Mémorial, parce que cette circonstance étoit spécifiée dans le titre d'une donation que ce saint Prélat fit faire le même jour par Burchard à cette même Abbaye de Saint Victor. Le saint Archevêque de vita s. Pétri. Tarentaise étoit alors en route pour aller joindre dans le Vexin ^''7"w ^^"' les Rois de France et d'Angleterre.

L'Eglise Collégiale de Saint Martin tombant de vieillesse, fut rebâtie dans le commencement du XVI siècle par Guillaume de Montmorency, Chambellan des Rois Charles VIII, Louis XII et François I. C'est ce que confirme non-seulement l'écu de ses armes qui s'y voit sur le portail, aux voûtes, aux vitres et aux sièges des Chanoines, avec celui d'Anne Pot, sa femme, mais Hist.de Momm. aussi son tableau à l'un des piliers du chœur, où son portrait P- ^^'' ^^*le représente dans une attitude dévote, avec ces vers au bas :

Le Baron de Montmorency Nommé Guillaume près ainsi Quest cy pourtraict Van mil en date Cinq cens vingt et cinq pour bon acte Rediffya ce temple cy,

Guillaume mourut le 24 Mai i53i, vingt et un ans après sa femme. Leur mausolée de marbre noir est élevé au milieu du chœur, avec leurs figures en marbre blanc couchées dessus ; et tout autour se lisent ces Epitaphes en lettres gothiques ; d'un côté : Cy gist haut et puissant Seigneur Mons. M, Guillaume de Montmorency y premier Baron de France^ jadis Seigneur dudict Montm. d'Escouen et de Chantilly, Conseiller et Chambellan ordinaire du Roy nostre Sire et Chevalier de son Ordre: Qui trespassa le XXIIII jour de May Van mil cinq cens trente et ung. De l'autre

6l8 PAROISSE ET CHAPITRE DE MONTMORENCY

côté : Çy gist noble Dame Madame Anne Pot y femme dudit Sr, jadis Dame de Chasteauneuf de la Roche, de Thorey, de la Prune au Pot, et de Danville : Qui trespassa le XXIII jour de Feburier Van mil V C et X, Prie\ pour tous trespasse\ que Dieu pardon leurs faces. Amen. Guillaume est en habit militaire, ayant à côté de sa tête son casque et ses gans de fer. Jean, père de ce Guillaume, a aussi sa tombe de cuivre dans le chœur. Ils reposent tous dans un caveau. En travaillant dans le chœur, Tan 1740, à la construction du caveau destiné à la sépulture du Duc de Bourbon, qui est le premier de la Maison de Condé inhumé dans cette Eglise, l'on a trouvé des vestiges d'une ancienne Eglise, sçavoir la naissance de la voûte et de gros piliers qui la soutenoient. Si l'ancienne Collégiale n'étoit point en ce lieu, au moins on ne peut douter que ce n'ait été un reste de la Chapelle du Château dont j'ai parlé ci-dessus.

Quand on n'auroit pas la date de l'édifice d'aujourd'hui par le portrait du restaurateur, le genre de son architecture qui est un mélange de gothique et d'un goût nouveau, la désigneroit assez. Quelques-uns assurent que Guillaume ne vécut pas assez pour la voir finir, mais qu'elle fut achevée par le Connétable Anne, son fils, en i563. Elle est entièrement couverte d'ardoise, avec une petite flèche au milieu, et une tour au portail du côté du midi. Les accès en sont difficiles de ce côté-là et vers le couchant, où tout paroît en forme de précipices, parce qu'elle n'est pas sur le plus haut de la montagne. Le défaut de cette Eglise, d'ailleurs magnifique, est qu'on ne peut pas tourner derrière le sanctuaire. On voit en dedans, attachée au mur méridional du chœur, une main en relief qui tient une* épée nue. Dans l'aîle méridionale sont représentées aux vitrages quelques personnes de la maison des Coligny-Chastillon avec des marques d'Evêques dans leurs armes. Comme dans un vitrage contigu est peinte Loyse de Montmorency, femme de Gaspar de Chastillon, je ne sçai si ces armoiries d'Evêque ou d'Archevêque ne seroient point celles du fameux Odet de Coligny, leur fils, fait Cardinal en i533, qui gouverna quelque tems les Eglises de Toulouse et de Beauvais. Il étoit neveu d'Anne le Connétable. Dans l'aîle septentrionale proche la petite porte, est un vitrage où l'on voit en plusieurs endroits les armes d'un Evêque qui se plut toute sa vie à contribuer à l'embellissement des Eglises. C'est François de Dinteville, Evêque d'Auxerre ; il y est représenté à genoux en chappe, la mitre en tête, avec sa sentence familière Virtutis fortuna comes, et S. François à son côté ; S. Christophe est dans le panneau du milieu et S. Etienne, patron de sa Cathédrale, dans le troisième panneau.

