Le Collège de Maître Gervais, fondé en 1370, rue du Foin
6. Le Collège de Cornoûaille, rue du Plâtre, fondé en 1 38o. S. Corentin, Patron.
7. Le Collège de Seez, rue de la Harpe, fondé en 1427. S. Gervais et 5. Julien, Patrons.
Il y a eu aussi autrefois sur la même Paroisse le Collège d'Allemagne dans la rue S. Jacques, selon un compte du Domaine, cité par Sauvai, T. III, pag. 343 et 349. Mais on ne peut en assigner positivement la place. J'ai lu dans les Statuts de l'un de ces Collèges*: Qu'il payoit au Curé de S. Severin à Pâques un certain • Mr« Gervais. droit Curial. Je croi qu'il en a dû être de même des autres : En voici les termes : Prior Domus Theologorum servabit in Pyxide firmatajus Parochiœ seu Curœ vel Curati Sancti Severini; et sibi reddet in crastino Paschœ totum illud quod in dicta Pyxide reperietur.
Je ne mets point dans le même cas le Collège ou Ecole des Juifs, qu'un acte du Cartulaire de Sorbonne de l'an 1288 m'a appris Foi. 45. avoir été situé sur la Censive de cette Maison, vis-à-vis un bâtiment qui faisoit le coin de la rue de la Harpe, et de celle de la Bouderie. En effet, dès l'an 1239, il y avoit dans la rue Percée un certain nombre de Juifs qui lui avoit fait donner le nom de Judœaria. ibid.,/oL43.
De tous les anciens Hôtels situés sur cette Paroisse, le plus souvent mentionné dans les titres du XII, XIII et XIV siècle, est celui Chartui. Ep. de l'Abbé des Eschallits ay Diocèse de Sens, lequel étoit au chevet Tab, Ep, de l'Eglise joignant le cimetière : il avoit appartenu au XIII siècle à l'Eglise Cathédrale de Norwik en Angleterre. Jean de Chetainville, Ecuyer, qui l'avoit acquis, le revendit à l'Evêque de Paris, duquel l'abbé des Eschallits l'avoit acheté. Il appartint depuis à Girard et Simon de Neele. Mais en 1429, ce n'étoit plus qu'une masure. Un autre Hôtel qui subsistoit sous Charles VI et Sauv. t. iir, Charles VII, étoit celui de l'Abbé de Pontigni, situé à l'extrémité p- '73 et 336. occidentale de la rue de la Huchette du côté de la rivière. Il tenoit à l'Hôiel des Bœufs où étoient les étuves des femmes.
Il8 EGLISE DE SAINT JEAN BAPTISTE LEZ SAINT JULIEN
LE PETIT CHATELET, qui est sur la Paroisse de Saint- Severin, a pu changer comme le Petit-Pont, et de même que la la Porte de la Cité, il est encore regardé comme l'entrée de Paris le Dimanche des Rameaux par le Clergé de N. D., qui y fait la station du Gloria LauSy pendant laquelle le premier en dignité de ce Clergé y entre, et délivre un prisonnier, qui le suit jusqu'au chœur de la Métropolitaine. Sous le règne de Philippe-Auguste il y eut une nouvelle enceinte formée autour de ce Châtelet, de Gaii. Chr. laquelle il est parlé dans le Traité que ce Prince fit en 1222 avec r. VII, inttr., Guillaume de Seignelai, Evêque de Paris. Le bâtiment de ce Châtelet tel qu'il est aujourd'hui n'est que du tems du Roy Charles V. En 1402, le 20 Avril, Charles VI son successeur le destina par Très, des une Ordonnance spéciale pour le logement du Prévôt de Paris et Chart. Reg. iSy. jg ggg successeurs, au lieu de l'Hôtel de ville, situé près le
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s. Esprit en Grève. Ce Château y est qualifié Honorabilis mansio. Je n'ai plus que trois ou quatre remarques à faire touchant quelques rues de cette Paroisse, i" Sauvai et Piganiol ont eu raison de dire que le nom de la rue de Boutebrie, est une altération de celui d'Erembourg de Brie ; mais ils ont tort de croire que ce nom ait été celui d'un bourgeois de Paris. S'ils avoient parcouru le Cartu-
FoL 44 et 47. laire de Sorbonne, ils y auroient vu plusieurs fois dans les actes
du XIII siècle in vico Eremburgis de Broya, Eremburge ne peut être le nom d'un homme : c'est celui d'une femme, A l'égard de l'autre nom latin de cette rue, qui étoit Vicus Illuminatorum, ils l'ont mieux rendu en celui de rue des Enlumineurs, que n'a fait un auteur de nos jours, qui en parlant du Collège de M". Gervais,
Hist. du Vexin. l'a appelé la rue des Illuminés. Guillot de Paris qui a mis vers
l'an i3oo les rues de Paris en vers françois, la nomme la rue Erembourg de Brie, comme différente de la rue. as Ecrivains, toutes deux voisines de la ruelete de S. Sevrin, de laquelle il parle mal. En second lieu, Sauvai, T. III, a donné au public un Compte du Domaine, dans lequel à l'an 1489 il est fait mention d'une maison sise rue que Von disoit la Porte Bouclerierey et il fait observer que l'on doit entendre par là la rue de la Vieille Bouderie. Cette expression de Porte Boucleriere m'a rappelé ce qui se lit dans les anciens manuscrits de l'Eglise d'Amiens, au sujet d'une Porte de même nom qui étoit à Amiens, et qu'on appelloit Porta Clypeana ou Clypearia, II restera à examiner s'il est vrai que jamais il y ait eu une Porte en ce quartier de Paris.
