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Je conserve ce petit monument parmi mes curiosités

2. Cet Herluinus est peut-être un Comte de ce nom qui a vécu sous le Roi Pépin. Annal. Bened, T. II. La lettre L. qui termine Tépitaphe signifie apparemment QuinquagenariuSn

dans la Chapelle de S. Pierre, et d'y venir en Procession avec ses Paroissiens, ainsi que le marque un titre de l'an i38o conservé à l'Abbaye de Saint Germain, et par conséquent la fréquentation de cette Eglise de Saint Pierre n'est point une preuve démonstrative qu'elle ait été l'ancienne Paroisse.

La partie de l'Eglise de Saint Sulpice qui fut abbatue en 1646 étoit la plus ancienne: mais comme il n'en est point resté de dessein, on ne peut pas dire précisément de quel siècle elle étoit ; on peut conjecturer seulement qu'elle étoit du XIII siècle, parce que ce fut alors que l'affranchissement accordé aux habitans rendit le bourg plus peuplé. La nef que nous avons vue au commencement du siècle où nous sommes étoit un accroissement qu'on lui avoit donné sous le règne de François I, et comme la voûte en étoit fort étroite et fort basse, cela laisse à penser que l'ancienne Eglise n'avoit pas été plus élevée ni plus large. Cet accroissement que j'ai vu dès l'an 1701, étoit assez récemment fait, en 1548, lorsque l'Evêque de Megare y bénit un autel avec Reg.Ep. la permission de l'Evêque de Paris. i/Mart./54S.

L'affranchissement dont je viens de parler avoit été accordé en 1247 à tous ceux du bourg S. Germain qui étoient serfs, par l'Abbé Hugues d'Issy'et par son successeur, moyennant certaines redevances, du nombre desquelles étoient les pains du lendemain de Noël, et une redevance de vin, d'autant qu'une grande partie du territoire de Saint Sulpice étoit en vignes: d'où il est aisé d'inférer que plusieurs des habitans n'étoient encore que de simples vignerons. On lit aussi dans ces lettres de manumission que les femmes après la célébration de leur mariage, et après leurs relevailles, continueroient de se rendre à l'Eglise de l'Abbaye Hi8t.deS Germ. comme à l'Eglise matrice. Preuves p. lx.

Les Religieux de leur côté qui étoient alors dans l'usage de sortir aux Processions des Rogations, alloient le premier jour à Saint Sulpice, le second jour à Saint Pierre; le troisième jour iHd.p.ibt, ils se transportoient au-delà de leur territoire, sçavoir à Notre Dame des Champs où sont à présent les Carmélites, Fauxbourg S. Jacques.

Dès le XIV siècle au moins, la Paroisse de Saint Sulpice avoit une Fabrique, sous le nom de laquelle les actes se passoient. On m'a fait voir le sceau de cuivre qui a servi à les sceller, et qui a été trouvé dans un champ à Mont-rouge en cette présente année 1753. S. Sulpice y est représenté en mitre, tenant une Croix, et bénissant un estropié, avec cette inscription autour, en lettres capitales gothiques: S. FABRICE STI SVLPICII PPE PAR.

Un Abbé de Saint Fuscien, proche Amiens, nommé Audrand,

28o EGLISE DE SAINT SULPICE

a fait dans la Paroisse de S. Sulpice une fondation vers Pan 1570.

Ex Nota II a laissé huit cens livres pour marier tous les ans huit orphe-

D Du Brcui lî^es de la Paroisse à chacune desquelles on doit donner cin-

ntéiHUscrtptû. ,

quante livres, et vingt francs pour quatre écoliers à chacun desquels pendant cinq ans on doit donner cent sols pour avoir des livres et pour d'autres besoins. Et, en reconnoissance, il imposa Pobligation de célébrer à Saint Sulpice son anniversaire le lundi dans l'octave de la Fête-Dieu. On m'a assuré que la fondation subsiste encore quant à l'article des Filles, et que tous les ans M. le Curé de Saint-Sulpice envoyé au P. Prieur de S. Germain pour signer l'exécution de ce legs.

Quant aux personnes inhumées dans cette Eglise ou dans son cimetière, je me borne à quelques-uns qui sont connus dans la Republique des lettres, et dont on n'y voit plus d'épitaphes, au cas qu'il y en ait eu autrefois. De ce nombre sont l'Abbé Bourdelot, mort en i685; Barthélémy d'Herbelot, décédé en 1695 ; Etienne Baluze, mort en 17 18. Parmi les célèbres Peintres, Roger de Piles et Jean Jouvenet, décédés en 1709 et 1717.

Cette grande Eglise étant presque finie en 1745, d'autant qu'il n'y restoit que le haut du portail et des tours à faire, a été dédiée la même année. Je ne puis pas dire le jour, parce qu'on ne l'a point marqué dans aucune des deux inscriptions qui ont été mises pour conserver la mémoire de cette Dédicace et qui sont placées à l'entrée de cette Eglise, des deux côtés. Comme c'étoit le temps de la tenue de l'Assemblée du Clergé, la cérémonie fut faite par vingt et un tant Archevêques qu'Evêques.