Le sanctuaire de cette Eglise est orné de quatre colonnes de

cuivre avec un retable, au haut duquel le Saint Sacrement est conservé dans une suspense, ainsi que dans les anciennes Cathédrales. Derrière le tout est une châsse qui contient les reliques de S. Félix, qu'on dit dans le pays être le corps de S. Félix, Martyr de Gironne, dont la fête est le premier jour d'Août. Le Martyrologe de Paris imprimé en 1727, se contente de dire qu'on croit à Montmorency que c'est seulement une partie de ce corps. Les continuateurs de Bollandus n'ont pas dit un mot de cette prétention de Montmorency dans l'article de ce Saint, et ce qu'on lit dans Baillet au 5 Août porte à croire que ce qui est en cette Vie de stc Afre. Collégiale, quand même il seroit venu d'Espagne, est d'un autre Félix que celui de pironne, martyr originaire d'Afrique. Quant à l'apport de ce corps, que Duchêne dit sans preuve avoir été fait d'Espagne, par Bouchard de Montmorency au retour d'un voyage qu'il y auroit fait avec Charlemagne et qui l'auroit donné à la Collégiale de sa Terre déjà subsistante, c'est un reste des fables de quelques vieux Romans, puisque cette Eglise n'existoit point alors, et que tous les compagnons que Ton a donnés à Charlemagne dans sa guerre d'Espagne sont chimériques. Le nom de Félix n'ayant pas été rare parmi les Martyrs de France, et y en ayant eu un même proche Paris, dans la Péninsule des Fossez, lieu dit depuis Saint Maur, ainsi qu'on peut voir à l'article de ce lieu, il est plus naturel de croire que le corps de ce Saint fut obtenu autrefois de l'Evêque de Paris par le premier Seigneur de Montmorency et porté à sa terre. Si ce n'est pas de celui-là que le corps est à Montmorency, ce peut être encore celui d'un S. Félix, qui fut martyrisé autrefois à Vernot, au Diocèse de Sens, avec S. Felicissime, le 12 Août. Il a été très possible que Hervé de Montmorency, Doyen du Chapitre de Paris, à qui la Terre de Vernot appartenoit depuis long-tems, l'ait enlevé de-là et l'ait donné à Burchard, son frère. Seigneur de Montmorency, pour la Dédicace de la Chapelle de son Château, faite comme on a vu ci-dessus en 1174. Quoi qu'il en soit, les reliques de S. Félix attirèrent à Montmorency un tel concours, que le jour de sa Fête fut choisi pour l'établissement d'une Foire ; et ce jour-là le Chapitre de Montmorency avoit droit de Justice, comme il se voit par preuves de un acte de l'an 1 190. Il ne seroit pas extraordinaire que la fête de Montm. p. 393. S. Félix du 12 Août eût été avancée aux calendes du même mois, qui étoient des jours déjà consacrés aux Foires. Ce transport l'aura fait confondre avec S. Félix de Gironne, martyrisé le même jour, et des actions duquel on étoit mieux instruit que de celles de S. Félix de Vernot. Telle a pu être, selon ma pensée, l'origine de la confusion des deux Saints du même nom. Il reste une particularité à remarquer sur la châsse de Montmorency. C'est que les

habitans, tant hommes que femmes, de la Paroisse de S. Félix, située au Diocèse de Beauvais sur la rivière du Terain, entre Beauvais et Creil, à douze lieues de Montmorency, suivant une ancienne coutume, se rendent tous les ans par députés le premier jour d'Août à Montmorency en l'Eglise Collégiale et à une procession solennelle qu'on y fait dans les principales rues, ils portent la châsse de S. Félix, et les Paroissiens de Montmorency leur cèdent cet honneur, auquel ils participent après eux et à leur défaut, ne s'en croyant point exclus. S'il est permis de dire ce que )e pense sur l'origine de cet usage dont on ne m'a pu dire la cause, je croi que l'Eglise du village du Beauvoisis ne fut dédiée sous le nom de S. Félix, qu'en vertu de quelque concession de reliques faite par le Chapitre de Montmorency, lequel aura exigé en reconnoissance de ce don, que les habitans députassent tous les ans pour porter sa châsse quelques-uns d'entr'eux.