3* Il y a lieu de soupçonner que Sauvai a mal lu dans certains Titres le nom de la petite rue ou ruelle qui donne dans la rue de S. Severin, et qu'on appelle par corruption la rue Sallembriere. Tous les anciens l'appelloient la rue Saille-en-bien ; les variétés sont venues de la part des Lecteurs et non pas du côté des Titres.
Saille-en-bien étoit le nom ou plutôt le sobriquet d'un bourgeois de Paris, qui vivoit du tems de S. Louis. J'ai vu un acte de vente qu'il fit en 1268 avec Agnès, sa femme, à l'Abbaye de S. Maur des Chart.Fost.Ep. Fossez ; à la tête duquel il est nommé, Adam dictus Saliens-in- ^^^' ^'^' bonum. Il est impossible que le peuple, qui tendoit autrefois naturellement à abréger les noms, ait primitivement fait de Saliens in bonum, Salle-en-briere, et qu'il ait employé cinq syllabes pour exprimer ce qui se peut dire en trois. Il y a aussi quelque Isle dans la Seine au-dessus de Paris, qui a été appellée l'Isle-Sailleen-bien.
Il me reste à faire une observation au sujet du Palais des Thermes dont l'entrée est par la rue de la Harpe sur cette Paroisse. Comme le dessein qui en est dans M. Piganiol, T. V, p. 488, peut induire en erreur, et faire croire que cet édifice est en grosses pierres de taille cizellées en forme de mosaïque, j'ai cru qu'il étoit bon d'avertir qu'il n'y a que le bas à la hauteur d'environ trois pieds qui est bâti en grosses pierres. Le reste est en couches de petits parpains, et de briques, alternativement, tant en dedans qu'en dehors ; en sorte qu'on voit quatre couches de parpains, puis quatre de brique ; plus haut les couches de parpain sont au nombre de six. Les arcs, tant ceux des fenêtres que ceux qui couronnent les niches, sont d'une ou deux briques, aussi entremêlées avec des pierres plattes. Tel est aussi à peu près le Palais Gallien à Bourdeaux, et quantité d'autres édifices Romains ou murs de Cité bâtis dans les Gaules.
Enfin, j'ai cru devoir encore faire observer que sur la Paroisse S. Severin, entre la rue Garlande et la rue du Plâtre, on a trouvé plusieurs fois dans ce siècle, et même encore en 1752, en rebâtissant le devant du Collège de Cornouaille, une grande quantité de corps morts sans cercueils à 18 pieds en terre. L'un de ces squelettes trouvés en 1752, avoit une bague d'or au doigt. Sauvai place un des cimetières des Juifs au clos Garlande qui étoit par là : mais il faut qu'il y ait eli d'autres que des Juifs inhumés en ce canton du Bourg S. Julien.
Dom Jacques du Breul qui a écrit amplement sur la ville de Paris, et assez bien pour le tems auquel il vivoit, étoit né sur la Paroisse de Saint Severin le 17 septembre i528.
Le Père Nicolas-François Viger, de l'Oratoire, très-connu par sa profonde science dans les matières Ecclésiastiques, et auteur du nouveau Bréviaire de Paris, étoit pareillement natif de cette Paroisse. 11 est décédé au Séminaire de S. Magloire au mois d'Oct. 1752.
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