ET CE QUI EN A ÉTÉ DÉMEMBRÉ
plusieurs maisons de Saint Gervais sont entremêlées avec d'autres de la Paroisse de S. Paul. L'Hôtel d'Aumont est la dernière de Saint Gervais.
4" Les maisons de la rue S. Antoine, sises entre la rue Clocheperce et la rue Tiron, sont de Saint Gervais, aussi bien que trois ou quatre maisons de la rue Cloche-pçrce.
5* Le canton carré de maisons formé au sortir de la place Baudoyer par le commencement de la rue Saint Antoine à gauche, continue par le commencement de la vieille rue du Temple à gauche jusqu'à la rue de Bercy, laquelle est de Saint Gervais des deux côtés, puis par le côté du marché cimetière S. Jean, qui est à main gauche lorsqu'on revient de la rue de Bercy à la rue S. Antoine.
ô"" La portion la plus considérable de la Paroisse de Saint Gervais, commence au coin de la rue du Roi de Sicile le plus avancé dans la vieille rue du Temple ; et elle continue durant tout le côté droit de la même rue du Temple jusqu'aux remparts : elle comprend ensuite les deux côtés de la rue S. Louis du marais, et presque toutes les maisons des rues que l'on trouve depuis le Couvent du Calvaire, conduisantes aux remparts, jusqu'à la rue neuve S. Gilles dont elle a le côté septentrional. Après quoi elle revient par la rue du Parc-Royal, dont elle a pareillement le côté septentrional qui est sur la main droite; puis parvenue à la rue des Trois-Pavillons, elle en a le côté droit; ensuite perçant la maison du fond de cette rue, elle se retrouve dans la rue des Juifs, dont elle a les deux côtés. Tournant enfin dans la rue du Roi-de- Sicile, elle en a le côté droit jusqu'au coin où nous avons commencé ; ce qui forme une pièce de terrain oblongue et de figure presque ovale ; dans lequel il ne faut retrancher de Saint Gervais qu'un Hôtel de la rue Barbette, qui fut donné sous Louis XIII à Saint Jean pour d'autres maisons que Saint Jean céda à l'un des coins de la vieille rue du Temple et de Paradis, du côté de l'Hôtel Soubize.
7* La Paroisse de Saint Gervais au-delà du terrain de la Grève, qu'elle a autrefois cédé à Saint Jean, a encore un autre terrain ; sçavoir, de la rue de la Vannerie dans la place de Grève, les maisons qui commencent à gauche, et ainsi de suite jusques dans la rue des Arsis où elle continue à gauche, et de même dans la rue Planche -mibray, et jusqu'au milieu du Pont Notre-Dame du même côté gauche: après cela tout le Quai Pelletier avec son retour, jusqu'au coin de la rue de la Vannerie d'où nous sommes partis.
Sur le territoire de cette Paroisse, dans la rue de la Tisseranderie, est située une Chapelle qui étoit originairement un Hôpital
fondé par Garin, Maçon, et Harcher son fils, Prêtre, vers l'an 1 170. Il y avoit un Maître et des Frères pour exercer l'hospitalité. Au XIV siècle l'Evêque de Paris y mit quatre Religieuses, outre des Religieux. La Chapelle fut rebâtie en 141 1, et dédiée par Guillaume, Evêque d'Evreux, sous le nom de Ste Anastase, martyrisée à Rome le 25 Décembre. Le portail de cet édifice est rempli de statues qui sont du règne de Charles VI, avec des inscriptions gothiques, dans l'une desquelles est marqué que c'est un Hôpital pour hébergier. Cette Chapelle est divisée en trois arcades parai- Reg. Ep, Par. lelles. En 1545, le 2 Mai, l'Evêque de Paris permit à l'Evêque
d'Avranches d'y bénir une Chapelle bâtie de nouveau en l'honneur de S. Lazare et SS. Magdelene, Marie et Marthe. Ce qui est trèsremarquable par rapport à la distinction des deux personnes Magdelene et Marie. En 1608 le nombre des Religieuses fut augmenté et les Religieux supprimés. En i655 elles achetèrent l'Hôtel d'O, situé en la vieille rue du Temple, où elles ont été transférées, et où elles continuent d'exercer l'hospitalité qui étoit autrefois exercée dans la rue de la Tisseranderie. Il ne reste plus de l'ancien Hôpital que la Chapelle, où il y a Office en certains jours. Le peuple l'appelle depuis peu La Chapelle de S. Nicolas. LE CALVAIRE est le plus ancien des deux Couvents situés sur cette Paroisse : c'est une Congrégation de Bénédictines, laquelle a été fixée en la rue S. Louis du Marais en i635.
LES FILLES DU S. SACREMENT, sont le second Couvent. Après avoir resté quelque temps en divers lieux de Paris, ces Filles eurent l'Hôtel de Turenne en la même rue de S. Louis, et y sont depuis l'an 1684 ou environ.
LE MONCEAU S. GERVAIS. Je crois pouvoir rectifier à l'occasion de ce lieu ce qui se lit dans M. Piganiol. T. III p. 448. Il avance que ce Fief est dans la Seigneurie directe du Roy, comme étant à présent Comte de Meulant, et il s'autorise d'un dénombrement des Fiefs du Registre manuscrit de Philippe- Auguste, dans lequel on lit ces mots : Feoda Comitis Mellenti Parisius, tota Gravia et Moncellum S. Gervasii. Outre cela à la page 476 il dit que les Comtes de Meulant avoient donné ce Fief au Prieuré de S. Nicaise de Meulant. Il est certain que le Roy Louis VII étoit Seigneur de la place de Grève en 1141, puis- LW. rouge vieux qu'alors il en fit don aux habitans de la même place et à ceux du du Chftteiet. Monceau, par lettres datées de Château-Landon. Philippe-Auguste, son fils, est aussi devenu Seigneur direct du Monceau ; mais il ne l'a pas eu immédiatement du Comte de Meulant. Ce Fief étoit passé en d'autres mains. Il est vraisemblable que les Seigneurs de Meulant, et notamment Philippe, qui fut inhumé au Sanctuaire de la Chapelle inférieure du Palais Episcopal avec sa femme, en
avoit accommodé l'Evêque Maurice, ou Eudes de Sulli son
successeur. Quelle qu'ait été la voye par laquelle PEvêque de Paris
en devint maître, Gautier, Chambrier du Roy, le tenoit de lui au chartui. Ep.
commencement du XIII siècle, moyennant la redevance annuelle "•^'J;'^^'*-^^^-
d'un cierge de cinquante sols. Pierre de Nemours, qui monta sur
le Siège Episcopal de Paris en 1208, crut devoir céder au Roy ce
Fief tenu de l'Evêque par Gautier son père, moyennant quoi ce chartui. min.
Prince lui donna, en 12 16, tout ce qu'il avoit à Combs et à Revi- ^P-* /^'- ^^'
gny, proche la Forêt de Senart. Après la teneur de ces titres,
comment peut-on croire que les Moines de Meulant ou du Bec
ayent été Seigneurs du Monceau S. Gervais ?