M. Piganiol écrit (T. VIII, p. 157), qu'à la prière de la feue Reine d'Angleterre, Henriette-Marie de France, on ouvrit à Montmorency la châsse de S. Félix pour lui en donner un doigt, ainsi qu'elle le souhaitoit.

On assure que la même Eglise Collégiale conserve un os du bras de S. Martin qui en est le titulaire, et que les Chanoines de Saint Martin de Tours ont fait, depuis qu'ils sont privés du corps de ce Saint, des propositions aux Chanoines de Montmorency pour les engager à leur rendre cet ossement.

Tout autour de la clôture du chœur par le dehors, est marqué en grosses lettres de relief le mot : APLANOS plusieurs fois répété, lequel se trouve aussi peint au haut du portrait de Guillaume, le restaurateur de l'Eglise. Ce mot signifie que Messieurs de Morenci ne s'étoient jamais écarté de leurs devoirs. Dans la nef se voit, du côté gauche, l'autel de la Paroisse. La chaire à prêcher est vers la grande porte, à cause que le milieu de la nef est rempli par le mausolée du célébré Connétable, Anne de Montmorency. Cet excellent ouvrage a été construit aux dépens de Magdelene de Voyez Savoye, sa veuve. Il est vis-à-vis la porte du chœur à 19 pieds de le Laboureur distance. Les effigies du Connétable et de son épouse en marbre de Casteinau* ^^^^^ ^^^^ couchées sur un tombeau de porphyre, lequel est cou- T. II, p. 548.* vert d'un grand demi cintre soutenu par dix colomnes de marbre Merc.de France, Jqjjj quatre sont de jaspe verd. Sur le haut des colomnes à côté "p/iSja!^' du demi cintre sont les deux mêmes personnes représentées en bronze, priant Dieu, le visage tourné vers le chœur. La hauteur entière du mausolée est d'environ vingt pieds. On s'étoit proposé de mettre sur le milieu de la demi couppe ou demi cintre une résurrection du Sauveur, exécutée en bronze, mais l'ouvrage demeura imparfait par la mort de. Jean Bullant qui l'avoit entre-

pris, arrivée le lo Octobre iSjS. Il n'y a aucune inscription. On

7 a suppléé par ce qui se lit dans la sacristie sur une grande

lame de cuivre. Dans le temps de la Ligue, quelques impétueux Mem.deNevere,

brisèrent plusieurs décorations de ce Mausolée, lesquelles ont été ^' "» p* ^^'

réparées en tachant d'imiter le marbre blanc par une matière

de même couleur, ce qu'il ne faut point imputer au premier

sculpteur.

Le Fouillé du Diocèse de Paris écrit avant le milieu du XIII siècle, faisant le détail des nominateurs aux Bénéfices, s'exprime ainsi : De donatione Canonicorum Montis Morenciaci. Cura de Montemorenciaci ; Capellce Montis Morenciaci, c'est-à-dire que le Chapitre présente à la Cure de Montmorency et aux Chapelles. Or ce Chapitre nommoit toujours pour Curé l'un de ses membres. Henry, Duc de Montmorency, petit-fils d'Anne le Connétable, auquel appartenoit le droit de nommer à toutes les Prébendes comme issu des Fondateurs, voyant, à ce que portent quelques mémoires, les revenus tellement diminués que les Chanoines ne pouvoient pas vivre sans desservir quelque Cure voisine, réserva cette Eglise aux Prêtres de l'Oratoire, l'an 1617 ou 1618, s'obligeant de n'en conférer les Prébendes et Chapelles qu'à des Prêtres de la Congrégation qui lui seroient présentés par leurs Supérieurs. Et comme ces Prébendes constituent le Chapitre, c'est à eux à nommer le Curé, et ils nomment l'un de ceux de leur Congrégation. On lit dans M. Piganiol, qu'au lieu des neuf Description Chanoines au plus qu'il y avoit anciennement, le Clergé de Mont- ^** «nrirons de morency est composé de plus de trente Pères de l'Oratoire, à y, yiii, p! i56. cause que les études de Philosophie et de Théologie pour leurs Confrères sont en ce lieu. Il nomme trois Pères de cette congrégation qui ont aidé à augmenter et renouveller les bâtimens. L'auteur du Supplément à Du Breul imprimé en 1639, avoit dit de son temps (page 88) « que ces Pères par leurs fréquentes prédi- « cations, exhortations et administrations des Sacremens, avoient « comme fait changer la forme de vivre des habitans. » La maison de ces Pères qui tomboit fut commencée à être rebâtie en 1693, continuée et agrandie vers 17 18 et achevée comme elle est en 1735.

