EMANEE DE CELLES DE SAINT BARTHELEMI ET DE SAINT MAGLOIRE
Le premier titre que j'ai trouvé sur cette Eglise est la remise que Geoffroy, Abbé de Saint Magloire, fit en 1270 au Prêtre SS. Egidii Tab.s.Magior, et Lupif des onze sols de r.ente dûs pour la place où son Eglise étoit fondée, prenant en échange pareille somme sur une maison de la rue des Oues et sur une de la rue de Hueleu. Il est bon d'observer l'arrangement de ces noms SS. Egidii et Lupi. En effet, plusieurs choses portent à croire que S. Gilles fut le nom que l'on voulut donner à cette Eglise, et que S. Loup, Evêque de Sens, n'y
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a été joint, qu'à cause que sa Fête se trouvoît le même jour que celle de S. Gilles, sçavoir le premier Septembre: i* les reliques de S. Gilles que l'on possédoit dans TAbbaye de Saint Magloire, où d'abord fut érigée la succursale à l'autel de son nom ; 2"" dans les livres Ecclésiastiques de Paris du XIII siècle, on voit S. Gilles avec un Office propre au premier Septembre, et Saint Loup remis à un autre jour, ou réduit, au premier Septembre, à une simple commémoraison. Dans la permission qui fut donnée en i3o8 de faire l'Office pour les Habitans dans la nef de S. Magloire, à cause que leur Eglise étoit pollue, on lit : Dominus Bisuntius Curatus Ecclesiœ SS. Egidii et Lupi.
En iSig, Saint Gilles n'étoit encore qu'une Chapelle succursale : elle fut rebâtie cette année-là, et les Religieux de Saint Magloire permirent qu'on y mît deux petites cloches qui pussent Tab'. s. Magior être entendues dans les rues Aubry-le-Boucher et du Bourgl'Abbé, où étoient les maisons qui en dépendoient. Le genre de bâtisse de la nef peut approcher de ces tems-là, quoiqu'il paroisse qu'il a été rendu depuis plus solide. En 148 1, les Marguilliers de la même Chapelle ayant représenté aux Religieux de S. Magloire que les deux rues susdites avoient des maisons bien plus élevées qu'en i3i7, ils obtinrent de fondre des cloches plus considérables. On songea à aggrandir aussi cette Eglise sur la tin du même siècle. Les Marguilliers achetèrent de Guillaume Marc, Bourgeois, le i5 Novembre 1492, un jardin derrière le chevet qui avoit été des dépendances de l'Hôtel de la Faux, et autres morceaux de terrain autour de l'Eglise : mais les Religieux de Saint Magloire n'en firent un abandon total qu'en i5i3, Jérôme de Marie, Seigneur de Luzancy, étant Marguillier : la maison de ces MM. de Marie étoit en la rue qui est appellée Salle^au-Comte, à cause du grand logis qu'y avoient eu les Comtes de Dammartin, ainsi que je l'ai dit plus haut, et il y avoit là en i562 une fontaine dite de leur nom, la Fontaine de Marie. L'Abbaye de Saint Magloire vendit encore depuis, sçavoir en 1 585, aux Marguilliers de Saint Leu, vingt-neuf toises de terrain, qui formoit deux places au coin de la rue, du côté de la rue Salle-au-Comte. Mais l'aggrandissement de l'Eglise projette du côté du levant ne fut exécuté que dans le siècle suivant.
Dès le 10 Juin i538, Jacques, Evêque de Calcédoine, avoit consacré six autels en cette Eglise. Elle avoit déjà été dédiée depuis longtems, le Dimanche dans l'Octave de l'Ascension ; mais en i553 l'Anniversaire avoit été remis au Dimanche d'après l'Octave de S. Pierre, avec la permission de l'Evêque de Paris.
En 161 1, on jetta les fondemens du Chœur, et, dès l'année ibid.
suivante, il étoit presque fini. L'ouvrage est dans le goût moderne, tout différent du gothique.
