‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 98 sur 210 · EGLISE DE SAINT PIERRE AUX BŒUFS · texte numérisé non relu

EGLISE DE SAINT PIERRE AUX BŒUFS

Il n'est pas aisé de trouver l'origine ou la cause de la dénomination particulière de cette Paroisse. On voit seulement qu'il faut que cette Eglise ait eu quelque rapport, quant au fond ou à la censive, avec l'Abbaye de Saint Eloy, puisqu'elle lui appartenoit dès le XII siècle. On l'appelloit alors Capella S. Pétri de Bobus. C'est le nom qu'elle a dans la Bulle d'Innocent II, de l'an ii36. L'Evêque de Paris, Maurice de Sully, la nomma avant toutes les autres Chapelles dont je viens de parler, dans ses lettres de confirmation des Eglises dépendantes de Saint Eloy données, en l'an 1195, mais cela ne lui attribua aucune primauté. Il est à croire qu'avant l'érection de la Paroisse de la Magdelene, qui est postérieure à toutes celles de la dépendance de Saint Eloy dans la Cité, il y avoit une suite de maisons qui faisoient en quelque endroit de la Cité, la liaison ou contiguité de la Paroisse de Saint Pierre des Arcis ou de celle de Saint Martial avec celle de Saint Pierre aux Bœufs. Quelques-uns ont écrit dans ces derniers tems, que le surnom aux Bœufs vient de ce qu'elle a été la Paroisse des Bouchers de Paris, ou de ce qu'ils y faisoient leur Confrérie : mais il suffit, pour les réfuter, de dire qu'il n'y a aucune apparence que dans les siècles un peu reculés, on ait souffert une Boucherie dans la Cité de Paris, tandis qu'on voit que partout ailleurs les gens de cette profession étoient placés hors les portes des Cités, et même pareillement leurs étaux ou boutiques. On a conclu de ce que TEvêque de Paris a eu un étal au Parvis, qu'il y avoit aussi

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eu une Boucherie ou tuerie ; mais cet exemple n'est pas un fondement suffisant. Ainsi les deux Bœufs représentés à la porte de cette Eglise sont comme des Armoiries qui font allusion au surnom de cette Eglise, qu'il faut tirer d'ailleurs. Je croirois qu'elle a été dite de Bobtis, parce que ce seroient des Bourgeois de Paris surnommés Bos, qui l'auroient fait bâtir sur la censive de l'Abbaye de Saint Eloy, de même que, dans le XII siècle, il y a voit

Mutceum itai. à Rome Une Eglise de Saint Sauveur surnommée Johannis BoviSy T. I, p. 66. g^ jgjig le XIII siècle, à Constantinople, une Abbaye dite N. D. de

Chast. Mart. BucolUs, autrement Sainte Marie aux Bœufs. Le nom de Bœuf,

Univ. p. 843. Qu le Bœuf, étoit déjà usité en plusieurs Villes dès le XII et le Hiât. XIII siècle, ce qui seroit trop long à déduire ici. Les Bœufs figurés

Ep. ^^^^"^' à la Porte de cette Eglise étoient peut-être pour désigner le nom

Meid.Remens. de la famille fondatrice de l'Eglise, et une espèce d'armes parlantes

et Autiu. dans le temps que le Blason étoit encore fort nouveau. Il y a eu

certainement autrefois une famille surnommée aux Bœufs. Un

Reg. Pari, célèbre Prédicateur Cordelier, Confesseur de la Reine Isabeau de

3Nov.i4'8. Bavière, en 1418, se nommoit Pierre aux Bœufs. On conserve chez les Celestins de Paris, un volume manuscrit de ses sermons prêches devant le Roy Charles VI.

Le Pouillè du XIII siècle appelle cette Eglise S. Petrus de BobuSy et dit que le Prieur de Saint Eloy y nomme le Curé. Celui qui fut écrit vers i45o, met Curatus S. Pétri ad Boves, et le dit être à la présentation de S. Maur; mais l'auteur a voulu dire d'un Prieuré réuni à cette Abbaye; il ajoute que son ancien revenu étoit de trente livres. Il y place aussi une Chapelle qu'il dit être, nouvellement fondée par Jean Chandelier. J'ai trouvé ailleurs que le surnom de ce fondateur étoit TEpicier, qu'il étoit

Tab.Ep.inSpir. Archidiacre de Troyes et Conseiller du Roy. Il avoit demandé avec Marguerite de Rieux, sa mère, une Messe quotidienne, qui devoit être dite à l'aurore, et ils dévoient tous les deux être inhumés devant l'autel de cette Chapelle. En 1398, Jean y reposoit. L*Evêque et le Prieur de Saint Eloy étoient convenus de nommer alternativement à ce bénéfice. L'édifice de cette Eglise, quoique petit, a été fort élevé lors de sa bâtisse, qui ressent le XIII siècle. Il n'y avoit dans la longueur que trois arcades : mais elles étoient surmontées de hautes galeries dont on voit encore les restes principalement au-dessus de la porte par le dedans. Le livre des cens de l'Abbaye de Sainte Geneviève (Fol. i5) d'environ l'an 1245, pour désigner un certain lieu de la Cité, dit qu'il étoit devant le Moutier de Saint Pierre aux Bœufs, ante Monasierium S. Pétri de Bobus, Les Eglises Paroissiales étoient indifféremment appellées alors Moutier: d'où est venu cette expression : conduire Vépouse au Moutier.

DE L^EGLISE DE SAINT BOND Sig

La Paroisse de Saint Pierre aux Bœufs n'est pas d'une grande étendue. Elle renferme d'abord les deux côtés de la rue qui porte son nom, depuis l'entrée par le parvis de N. D., jusqu'au cul-desac de S. Marine, où elle commence à n'avoir que les maisons du côté gauche. Puis elle a celles de la rue des Marmouzets, tournant à gauche jusqu'au coin de la rue de Perpignan. De plus, elle a la rue des deux Hermites en entier : de la rue Cocatrix, faite en équerre, elle en a les deux côtés qui s'étendent d'orient en occident; mais dans la partie qui va du nord au midi, elle n'a que la moitié des deux côtés qui touchent à ce qui précède. Enfin elle a dans la rue des Marmouzets depuis la rue du Chevet S. Landry jusqu'à la rue de la Colombe.

PRIMITIVEMSNT

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