Lorsque ces Pères furent reçus pour y être Chanoines à la place des anciens, il fut accordé à ces anciens, qu'ils seroient inhumez dans la Collégiale s'ils le jugeoient à propos, et qu'ils y auroient un Service à leur mort.

Jacques Levasseur, Doyen de Noyon, a observé que le premier Annai.deNoyon. Oratorien qui finit ses jours à Montmorency, étoit un Chanoine de Noyon nommé Vincent de la Vaquerie, qui avoit été à l'établissement de la Colonie, et qu'il y mourut d'une mort sainte prèsqu'aussitôt qu'il y fut arrivé.

Le sieur de Fremainville dans son livre intitulé la Pratique des Droits Seigneuriaux (T. II, p. i lo), a publié la reconnoissance que ces Pères ont faite au terrier de Montmorency Tan i68i, de l'article XIV du contrat de leur réception, qui porte que s'ils viennent à déchoir de la reforme qu'ils gardent, le Prince de Condé et ses successeurs pourront pourvoir d'autres Ecclésiastiques reformez. Ce qui peut être regardé comme une singularité dans cette Collégiale, est qu'on'y célèbre l'Office selon un rit et selon des livres en tout différens de ceux de la Métropolitaine qui est regardée d'ordinaire comme le modèle des Collégiales et des Paroisses du Diocèse. On peut à cette occasion relire ce qui est ci-dessus à l'article de Pa^sy, page 403, et à celui d'Aubervilliers, page 557.

Reg.Ep.tyApr. Dans les Registres de l'Evêché de Paris, à l'an i532, il est fait

mention d'une Chapelle dite la Chapelle d'Orléans sise dans la Collégiale de Montmorency, et dans la reconnoissance que les Pères de l'Oratoire firent au Terrier en 1681, il est parlé d'une Chapelle de S. Etienne, d'une de S. FirmLn, d'une autre de S. Nicolas, fondées dans la même Eglise.

Les Pouillés de 1648 et de 1692, nomment une Chapelle de S. Michel située sous Montmorency, et celle de Notre-Dame qui est au-dedans des murs et qui subsiste encore proche la porte qui conduit à Grolay. La Paroisse y vient en Procession à la Fête- Dieu. Le portail de cette Chapelle est d'une structure du XIII ou du XIV siècle. Les Pères de l'Oratoire ont déclaré en 1681 qu'ils sont tenus d'y venir dire les premières et secondes Vêpres à l'Assomption, et de même à la Chapelle de S. Jacques, le 25 Juillet et le 6 Juin, jour de S. Claude.

Il faut mettre au nombre des Chapelles fondées par les Seigneurs de Montmorency, celle de l'Hôtel-Dieu, Hôpital ou Maladerie. La preuve s'en trouve dans un Registre du Parlement, où en vertu de la Requête présentée en i56i, par le Duc Seigneur, à ce que défenses fussent faites au Prévôt de Paris ou son Lieutenant- Civil, et au Substitut du Procureur-Général au Châtelet, de procéder à nouvel établissement de Commissaires pour gouverner le Temporel de cet Hôpital dont ledit Duc est fondateur, à peine de

Reg. Parlant, nullité, la Cour Tordouna ainsi qu'il étoit requis. Les Trinitaires

