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DITE DEPUIS

A Toccasion des Moines de S. Barthelemi ; et de ceUe de S. LEU, qui a été unie pendant un temps à la même Eglise de S. Barthelemi.

Il n'est pas aisé de découvrir Torigine de TEglise de Saint Georges qui étoit bâtie sur la chaussée de Paris à S. Denis. On Sçait seulement quMle existoit au X siècle, et qu'elle avoit alors

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un territoire qui confinoit en plusieurs endroits avec des dépendances de ce que l'Abbaye de S. Pierre des Fossés possedoit proche Paris ; car encore alors il y avoit peu de maisons dans ce quartier situé hors la Ville. On sçait aussi que vers l'an looo cette Eglise étoit devenue le cimetière des Religieux de Saint Barthelemi de Paris; que Salvator, Evêque d'Aleth en Bretagne, qui avoit été reçu environ trente ans auparavant avec les reliques de ses saints Bretons dans la même Eglise de Saint Barthelemi, fut inhumé dans cette Eglise de Saint Georges, aussi-bien que Junan, premier Abbé de Saint Barthelemi. Ce Junan, avant de venir à Paris avec Salvator, avoit été Abbé de Saint Magloirc de Lehon, Monastère bâti en Basse-Bretagne far Nomenoy et Herispoy son fils qui se disoient Rois des Bretons par une suite de la révolte du premier contre Louis le Débonnaire. L'Eglise de Saint Georges commence aussi vers les mêmes tems à être appellée Saint Georges et Saint Magloire. Il est encore certain qu'environ six vingt ans après, un Gaii. Chr. nommé Henry le Lorrain, féal du Roy, que Du Breul a pris pour '^-y^^'Coi.Jog un Prince de la Maison de Lorraine, ayant reparé cette petite The», anecd. Eglise, on y établit deux Religieux tirés de la Mere-Eglise des ^- ^' ^^^' ■^**•^• Saints Barthelemi et Magloire de la Cité. Mais à peine cet établissement eut-il été projette, et conclu en 1 1 17, que l'on prit le parti d'y transférer de la Cité toute la Communauté des mêmes moines qui s'y trouvoit trop à l'étroit. L'inspection de la bâtisse de la plus grande partie de l'Eglise sufliroit pour le prouver, quand bien même il n'y en resteroit point de titres ; car le fond, la croisée et les deux premières arcades de la nef sont d'un travail d'environ l'an II 20 et ii3o. Les voûtes en demi cercle ou anse de panier sont un reste du goût de la bâtisse du siècle précédent. Le surplus de la même nef, dont les arcs finissent en pointe, est d'après le milieu de ce siécle-là. Pareillement la moitié de la Tour par le bas est du commencement du XII siècle, et le haut est de la fin de ce même siècle, ou du commencement du suivant.

Les moines de Saint Barthelemi ayant donc quitté la Cité comme j'ai dit, vinrent habiter auprès de cette Eglise de Saint Georges, proche laquelle étoit leur cimetière; et y étant, ils firent allonger la nef du côté occidental, dont en effet les arcs et les galleries sont d'un travail différent du reste, comme je viens de le dire : et depuis invent, des ce temps la Dédicace en fut faite le i5 Septembre. On ne sçait en Titres de

,, ^ . ^ ^ S.MagI.dei328.

quelle année.

Comme cette Eglise étoit devenue d'une étendue assez considérable, les habitans des environs, se lassant d'aller à S. Barthelemi dans la Cité où leur dépendance des Religieux quant au temporel les avoit obligé de recourir pour les Sacremens, obtinrent qu'il fût établi un Autel succursal dans la nouvelle Eglise de Saint Magloire.