La nomination à cette Cure appartient à TAbbé de S. Germain Tab.Archiep. des Prez. J'ai lu qu'en 1669, ^^ Dimanche 7 Juillet, M. de Perefixe, Archevêque de Paris, y vint officier solemnellement en sa qualité d'Evêque Diocésain, M. Roguier de Poussé étant alors Curé.

S'étant élevé sur cette Paroisse quelques difficultés au sujet de la reddition du Pain-béni et de la Quête alternative pour les Pauvres, sur le refus fait dans quelques maisons, il a été ordonné par Arrêt du Parlement, du 12 Avril 1753, que chaque maison rendroit le Pain-béni à son tour, lorsqu'on en seroit averti par la présentation du chanteau, à peine d'y être contraint, et de même sur l'autre chef.

La Paroisse de Saint Sulpice comprend tout le Fauxbourg . S. Germain; mais comme les limites de ce Fauxbourg ne sont plus si sensibles depuis qu'il touche à la Ville, et que les murs et les portes de Paris ont été abbatus, il est besoin, pour désigner l'étendue de cette Paroisse, de marquer ses bornes du côté des Paroisses de Saint Severin, de Saint Côme et de Saint André. D'abord elle touche à celle de S. Severin dans la rue d'Enfer, où elle a

quelques maisons proche la porte du Luxembourg et du même côté. Elle en a encore quelques-unes vers le Séminaire de S. Louis. Elle poursuit son terrain dans le côté supérieur de la place S. Michel, puis elle continue dans le côté gauche de la rue des Fossez de M. le Prince, en descendant. Elle a ensuite la rue de Touraine, des deux côtés; dans la rue des Cordeliers, depuis la seconde maison d'après Tégout, et depuis celle d'après la fontaine, jusqu'au Carrefour des anciens Fossez. Ce qui lui appartient ensuite consiste dans la rue des Fossez de S. Germain, après laquelle elle a quatre ou cinq maisons, en entrant dans la rue S. André, tant d'un côté que d'un autre, puis, six pu sept maisons à l'entrée de la rue Dauphine, tant à droite qu'à gauche. Elle s'étend ensuite dans les deux côtés de la rue Mazarine, et elle prend en passant les trois ou quatre premières maisons de la rue Guenegaud, de chaque côté, jusqu'aux restes des vieux murs qui paroissent encore. Elle continue la rue Mazarine jusqu'au Collège des quatre Nations où finit son territoire, inclusivement. Tout ce qui est du côté du couchant au-delà des limites qui viennent d'être désignées, est réputé du Fauxbourg S. Germain, et censé de la Paroisse de Saint Sulpice*

On sçait que ce n'est que depuis cent cinquante ou deux cens ans au plus que ce territoire a été couvert de différens Couvens, Hôpitaux, Hôtels de Prince et de gens de qualité. Il renferme plus de vingt Couvens ou Communautés, trois ou quatre Hôpitaux, trois ou quatre Séminaires et deux Collèges.

Je vais en rapporter les noms suivant, l'ordre des tems de chaque établissement.

L'Hôpital des petites Maisons, établi en i557.

L'Hôpital de la Charité, rue des Saints Pères ou de S. Pierre, en 1602.

Les Augustins Déchaussés de la Reine Marguerite^ en 1608 ou 1609.

Le Noviciat des Jésuites, rue Pot-de-fer, en 1610.

Les Carmes Déchaux, rue Vaugirard, en 161 1.

Les Religieuses du Calvaire, en la même rue, en 1625.

Les Dominiquains, en la rue S. Dominique, en i632.

V Hôpital des Incurables, rue de Sevré, 1634.

Les Religieuses Chanoinesses du S, Sépulcre, Ordre de Saint Augustin à Belle-chasse, rue S. Dominique, en i635 ou i636. Elles étoient venues de Charleville.

Les Bernardines du Précieux Sang, i635.

Les Recollettes, rue du Bac, en 1640.

Les Filles de Solnx Joseph ou le la Providence, rue Saint Dominique, en 1641.

Le Séminaire de S. Sulpice, institué en 1642 ou 45 ou 47. On

y conserve dans la Bibliothèque un manuscrit très-précieux. C'est une copie qu'a faite un prêtre de ce Séminaire de tous les Registres de la Faculté de Théologie de Paris avant qu'un incendie du dernier siècle en eut fait perdre plusieurs. Il avoit eu même l'attention de tirer des Registres du Parlement une copie de ce qui y avoit été déposé et qui se trouvoit avoir été arraché de ces Registres de Sorbonne.

Les ThéatinSf établis proche la rivière, quai Malaquet, en 1648.

L* Hôpital des Convalescens, commencé en 1642 ou i652, en la rue du Bac.