23 Dec. i56t. qu Mathurins ont été admis sous le règne d'Henri IV au gouver- Suppi. à nement de cet Hôtel-Dieu, en vertu d'un Brevet de M. de Mont-

Dubrcui, p. 38, moreucy, Connétable de France, expédié à Beziers, le 3 Mai 1601, * Temps " ^^ approuvé par M. de Gondi, Evêque de Paris, le 23 Août sui-

keg. Ev. tôot.^^^^' ^^^ habitans protestèrent, disant que cet Hôpital étoit de

pure administration laïque et qu'il n'y avoit point de bénéfice. En 1681, les Pères de l'Oratoire déclarèrent au Terrier de Montmorency en tant que successeurs des Chanoines, ils étoient en

possession de chanter dans la Chapelle de cet Hôpital les premières et secondes Vêpres et la Grand-Messe, le jour de Saint Fremainviiie, Jean-Baptiste, ancien Patron. p- '*'•

Dans la suite, comme on s'apperçut de l'abus qu'il y avoit de Reg. Ep. Pari». retirer en cet Hôpital des passans qui devenoient voleurs^ on ^^ ^"«'• changea la destination. Le 3o Août 1684 furent enregistrées des Lettres Patentes portant commutation et destination faite des revenus de l'Hôtel Dieu de Montmorency, ensemble de ce qui pro- itid. viendra des aumônes de la Charité pour être appliqués aux pauvres malades du lieu conformément aux lettres de M. le Prince de Condé. En 1735, le 7 Septembre, fut enregistrée une confirmation md. donnée au mois d'Août précédent du don fait par le Connétable de Montmorency et le Prince de Condé aux Reformés de la Trinité de l'administration de l'Hôtel-Dieu. Ces Réglemens concernant le bien des Pauvres m'engagent à faire mention ici d'une œuvre pie de la même nature. C'est qu'en i3o2 Matthieu, Seigneur de Montmorency, avoit destiné vingt sols de rente pour avoir à la Foire du Landit des Surtaux et des Solers, c'est-à-dire des habits Preuves de et des souliers pour les pauvres de Montmorency, lesquels seroient Montm. p. i33 distribués par un Chanoine, par le Curé et par un bourgeois.

Observations sur la Seigneurie, Terres et articles du Temporel ou Civil. Je me suis étendu sur ce qui regarde l'Eglise et le Spii:ituel de Montmorency, parce que j'ai peu de choses à dire ici sur les Seigneurs, non que la matière ne soit pas abondante, mais c'est qu'il ne conviendroit pas de donner ici l'abrégé d'un gros in folio que Duchêne a écrit sur la Maison de Montmorency, puisque chacun peut y recourir dans le besoin. Il est encore bon de repeter ici que ce sçavant homme a montré trop de crédulité dans ce qui regardoit les siècles reculez. Les Barons de Montmorency ont été appeliez les premiers Barons de France, et même si Ton veut les premiers Chrétiens, non que ce soit le Seigneur de ce lieu qui ait été le premier baptizé par S. Rieule, Apôtre de ouBreui, Senlis, ainsi que Du Breul l'a cru, ou que ce Seigneur ait été «dit.i639,p.972. le Lisbius de la fausse légende de S. Denis, ou le Lisoîus des fables ajoutées à l'Histoire du Baptême de Clovis. Mais s'il est Hist. de vrai que le Baptême de quelque Seigneur de la Gaule ait fait naître Montmor. p. 53. autour de Montmorency ces traditions qui ont depuis été trèsalterées, je ne nierai point qu'il n'ait pu arriver que quelque Seigneur Gaulois resté dans les ténèbres de l'idolâtrie à la faveur de la forest de ces quartiers-là, ait été heureusement converti et baptizé par Saint Valéry, lorsqu'il vint l'an 614 en Neustrie, saluer le Roy Clotaire II, et lui demander une Terre située dans le Vimeu. C'étoit le chemin qu'il lui fallut tenir pour traverser le Diocèse de Beau vais, et gagner ce pays de Vimeu. Il y a quelque appa-

rence que ce n^étoit pas sans raison que la fontaine d^au-dessous de Montmorency s'appelloit, il y a sept cens ans, Fons Sancti Walarici, Que sçait-on si ce Gaulois Romain, que Cenalis et le Président Fauchet qualifient de François, et à qui ils donnent le nom de Lisoïus, ne s'appelloit pas véritablement SosiuSy ensorte que ce seroit celui qui auroit donné son nom à Soisy comme Notit. Gaii. M. de Valois a assuré qu'il venoit en effet d'un nommé Sosius? p, 43i, col, I. u ggj encore bon de faire attention que la première syllabe de