Ce fut en 1617 que cette Eglise cessa d'être succursale de Saint Barthelemi, attendu l'augmentation du nombre des habitans, et elle fut érigée en Paroisse, dont le premier Curé fut M. Rumet. M. André de Saussay, auteur du Martyrologe Gallican, etc., fut l'un de ses successeurs, et est mort Evêque de Toul en 1675. On a de M. Vivant, qui a aussi été Curé de Saint Leu, et depuis Chantre de l'Eglise de Paris, plusieurs Proses, qu'il composa au commencement de ce siècle pour le Missel de Paris et plusieurs ouvrages de Théologie.
Il est étonnant que les Bénédictins de Saint Magloire n'eussent point fait présent à cette Eglise qui étoit de leur dépendance, bâtie sur leur terrain, et presque contigue, de quelques reliques des Saints connus de Bretagne, dont ils étoient si abondamment fournis, et qu'il ait fallu qu'elle ait eu recours aux Saintes de Cologne, dont on ne connoît pas même les noms.
Le Pouillé Parisien écrit vers l'an 1450, met dans l'Eglise de
Saint Gilles et Saint Leu la Chapelle de S. Jean-Baptiste et de
S. Jean l'Evangeliste, qu'il dit être à la nomination alternative de
l'Evêque de Paris et de l'Abbé de Saint Magloire.
Reg, Archiep. Il y avoit aussi en cette Eglise une Chapelle de Saint Jacques,
Jan. 1720, Jqj^^ jg ^j^j.^ ^ ét^ réuni à l'Archevêché.
Cette Paroisse renferme sur son territoire et tout d'une suite dans la rue S. Denis, depuis l'Eglise du Sépulcre exclusivement jusqu'à la rue Greneta, toutes les maisons situées à droite. Dans cette rue Greneta, ou plutôt Darnetal, elle continue à droite jusqu'un peu au-delà de la rue Bourg-l'Abbé, puis elle a en entier cette rue Bourg-l'Abbé, comme aussi de la rue du Grand-Hue-leu les deux bouts qui y donnent, à commencer vers le milieu de cette rue du Grand-Hue-leu. De la rue aux Oues elle a tout le côté droit en y entrant par la rue S. Denis, avec le coin même de la rue S. Martin où est une boëte de la poste, et la maison suivante ; déplus,' environ deux ou trois maisons de la rue Quinquempoix situées aux deux bouts, donnant dans la rue aux Oues, de laquelle rue aux Oues elle a aussi le côté gauche, en finissant à la moitié des maisons sises entre la rue Bourg-l'Abbé et la rue S. Martin. La rue du Petit-Hue-leu est en entier de Saint Leu, de même le cul-de-sac de la Porte aux peintres, la rue Salleau-Comte, et celle de Saint Magloire.
Un détachement ou écart qu'elle a dans la rue Aubry-le- Boucher, consiste dans la première maison à droite en sortant de l'Eglise de Saint Josse, et les suivantes jusqu'aux deux dernières du même côté; et dans l'autre côté de la même rue eh com-
mençant à la maison qui fait le milieu de cette rue ou environ, jusqu'au bout donnant dans la rue S. Denis, dans laquelle rue elle a quelques maisons tenantes à celle du coin.
Je croi avoir écrit ci-dessus comme on le doit le nom de deux rues de ce quartier. Un Chevalier qui avoit du bien à Paris et aux environs, au XII siècle, s'appelloit Hugo Lupus ou Hugo Lupi : sa sœur Clémence fut seconde Abbessed'Hieres. Il paroît que c'est de lui et de son fils, que les deux rues de Hue-leu ont tiré alors leur dénomination : car aulieu de Hugues on disait Hue, et Lupus se rendoit aussi par Leu comme à présent. Aussi lit-on dans un un titre de Tan 1277, au Cartulaire de Saint Magloire, la rue de Hue leu, et non la rue du Hurleur.