‹ Histoire de la ville et du port de BrestChapitre 19 sur 59 · S 10. — CHAPELLES DE SAINT- SÉBASTIEN · texte numérisé non relu

S 10. — CHAPELLES DE SAINT- SÉBASTIEN

et de

SAINT-CHARLES BORROHÉE.

(Voir p. 81.)

D'après un plan d*arpentage de ^702, la chapelle Saint- Sébastien était au centre, en tirant vers le nord,, d'un cimetière situé sur le glacis de la face gauche et près du saillant du chemin couvert de la demi-lune de ce nom ; elle avait environ 6 toises de longueur sur 3 toises de largeur. Son enceinte , limitée au N.-E. par le pied du glacis de la face gauche de la demi-lune , s'étendait vers la fhce droite de cette même demi-lune sur une partie du terrain occupé par son fossé et son chemin couvert. La longueur de cette enceinte, du N.-E. au S,-0., était d'environ 30 toises (58",47«), et sa

lar^'eur moyeane de 42 toises (23'^,39<:}. On y arrivait par on chemin qui , commençant dans rancienne ville , au qttartier des Quatre 'Vents y longeait, mais extérieurement du côté de la rade, la rue Voltaire actuelle, passait , en se courbani vers la gauche , sous la traverse voûtée du bastion de Daoolas , au nord du magasin à poudre , pour suivre la ligne sm laquelle a été fondée le mur d'escarpe de la demi-lune précitée, et bordait ensuite la clôture au N.-E. du cimetière, dani laquelle se trouvait sans doute pratiquée la porte ou la bar rlèrc de fermeture. Ce chemin aboutissait à celui qui, d rentrée de Favenue de Kérouriou , conduisait à PouIic-an Toul, et il bordait également, au N.-O., la clôture de 1 propriété Errard , connue sous le nom de Petit-Jardin. Ce divers chemins et le Petit-Jardin ont disparu , par suite de travaux qu'à nécessités la gare du chemin de fer.

La rue Voltaire prit , à son origine, en raison de sa proxi mité du chemin conduisant à la chapelle^ le nom de Saint Sébastien qui , à la Révolution , a fait place au nom actuel lequel se lit encore à Tun des angles de la maison rue d la Rampe prolongée, 20, maison faisant face d'un côté i celle dernière rue , de l'autre au Lycée Impérial.

Quant ù la chapelle de SaintOharlcs Borromée, qui sembl n'avoir dû ôtre qu'un simple oratoire ou chapelle privée , i n'en est fait mention , à notre connaissance , que dans Tact suivant inscrit au registre des actes de mariage tenu à l'églls des Sepl-Sainls :

« 40 septembre 4674. Messire Henry de Maillé , chevaliei seigneur^ marquis de Curman , comte de Maillé , marquis d Forcstz , fils aine de feu messire Donatien de Maillé , baroi de la Forestz , seigneur, marquis de Carman et de dam Mauricclte de Plœuc, son épouse, et damoiselle Marie-Ann Du Puy Murinais, fille de feu messire Antoine-François D Puy Murinais, chevalier, seigneur, comte de Bellegarde et de dame Anne Harbes, son épouse, ont contracté mariag

par paroles de présent selon la forme du sacré concile de Trente, en la chapelle de Saint -Charles Borromée sur le quay^ dans la paroisse des Sept-Saints de Brest ; et la bénédiction nuptiale leur a esté donné par Monseigneur l'illustrissiine et Réverendissime Évesque de Léon, célébrant la première messe en la dicte chapelle, en présence de MM. le duc de Cbaulnes, le comte d'Estrées, de Seuil, etc., etc. »

S 11. — DROITS DE ROURGEOISm A BREST ET A BORDEAUX.

(Voir p. 85.)

Pour être alors reçu bourgeois de Bordeaux , et jouir des avantages attachés à ce titre , il fallait y posséder et habiter une maison pendant deux années consécutives. Y avoir habité toute sa vie, sans être propriétaire , ne suffisait pas pour acquérir ce titre qui se perdait par le fait de rhabiiation , pendant deux ans , hors de Bordeaux ou de sa banlieue. Celui qui était reçu bourgeois donnait encore, en 4785, à chacun des membres du corps de ville, composé du maire , de son lieutenant, de six jurats , d'un procureur syndic et d'un clerc-secrétaire , un petit honnorifique en sucre , bougie et caffé , et payait les droits de greffe ainsi que la signature et l'apposition du sceau de la ville sur les lettres qui lui étaient délivrées sur parchemin. {Ijcttre du 29 mars -1785 , de M, de Lamontaigne ^ clerc^secrctaire de la mairie de Bordeaux, au mairç de Brest.)

n ne parait pas que l'admission au titre de bourgeois de Brest y donnftl lieu au paiement des redevances et de l'honorifique perçus à Bordeaux. Toutefois , le Maire y jouissait de certaines prérogatives formant une sorte d'honorifique plus avantageux pour lui qu'un présent une fois fait de den-

récs coloniales. En effet, un certificat du â9 octobre 4705, signé de 47 maires et échevins de Brest, atteste que, de temps immémorial , le maire en charge prélevait un flacon d'cnTiron quatre pots de vin sur chaque barque qui se déchargeait dans le port , et que cette coutume n'avait cessé d'être mise en pratique qu'après la publication de l'édit du mois d'août 4C92, portant création des charges de maire perpétuel.

Une autre redevance perçue par le maire contribuait à défrayer sa table , et comme nous l'apprend une correspondance de 4735 à 4738 entre Maurepas et la mairie de Brest, elle subsistait aussi depuis un temps immémorial. Quand des bateaux étrangers , des côtes et des ports obliques , c'est-àdire situés dans la circonscription maritime de Brest , apportaient du poisson dans cette ville, les maîtres de ces bateaux prévenaient le maire ainsi que le commandant du château, et faisaient présent à chacun d'eux d'un demi-cent ou quarteron d*hultres , ou d'un poisson, suivant le chargement du bateau. Les revendeuses de poisson ayant réclamé contre la perception de cette redevance, défendue par l'ordonnance de 4684, le ministre ordonna de la faire cesser, et après une assez longue résistance, motivée sur ce que lui et ses prédécesseurs avaient réduit cette perception à un droit purement honorifique , en ne prenant que le poisson de la moindre valeur, M. I^bbé , alors Maire , écrivit à Maurepas , le 9 mai 4738 , que désormais on se conformerait à ses ordres.

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