Lisoius peut n'être que l'article Lx que l'on commença au IX ou X siècle à placer avant le nom Sosius. Que la montagne au bas de laquelle le vieux Soisy est assis ait appartenu à ce Sosius, c'est une chose fort vraisemblable, et même il est très-probable que la Forest la couvroit encore du temps que Saint Valéry passa par là. Dans la suite des siècles, lorsque cette montagne fut défrichée, et que son terrain fut échu à quelqu'un des premiers de la Cour, on fit dans les traditions un mélange de tout ce qui avoit été dit autrefois au sujet de la conversion du Gaulois-Romain Sosius, et on l'attribua au Seigneur possesseur de la montagne et de la forteresse, et de là insensiblement vint ce cry de guerre : Dieu ayde au premier Chrétien ; puis du premier Chrétien on en fit le premier Baron de France, parce qu'en effet cette forteresse dite alors Montmorency se trouva la plus fortifiée de toutes celles du Parisis strictement pris, qu'on appelloit autrement du nom de France.

Cette confusion dans les anciennes traditions s'est formée au X siècle, où l'on sçait que la vérité souffrit de fréquens obscurcissemens par l'introduction de quantité de fables. Ce n'est que depuis le milieu de ce siècle que l'on trouve une suite de Seigneurs tous du nom de Bouchard, dont le second étant devenu Seigneur de la forteresse de Montmorency fut la tige de cette Maison si illustre depuis ces temps-là, dans laquelle il se forma tant de branches célèbres par leurs alliances, et où les grandes charges et dignités de l'Etat se sont vu perpétuées plus que dans aucune autre. Aux Bouchards de Montmorency succédèrent les Matthieu, lesquels entremêlez avec d'autres Bouchards formèrent une filiation de Seigneurs portant ce même nom, qui dura jusqu'au commencement clu XIV siècle. On trouve à l'article d'un grand nombre de Paroisses du Diocèse de Paris dont ce livre traite, des circonstances qui les regardent ; on lit par exemple dans l'article de Conflans-Sainte Honorine, que c'étoit parce que les Seigneurs de Montmorency possédoient ce premier Fief de l'Evêché de Paris, qu'ils étoient les premiers des Barons qui portoient la personne de l'Evêque à sa première entrée, ou le dais sur la tête du nouveau Pontife à sa réception.

I^es villages qui composoient sous Philippe le Bel la Seigneurie de Montmorency sont spécifiés dans un acte de Pan 1293. Ils étoient au nombre de quatorze, sçavoir Sosoi, Groloi, Montmei- Preuves de gnie, Andeilli, Migafin, Moulignon, Metiger, Tour, Yeaubone, ^*>n«™- p- "8. Ermon, Sarnoi, Franconville, Sairit Gratien et Espineil.

La Terre de Montmorency n'est point un Fief mouvant de l'Evêque de Paris, comme l'ont dit quelques-uns, mais du Roi à cause du Châtelet de Paris. Sauvai fait mention de l'hommage Antiq de Pari*, que lui en fit Guillaume de Montmorency, le 28 Octobre 1473. ^•^*^' p* '^^'

Voici une observation tirée d'un manuscrit de quatre cens ans j

concernant Montmorency,. et la Coutume qui s'y observoit alors sur les Fiefs : « Les Fiez de la Chastellenie de Montmorenci ne Livre de « sont pas de la condition des Fiez de la Vicomte de Paris, com- J* ^««^'^^ <*«

Ste Geneviève

« ment que ladite Chastellenie soit enclose en ladite Vicomte. Et f^, ^3 ' j

« se gouvernent les Fiez de ladite Chastellenie par telle Coutume, i

« que l'aisné garentit le puisné, se il retient en Demaine de son '

« Fié jusqu'à soixante soudées de terre. »