Du Breul avoit vu des titres qui specifioient qu^il étoit placé au côté méridional du chœur, et qu'il étoit sous l'invocation de S. Leu et de S. Gilles. Il auroit dû dire simplement de S. Gilles, parce que l'Abbaye possedoit seulement des reliques de ce Saint, et non de S. Leu, suivant un ancien Inventaire que j'ai vu. Mais les inconveniens de cette situation qui étoit encore gênante, firent que le Curé de S. Barthelemi et les mêmes Paroissiens de la succursale pensèrent en i235 à bâtir dans le voisinage de Saint Magloire une Eglise où le Curé de Saint Barthelemi mettroit un Vicaire. Elle fut bâtie avant l'an 1240 sous le titre des deux mêmes Saints Gilles et Loup, à la distance de six toises de la clôture du Monastère ; elle avoit dix-huit toises de long sur huit Me large ; mais quoique cette étendue revienne assez à celle qu'a la nef d'aujourd'hui, l'édifice de cette nef tel qu'on le voit ne paroît pas d'une construction de ce temps-là; j'en fixerai le temps cy-après.

Les Religieux de Saint Magloire étoient de l'Ordre de S. Benoit. Ils conservoient avec grand soin toutes les reliques qu'ils avoient tirées de l'Eglise de Saint Barthelemi, leur première demeure dans Paris, et spécialement celles du Saint Evêque, Patron de leur Monastère. Ces dernières n'étoient cependant encore au commencement du XIV siècle que dans une châsse de bois doré, faite trois cent quarante ans auparavant.

Gaii, Chr. Elles en furent tirées, le Dimanche 9 Juillet i3i8, en présence

T, VII, col. 321. de plusieurs Evêques et Abbez, et transférées dans une châsse

d'argent faite des épargnes du Couvent sous l'Abbé Gobert, que l'on comptoit pour vingt deuxième Abbé, et cette châsse de bois servit à renfermer les ossemens des autres Saints Bretons que l'on conservoit dans la même Eglise. On trouve dans le Mar-

Martyroi. Univ. tyrologe de l'Abbé Chastelain l'Histoire de cette cérémonie et

p. 8o5. de la procession faite en conséquence, composée l'an iSiç, en

rimes françoises, par un nommé Geoffroy de Metz. Avant que

l'année de la translation fût révolue, il y eut en cette Eglise une

Confrérie établie en l'honneur de S. Magloire, dont' la principale

Trésor des Fête devoit être le jour de cette translation. Le Roy Philippe

chart. Reg. 56, le Long l'approuva par ses Lettres Patentes données à Saint P- '^^- Germain en Laye au mois de Décembre i3i8, dans lesquelles il dit que cette Abbaye a été fondée par ses ancêtres. La dévotion des Fidèles envers cette Eglise se manifesta peu

Tab. s Magior. ^^ ^^^^ après par plusieurs Chapelles qu'ils y dotèrent. Robert in Spir. de Loriz, Conseiller du Roy, en fonda une que Philippe de Valois confirma en 1346 au mois d'Octobre, par Lettres données au Pont S. Maxence. Thomas de Garges, Bourgeois, dota la Chapelle de la Magdelene en i365. En 1412, Jean de la Croix, Clerc des Comptes, et Jeanne Coquatrix, sa femme, dotèrent la Cha-

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pelle qu'ils venoient de faire bâtir sous le titre de N. D. et de S. Eustache entre l'Autel de S. Gilles et la Tour. Pierre de Pise, Chirurgien, y avoit fondé un peu avant l'an 1439, des Chapelains à l'Autel des Apôtres. Jean Voisin y fit aussi construire une Chapelle. En i55o les Fripiers de Paris ayant exposé à l'Evêque qu'ils étoient sujets à gagner des maladies pestilentielles, ils obtinrent d'ériger en cette même Eglise une Confrérie en l'honneur de S. Sebastien et de S. Roch. Reg.Ep.yMaru

On trouve dans le Gallia Christiana un Catalogue très-complet des Abbés de S. Magloire, excepté qu'on n'y a pas marqué que Louis I qui siégea en 1207, s'appelloit Louis le Tixier. Il y manque aussi • l'Abbé Froger, dont l'Anniversaire s'y faisoit en iBgS. Il y a dans ce Catalogue un Abbé de trop, qui est Jean Louvel. On avoit cru qu'il avoit siégé en 1456 ; mais ce fait est démontré faux, en ce que j'ai trouvé par les titres, que dès l'an 1448, le 3o Mars, le siège étoit vacant par la mort de Pierre Louvel, et que dès le 27 Avril 1449, il étoit rempli par Jean Jamelin (mal nommé Tamelin), lequel Jamelin ne décéda qu'en 1462, et fut inhumé le 27 Novembre. Ainsi, Jean Louvel a été ôté de la liste avec grande raison, par une note de l'errata de ce volume. Quant à Pierre Louvel, ce fut à lui que ses successeurs eurent l'obligation de pouvoir porter la mitre et l'anneau. Il avoit obtenu ce privilège du Pape Martin V, l'an 1420. Son attachement au Roi Charles VII fut cause qu'on le mit en prison. Une requête des Religieux m'a appris qu'il étoit renfermé au mois de Mai 1425, par ordre sans doute du Roi d'Angleterre.

