‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 21 sur 210 · DEMEMBREMENT DE LA PAROISSE DE SAINT GERVAIS · texte numérisé non relu

DEMEMBREMENT DE LA PAROISSE DE SAINT GERVAIS

La proximité de l'Eglise de Saint Jean et de celle de Saint Gervais, jointe au titre du Précurseur de J. G., sous l'invocation duquel étoient anciennement les Baptistères, m'a porté à croire en parlant de l'Eglise de Saint Gervais, l'une des plus anciennes Basiliques de Paris, que Saint Jean n'a été dans son origine qu'une Chapelle où il fut permis au Clergé de Saint Gervais de donner le Baptême, dans les siècles auxquels on commença à ne plus obliger les habitans un peu éloignés de la Cathédrale d'y recourir pour ce Sacrement. Je ne prétends point pour cela, que ni dèslors, ni par la suite, saint Jean ait été une ^4 tiède Saint Gervais, dans le sens qu'on donne à ce terme. Il n'arrive en effet jamais qu'une Aide ou succursale soit placée si proche de l'Eglisemere. Mon sentiment est que lorsqu'on rebâtit Saint Gervais dans le XI siècle, après qu'on fut revenu de l'idée que l'on avoit eu que la fin du monde devoit arriver l'an 1000 de J. C, les Comtes de Meulant étant déjà devenus propriétaires du canton dit le Monceau Saint Gervais, on aggrandit cette Chapelle de Saint Jean en éloignant un peu plus les deux Eglises l'une de l'autre, et que ces Comtes mirent à Saint Jean quelques Moines de leur Monastère de Saint Nicaîse de Meulant, qui se servirent de ce lieu comme d'un Hospice ou Refuge, et, selon moi, car j'avoue que je n'avance ici qu'une conjecture, ce seroit de là que seroit venu l'usage de dire le Clottre de Saint Jean. Mais, au bout de deux siècles ou environ, comme les habitans du territoire de Saint Gervais se

multiplièrent à l'occasion de la nouvelle Clôture dans laquelle le Roy Philippe-Auguste les avoit fait renfermer, on crut devoir ériger une seconde Paroisse, et lui attribuer une partie du territoire qu'avoit celle de Saint Gervaîs ; pour cela on jetta les yeux sur l'Eglise de Saint Jean, que les Religieux tant ceux du Bec comme supérieurs de ceux de Meulant, que ceux de Meulant même consentirent d'abandonner, en se reservant la présentation à la Cure qui y seroit établie, de même qu'ils avoient déjà celle de la Cure de Saint Gervais. L'acte de cette érection est de l'an 1212.

Antiq. de Par. Elle fut faite par Pierre de Nemours, Evêque de Paris, que Sauvai

T. I, p. 427. Q très-mal appelle Pierre Louis, et que l'auteur du nouveau Calen-

Caiend., drier de Paris nomme encore plus mal Pierre Lombard. Ainsi il

p. 204 et 3i3. est constant que Saint Jean est un démembrement de la Paroisse

de Saint Gervais, Cura Sancti Joannis suum sumpsit exordium à Cura Sancti Gervasii, comme dit l'acte d'érection. Aussi, en reconnoissance de ce détachement, l'Evêque Pierre de Nemours voulut que le nouveau Curé de Saint Jean supportât une partie des redevances auxquelles le Curé de Saint Gervais étoit tenu envers le Chapitre de N. D. au jour même de S. Gervais, et autres charges marquées par tous ceux qui ont écrit avant moi ; et que de plus le Curé de Saint Jean fût tenu de venir en Procession le jour des Morts au Cimetière de Saint Gervais. Ce fut vers ce tems-là que le nouveau Curé fut mis au nombre des Prêtres Cardinaux, qui dévoient accompagner l'Evêque célébrant la Messe aux grandes Fêtes. Il est en effet nommé le dernier dans le Catalogue. Par la suite des tems il s'établit plusieurs Maisons Religieuses sur cette Paroisse ; je les nommerai cy-après.

L'Eglise de Saint Jean devint, en 1290, dépositaire de l'Hostie miraculeuse profanée par un Juif de la rue des Jardins, dite depuis des Billettes, de même que seize ans auparavant celle de Saint Gervais l'avoit été d'une autre Sainte Hostie profanée par un voleur. L'Histoire en est fort connue. Le concours qui s'y fit, obligea de songer à rebâtir l'Eglise qui se trouvoit trop petite, quoiqu'il y eut dès lors quelques Chapelles, et d'abattre des maisons voisines ; c'est ce qui fut permis par les lettres du Roy Charles le Bel de l'an i326. Le bâtiment qui fut fait, est celui qui forme la Nef et le Chœur d'aujourd'hui ; la structure et ce quç l'on y a conservé des vitrages dénote ce tems-là : cet édifice étoit apparemment terminé en quarré ; on l'a percé depuis pour construire le Sanctuaire, dont la bâtisse et les peintures des vitres paroissent postérieures de plus d'un siècle à celles du Chœur et de la Nef. Les deux tours, et la porte qui donne dans la rue ne paroissent être que du XV siècle ; les Chapelles des ailes sont des additions qui peuvent être encore plus nouvelles. Il est marqué dans les

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