On trouve dans les Registres du Parlement, qu'au mois de Juillet i55i le Roy Henri II unit à la Baronie de Montmorency Reg. tssr. les Terres d'Ecouen, Chantilly, Montepiloir, Champursy, Cour- -* ^"«'* teil, Vaux-lez-Creil, Tillay, le Plessier et la Villeneuve, et érigea le tout ensemble en Duché-Pairie pour Anne de Montmorency, Connétable de France et ses hoirs mâles, à condition qu'au défaut d'hoirs mâles la dignité de Pairie sera éteinte et qu'il ne demeurera que la qualité de Duché; que l'Abbé de Saint Denis s'opposa à cette érection, et quant aux Fiefs d'Ecouen et de Villiers-le-Bel, le Procureur du Roy déclara qu'il y avoit lettres de distraction. Le Procureur Général représenta aussi depuis, que cette érection diminuoit le Domaine du Roy au Bailliage de Senlis. Le dédommagement ayant été estimé à 175 livres de rente, le Duc de Montmorency les donna au Roy par lettres registrées le i5 Décembre i565. La même Terre ayant été confisquée sur le dernier Duc de Montmorency fut donnée au Prince de Condé qui avoit épousé la sœur de ce Duc. Elle fut érigée de nouveau en Duché- Pairie l'an i633 à la reserve de Chantilly, en faveur des Princes et Princesses de Condé et leurs hoirs mâles, pour en jouir comme en jouissoit le Duc de Montmorency avant l'Arrest de mort prononcé par le Parlement de Toulouse le 3o Octobre i632. Louis XIV, par lettres du mois de Septembre 1689, changea le nom de Mont- Reg. du Pari, morency en celui d'Enguyen, qui est le nom de la première Baronie 9 Jan^. 1690. du Comté d'Haynaut, et qui appartenoit autrefois à Antoine de Bourbon, Roy de Navarre, qui l'avoit donnée à son frère puisné Louis de Bourbon, Prince de Condé : mais on remarque que le public s'en est toujours tenu au premier nom. Mademoiselle de

Sens (Bourbon-Condé) ayant vendu la Terre de Vallery à quqtre lieues de Sens, où depuis Louis Prince de Condé premier du nom et ses descendans de la branche aînée avoient été inhumez, on a transporté les cendres de ces Princes et Princesses dans TEglise de Montmorency où Louis-Henry, Duc de Bourbon, chef de la branche de Bourbon-Condé, mort à Chantilly le 27 Janvier 1740, a aussi été inhumé le 10 Février suivant.

On lit à la fin d'une Déclaration des biens de la terre de Mont-

Preuves morency faite du temps du Seigneur Jean qui vivoit en 1461, que

de Montmor. la Baronnie et Chastellenie de Montmorency, à cause qu'elle est

P- 4. tenue nuement du Roy, lui doit un faucon sor de relief quand le

cas le requiert.

Gaii Chr C'est une chose sûre que dès le XII siècle au moins il y avoit

nova. des vignes à Montmorency. Il n'est pas moins certain que durant le

T.vii.coi.tgS. XIV siècle on apportoit de ce lieu à Paris du pain qui étoit vendu

Ordonn. des contre l'ordinaire sans être pesé : cela marque un lieu peuplé de

T. VI, p. 5ii. boulangers, et où les vignerons étoient nécessaires.

Selon le continuateur de Nangis, le Bourg de Montmorency fut

pris en i358 par les Anglois qui s'étoient emparés de Creil; ils le

Chro sub f^^vagerent et y mirent le feu. Selon un autre Ecrivain, ce furent

Caroio V, in les habitans du Mulcien entrez dans la Jacquerie de Beauvais qui

Gioss.Cang. firent ce mal. On résolut donc en 1411 de rassembler toutes les

et au mot ' Hi^isons éparses de côté et d'autre et de fermer ce lieu : desorte

jacobi. qu'il ne resta dehors les murs que quelques maisons éloignées. Il

Hist. de y en a encore qui touchent aux dernières de Grolay. Depuis ces

Charles VI, temps-là il s'y est établi des gens de presque toutes les professions.

"^^ p. 783. Le tout ensemble formoit en 1709 le nombre de 364 feux, suivant

le dénombrement de l'Election. En 1726, selon le Dictionnaire

Universel de la France, on y comptoit iii5 habitans. On assure

qu'il y a aujourd'hui 400 feux, quoique dans la Description du

Royaume de France de 1745, on n'en marque que 247.