Les Filles de N. D. de la Miséricorde, rue du Vieux- Colombier, en i65i.

Les Bernardines de V Abbaye de N. D. au Bois, transférées du Diocèse de Noyon, en la rue de Sevré, l'an 1654.

Les Religieuses du S, Sacrement, établies dans la rue Cassette, en 1654.

Le Collège Ma^arin, fondé en 1661 ou i663.

Les Prémontrei Réformes ou de la Croix Rouge, établis en 1 66 1 .

La Communauté des Filles de l'Instruction Chrétienne, établie en 1662.

Les Bénédictines de N. D. de Liesse, qui avoient demeuré en divers lieux depuis i636, fixées au bout de la rue de Sevré vers l'an i663.

Le Séminaire des Missions étrangères^ fondé en i663 rue du Bac, et rue de Babylone, qui est le nom de l'Evêché du Fondateur : je me suis fort étendu sur cet Evêque de Babylone nommé Duval, dans le second tome de l'Histoire d'Auxerre, à la page 5 19.

Le Prieuré des Bénédictines de N. D. de Consolation, rue de Chassç-midi ou Cherche-midi, de l'an 1669.

Hôtel Royal des Invalides, fondé en 1670, par le Roy Louis XIV, et dont les bâtimens furent commencés en 1671.

Le Couvent des Bernardines, transféré de l'Abbaye de Pantemont, au Diocèse de Beauvais, en la rue de Grenelle, en 1671.

Les Religieuses de la Visitation, rue du Bac, établies en 1673.

La Communauté des Filles Orphelines, rue du vieux Colombier, établies en 1680.

Le Collège du Mans, transféré en 1662 à l'entrée de la rue d'Enfer, de la rue de Reims où il étoit. Saint Julien, premier Evêque du Mans, en est Patron.

La Communauté du Bon Pasteur, établie en 1688, rue de Chasse-midi.

Le Couvent des Carmélites, ancien démembrement de celui du Faubourg S. Jacques, transféré de la rue du Bouloir en la rue de Grenelle, l'an 1689.

Le Prieuré des Bénédictines de N. D. des Pre\y transféré du Diocèse de Reims et fixé à Paris, rue Vaugirard, en 1689.

Le Séminaire de S, Louis, institué à l'entrée de la rue d'Enfer, en 1696.

La Communauté des Filles de Ste Thecle, établie rue Vaugirard, vers l'an 1700.

La Communauté des Filles Pénitentes de Ste Valere, établie en 1706, au bout de la rue de Grenelle, proche les Invalides.

Les Frères de Saint Yon, établis, dit-on, en 17 18. Ils sont dans la rue du Regard.

Pendant que M. Languet a été Curé de cette Paroisse, il y a ajouté une autre Communauté qui est au-delà de la Barrière de la rue de Sevré. C'est celle de VEnfant Jésus, où sont élevées trente jeunes filles Nobles, de la même manière que celles de la Maison Royale de S. Cyr.

Pareillement de son temps, c'est-à-dire en 1738, a été bâtie audelà des Invalides la Chapelle succursale du titre de l'Assomption de la Vierge, dans le quartier nommé le gros Caillou: on a construit depuis peu, proche cette Eglise, un clocher assez considérable en forme de tour. La rue S. Dominique qui commence près la Charité, continue jusqu'au bout de ce hameau. En 1744, les Habitans ont donné occasion à une Sentence de la Prévôté de l'Hôtel, au sujet du rang des Officiers de la Maison Royale aux Processions. Elle est imprimée.

Le Couvent des petites Cordelières, à l'entrée de la rue de Grenelle, a cessé en 1750. Le terrain qu'elles occupoient étoit de 3557 toises, suivant les placards affichés pour la vente.

La Paroisse de Saint Sulpice, plus étendue que bien des Villes considérables (non pas cependant autant que celle de S. Germain l'Auxerrois l'avoit été originairement), renfermoit encore du temps de François I, plusieurs rues, qui, quoique peuplées, n'étoient pas encore pavées. Le Parlement ordonna le 3o mars 1544 de paver la Reg. pari. rue de Seine. On ne faisoit que commencer à paver la rue des Buttes près la Porte de Bussy en i545. On peut juger par là de l'état où ibid. ts Febr, étoient toutes celles qui sont plus éloignées. Aussi plusieurs n'ontelles commencé à avoir des noms que depuis que l'Abbaye de S. Germain appartint à la Congrégation de S. Maur, laquelle leur a donné des noms de plusieurs Saints connus dans l'Ordre de S. Benoît.

Il y a près du Séminaire de Saint Sulpice une rue du nom de laquelle aucun des Historiens de Paris n'a donné l'origine. C'est la rue du Gindre. J'ai trouvé dans le traité de Paneterie de France par Miraumont, page 412, que Gindre signifie le Maître- Valet ou plutôt Maître-Gai^çon d'un Boulanger. Ménage a fait la même remarque dans son Dictionnaire, et il pense qu'il vient du latin gêner.

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