Vers le commencement du siècle précédent, l'Abbaye de Saint Magloire avoit eu un puissant ennemi dans Renaud, Comte de Dammartin, qui avoit son Hôtel proche ce Monastère, et dont la rue voisine a conservé le nom dans celui de Salle-au-Comte. Il ne fallut pas moins que l'autorité du Roi pour arrêter l'entreprise qu'il avoit faite de bâtir sur le fond des Religieux malgré Tab.s.Magi.in eux. Philippe le Bel ordonna par ses Lettres du 8 Septembre i3i2 Saiie au Comte, au Prévôt de Paris de faire démolir le tout. Ce Comte ne survécut pas de beaucoup et Philippe, sa veuve, donna en i3i6 à l'Abbé Gobert un acte de réparation pour toutes les violences que son ibid, mari avoit exercées. L'Abbé Brice qui siégea sous le règne de Charles V, commence ainsi un de ses actes qui est de l'an i365: Frère Brice par la grâce de Dieu et du saint siège de Rome humble Abbé de Saint Magloire. On apprend par un autre acte de l'an 1369, qui concerne les chartes de la ville de Reims, déposées par les Remois dans les Archives de Saint Magloire, que son nom étoit Brice de Ployart.

Cette Abbaye eut dans le XVI siècle deux Abbés qui furent

très-connus dans la Ville et Diocèse de Paris par les fonctions Episcopales dont ils s^acquitterent au nom de FEvêque de Paris : ce furent Guy de Montmirail et Charles Boucher d'Orcé. Tous deux avoient été Moines et tous deux furent Evêques de Megare en Attique successivement : le dernier mourut en iSSg. Cinq ans après le titre Abbatial fut réuni à l'Evêché de Paris, et avant la fin du siècle les Religieux furent transférés au faubourg Saint Jacques, à l'Hôpital du nom de Saint Jacques du Haut-Pas, où j'en dis un mot^ et les Filles Pénitentes placées en cette ancienne Eglise Abbatiale de Saint Magloire, en vertu d'un Traité de l'an 1572 et de Lettres patentes, restèrent seulement chargées de deux sols de cens envers l'Abbaye. Elles étoient soixante Religieuses, ayant Marguerite Moiret à leur tête.

Cet ancien Monastère de Saint Magloire avoit tenu un rang distingué dans Paris. Son Eglise avoit été l'une des stationales du Carême pour le Clergé de la Cathédrale. Elle avoit un domaine Seigneurial si ancien et si peuplé dans un canton voisin de la chaussée, qui de la porte de Paris conduisoit à Saint Denis, qu'il

Tab. s. Magi. s'y forma un bourg, lequel du nom de l'Abbé de Saint Magloire

rucdeHuieu. f^^ appelle le Bourg^VAbbé ; il y eut même en 1444 une porte qui porta le même nom. Je ne m'arrête point à réfuter ceux de Piganioi. nos modemes qui ont cru que ce surnom à' Abbé donné à ce Bourg lui venoit du Prieuré de Saint Martin. Ils sont excusables, ibid. n'ayant point vu les titres qui font foi de ce que j'avance. L'échelle de Saint Magloire, marque de justice, étoit placée un peu plus loin de Paris, sçavoir vis-à-vis Saint Nicolas des Champs, devant la Croix S. Laurent, et elle subsistoit encore en 1548. La Couture

Tab. s. Magior. Saint Magloire étoit encore plus loin, sçavoir dans le faubourg

ad an. 1396. Saint Laurent.

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