M. le Prince de Condé, quoique Seigneur de cette ville, n'y a

. point de château. Sauvai écrit que le Grand Prieur de l'Ordre de

T. I, p. 611. Malte y a une maison, laquelle avec ses dépendances produit

5o livres. Il y en a une autre, laquelle a beaucoup d'apparence, et

qui a appartenu à feu M. Crozat le cadet. Elle est décorée de riche

architecture en pilastres corinthiens et autres sculptures du sieur

Brice .

T. IV, p.' 383. le Gros, mort à Rome. Dans cette belle maison est renfermée celle

qui avoit appartenu au fameux le Brun, Peintre, et qui doit aussi

Suppl. de ^ // j I • • j

Moreri lettre G. ^tre regardée comme une des plus gracieuses maisons des environs p. 82. de Paris, par son bois et ses eaux, et par son jardin qui est du dessein du même le Brun, son ancien maître. Elle a passé en dernier lieu à M. Crozat-du-Chastel, neveu de M. Crozat.

Montmorency a produit quelques écrivains et autres personnes

Illustres. André de Montmorency au rapport de Simon de-Phares fut Protonotaire du Pape au XII siècle et se mêla d'Astrologie. En sa qualité d'Astronome il prédit Téclipse du premier Mars i253 Simon de et les inondations qui arrivèrent. Hervé de Montmorency fut ^*^''- ^''^- ^'^• Doyen de Paris au XII siècle ainsi qu'on a vu ci-dessus. Un Sou- franc. 1487, Chantre de la même Eglise de Paris au siècle suivant avoit nom p- 120. Guillaume de Montmorency. Il étoit le second Professeur de ex Catai. mss. Sorbonne en 1280, et il fit un présent de livres à cette maison. '^''^-^^'^-^-^P- Pierre Gilet fait Doyen de Saint Germain-l'Auxerrois en 1607, GaiHaCk. étoit né à Montmorency de Claude Gilet et Jeanne Danneguin. Il «<'>"»' avoit commencé par être Enfant de chœur de Notre-Dame de * ' Paris. On est instruit par la Bibliothèque Historique du Père le Long au sujet de Claude le Laboureur, Louis le Laboureur, et Leiong. Jean le Laboureur, tous les trois natifs de Montmorency; le pre- Bibi. Hisioriq. mier étoit oncle des deux autres qui étoient fils du Bailli. Il a ^^^ ' '^^^^^ donné au public les Ma\ures de l Isle-Barbe proche Lyon, dont il étoit Prévost, et d'autres ouvrages sur Lyon moins considérables. Le second a publié quelques Poésies, et est mort à Mont* morency le 1 1 Juin 1679. Mais Jean le Laboureur doit passer pour l'un des plus sçavans Historiens de France, vu le grand nombre d'excellens ouvrages qu'il a donné sur l'Histoire du Royaume, dont on peut voir le catalogue dans le livre et la page ci-dessus cités. Il étoit né en 1623, et est décédé en 1675.

Jean Aumont, quoique simple paysan de Montmorency, ne doit pas être oublié. Il a composé un Traité sur la Prière approuvé par les Docteurs de Paris. Il mourut au milieu du siècle dernier en odeur de Sainteté, et fut enterré à Paris aux Filles de Saint Magloire. M. Brute, Curé de Saint Benoît, m'a fourni cette circonstance dans la lettre imprimée sur les vertus de Jean Bessard paysan de Stains proche Saint Denis (p. 24), dont j'ai dit un mot ci-dessus page 583.

En i658 un nommé Guillaume le Roy, natif de Montmorency, conçut le dessein de se retirer du monde et de bâtir un hermitage sur le territoire de cette Paroisse ou de celle de Grolay ; et il en obtint la permission dfe l'Archevêque de Paris le 22 Octobre. Par j^^^ Archiep la suite il se détermina au territoire de Montmorency, et y bâtit son Hermitage sur la montagne de Vas avec une Chapelle de S. Paul Hermite, qu'il fit appeller l'Hermitage de Saint Paul. Six ans après, Jacques le Bret obtint permission de TArchevêque de se retirer auprès de lui. Je n'ai vu cet Hermitage figuré dans aucune carte du Diocèse. Il subsistoit encore en 1743.

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