‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 57 sur 210 · DES DEUX BASILIQUES DE SAINT MARTIN · texte numérisé non relu

DES DEUX BASILIQUES DE SAINT MARTIN

Bâties en différens siècles hors la Cité de Paris vers le Septentrion et principalement sur la dernière qui de Séculière est devenue Monastique ; puis sur les Eglises construites dessus leur territoire.

Il y a eu un si grand nombre d'Eglises bâties dans les Gaules sous le titre de Saint Martin, Evêque de Tours, dans les tems d'après sa mort, et surtout sous la première race de nos Rois, qu'il y a tout lieu de croire que les Evêques de Paris n'auront pas manqué d'en ériger une auprès de leur ville dans le cinquième ou sixième siècle. Je compte pour peu de chose l'Oratoire qui y Greg.TucHtst. subsistoit à la porte située à l'extrémité de l'Isle, à l'entrée du '• '^''^'^- "*"*• grand pont ; quoiqu'il eût été bâti dans ce lieu en mémoire du miracle que Saint Martin y avoit opéré sur un lépreux, ce n'étoit plus en 586 qu'une très-petite Chapelle ; elle étoit même aban- Voyez ce donnée à un Bourgeois qui ne lui avoit donné de l'apparence qu'en <!"»«" *** ^" élevant sa couverture à l'aide de quelques branchages. Outre que rarticie de Saint la place étoit trop resserrée pour qu'on eût pu y construire une Bartheiemi Eglise Abbatiale, c'est que la plupart des Basiliques et des Monas- ^' *7^' teres construits en l'honneur de ce Saint, le furent précisément à cause qu'il étoit regardé comme le patron spécial des Gaules et ensuite de la France, en conséquence de la multitude de miracles qu'il avoit opéré pendant sa vie et depuis sa mort, et parce que son tombeau devint dès ces tems-là le pèlerinage le plus fréquenté de tout le Royaume, et dont on apportoit de tous côtés des linges

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et des étoffes qui y avoîent reposé ; ensorte même qu'il y eut des villes où Ton compta plusieurs Eglises sous son invocation : ainsi on ne peut pas dire qu'on n'eût érigé des autels sous son invocation que dans les lieux où il avoit passé.

J'aurois pu rapporter pour preuve que l'Eglise de Saint Martin de Paris existoit dès le VI siècle, l'autorité de Dom Thierry Ruinart, qui, dans une Note sur Grégoire de Tours à l'an 58 1, assure que c'est d'elle dont il s'agit dans le neuvième Chapitre du sixième livre de cet Historien, et que c'est dans cette Eglise que le Roi Clotaire vint faire sa prière l'an SSg, et que S. Domnole, Abbé de Saint Laurent, vint passer une nuit en veille dans le tems que ce Vie de Prince y étoit. Mais quoique M, Baillet ait suivi ce sentiment, je

^ D^D™"°'* "^ P"'^ "^'y conformer, parce qu'il me paroît qu'il s'agit en cet endroit de Grégoire, de la Basilique de Saint Martin de Tours, où le Roi Clotaire seroit venu par dévotion peu de tems après qu'il commença à régner seul sur tous les François. C'étoit au tombeau de Saint Martin que l'on accouroit alors de toute la France pour passer la nuit en veilles, et quand l'Evêque de Tours dit simplement la Basilique de S. Martin, sans désigner un pays particulier, cela doit s'entendre de celle qui étoit proche la Ville dont il étoit Evêque. Quoique l'Histoire de Grégoire de Tours soit depuis plus de deux siècles entre les mains de tout le monde, personne n'avoit encore pensé à se servir de cet endroit pour prouver qu'il y avoit alors à Paris une Basilique de Saint Martin, et je ne m'en servirai pas non plus. Je ne laisse pas d'être persuadé qu'il y en existoit une dès ces tems-là entre la porte septentrionale de Paris et la Basilique de Saint Laurent, ou à peu près. Elle pouvoit même dès-lors avoir été Abbatiale séculière, et il peut se faire que ce soit d'elle qu'ayent été alors supérieurs deux ou trois Abbés de Paris dont on ignore le siège, et qui vi voient au VI ou au VII siècle. Au moins il est constant que cette Basilique existoit au VII siècle, et que sa position étoit au nord de Paris ; le Diplôme donné l'an 710 par Childebert III le suppose. Outre cela, la Charte de la seconde fondation de ce lieu par le Roi Henri I assure que les Normans venant à Paris, y avoient détruit de fond en comble l'Abbaye de Saint Martin qui étoit proche l'une des portes. C'est encore une preuve que cette Abbaye existoit l'an 840 au commencement du règne de Charles le Chauve. De plus, dans un Etat des places ou du terrain que l'Abbaye de Saint Pierre des Fossez avoit Voyez mon à Paris vers l'an 900, le terrain de S^int Martin est marqué consecond Tome de g^g^ ^^^^ ^gl^i j^ Saint Merry et de Saint George, depuis dit de

iHist. de Paris, Saint Magloire ; ce qui fait voir que sa situation étoit dans ce

p. xcviii. canton-là, et vers le lieu où est Saint Jacques de la Boucherie.

Enfin, l'usage où est le Clergé de la Cathédrale de Paris d'aller

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