CHAPELLE DU CHATEAU
(Voir p. 4.)
Il est regreUable que le texte original des chroniques de Tabbaye de Gaël ne soit pas parvenu jusqu'à nous. Il nous aurait probablement permis d'apprécier la nature et l'importance des travaux exécutés en ^065. Nous fondant sur les mêmes raisons que M. de Blois, nous émîmes, au Congres de l'Association bretonne de 4855, l'opinion que Morvan II et non Conan II avait pu seul donner cet ordre , et nous attribuâmes la substitution d'un nom à l'autre, soit a une erreur de copie, rendue facile par leur rapport de consonnance, soit à la confusion qu'avait pu occasionner la présence simultanée des deux princes au siège de Combourg. Le Congrès goûta ces raisons auxquelles doit s'ajouter le peu d'accord qu'il y a, au sujet de l'ordre de 4065, entre les divers historiens bretons. D'Ârgciitré (p. 220. édit. de 4688) se borne
à (lire que « le duc Conan fist réparer et fortifier la viDede Brest et basUr une église de la Trinité. i> Il ne parle d'aucune des deux autres dédicaces , et il s*alhtient de mentioimer le fait de la possession, par la ville de 'Brest, des reliques de Saint Mathieu, fait très improbable. {Biographie bretonne, t. If, p. 893-894.) D. Lobineau semble avoir été l'écho de Le Baud, et c'est probablement par ce motif qu'il se contente de mentionner, sous forme d'on dit, Tordre donné à Tabbé de Saint-Méen « de rétablir la ville de Brest, et d'y b&tîr nne église en l'honneur de la Trinité, de la Sainte-Vierge et de Saint- Mathieu. » Quant à D. Morice, il garde un silence complet à l'égard de l'ordre dont il s'agit. En l'absence da texte primitif de cet ordre , et devant les diversités deea relation par les historiens, nous croyons prudent de ne hasarder aucune conjecture sur la nature des travaux exécutés en ^065, et nous nous bornerons à dire, avec d'Ârgentré, que la ville, c'est-à-dire le ch&teau, fut alors réparée et fortifiée.
Quant à Téglise, ou plutôt chapelle, qui put bien être construite en -1065; elle était devenue priorale sous les ducs de Bretagne j et on la trouve désignée sous le seul vocable de la Vierge, soit dans les registres de l'état-civil tenus dans cette chapelle, registres conservés à la mairie de Brest (4608 à 4G64 et 4727 à 4734), soit dans V Histoire des églises et chappdles de Nostre-DanK^y basties dans l'éveschéde Léon, par le P. Cyrille Le Pennée. Morlaix , Nicolas du Brayet, libraire et imprimeur du Boi, demeurant au Pavé, à l'enseigne du nom de Jésus et de la ville de Paris , 78 p. in-32. On y lit : a Dans la dite citadelle du fort, il y a une belle église qui est la priorale , dédiée à l'honneur de la Sainte-Vierge ; elle est sans contredit, merveilleusement dévote et ornée de très rares tableaux et peintures, et meublée de très beaux ornements et argenterie nécessaires pour le divin service, qui s'y fait avec splendeur et dévotion. On peut y remarquer beau-
coop de magnifiques marques de la piété signalée vers la Reyoe du Ciel de nos anciens princes et ducs de Bretagne et de plusieurs seigneuft et gouverneurs de la place, etc., etc. »
Jusqu'à la construction de Téglise des Sept-Saints, la cliapelle du chAteaù tint lieu d'église paroissiale aux habitants, et, bien que vers la fin du XVII* siècle, époque où l'enceinte du château cessa d'ôtre habitée par les bourgeois, elle ait été eiclusivemeot affectée au service militaire, ses fonts baptismaux servaient, en 4695, à la paroisse des Sept-Saints, et les gouverneurs en permettaient le libre accès aux habitants qui venaient encore, en 4790, y entendre Toffice divin.
Cette antique chapelle, longue et très étroite (405 pieds sur 2S pieds), n'avait qu'une seule nef dont le chevet , comme celui de presque toutes les églises du moyen-ûge, correspondait à l'orient, et dont la porte principale était située à rextrémité opposée. Cette porte était couverte par un porche ou vestibule , de moindre largeur que Tédifice ; il supportait un petit clocher à simple arcade , surmonté d'une pyramide. Indépendamment de cet appendice se trouvaient adossés extérieurement au côté nord : V très près du sanctuaire, une chapelle latérale servant de sacristie, érigée en 4542 par les seigneurs du Ch&tel; 2^ plus bas, au milieu du reste de la façade, un petit porche analogue à ceux qu'on voit communément à nos églises de campagne.
Tel était l'état de cet édifice en 4740 , lorsque la cour en ordonna la restauration qui fut exécutée , l'année suivante , par Frézier. Il changea complètement l'aspect et le caractère de la chapelle. Il remplaça le vestibule par un portail de style renaissance , surmonté d'un clocher hexagonal à colonnes et amorti en dôme. Il refit le choeur sur un plan octogonal avec colonnes et pilastres doriques supportant une coupole à pendentifs et une lanterne, le tout d'une composition élégante.
Ces travaux nécessitèrent la démolition du porche latéral et de la chapelle servant de sacristie, dans laquelle se voyaient
les armes des seigneurs du Chfttel. M. Crozat , leur représentant , ayant voulu faire replacer ces armoiries dans h chapelle restaurée, cette faveur lui fut refusée, « attendu, Si le maréchal d'Asfeld, dans sa lettre du 30 mars il 4^, qu'il est prouvé que ces armoiries n'étaient, en 4342, en aucua endroit de l'ancienne église qui existait alors, mais seulement à la chapelle qui a été ajoutée en 1512, et qui a servi depuis de sacristie, et qu'il n'est pas possible de les remettre nulle part, en ce que ce serait une innovation de les placer dans la nef de l'église et une grande indécence de les mettre dans le nouveau chœur que le Roy a fait construire à ses dépens, et que, d'ailleurs, S. M. n'admettrait jamais les armoiries d'aucun particulier dans les bâtiments militaires , principalement dans une forteresse, etc., etc. »
Cette chapelle, qui a été démolie en 4819, était située entre la caserne Plougastel et la courtine longeant la rade.
S 2. — BASTIDE DE QUDLBIGNON
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