‹ Histoire de la ville et du port de BrestChapitre 25 sur 59 · S 20. — LES CAPUCINS · texte numérisé non relu

S 20. — LES CAPUCINS

(Voir p. 190.)

Los Capucins, qui habitaient, depuis ^672, une maison ]Mirticu1ière de RecouvTance , étaient en défaveur auprès de Colbert, généralement hostile à rétablissement des couvents à Brest , mais surtout à celui de ces religieux dont plusieurs , embarqués comme aumôniers , avaient donné des sujets de plainte qui avaient obligé à leur retirer ces fonctions. Ni leurs sollicitations réitérées, ni celles de M. Desclouzeaux, ni le vœu exprimé par les habitants de Recouvrance ne purent fléchir

Colbert. Toujours il répondit par uq refus catégorique moM sur ce que le Roi ne voulait oi permettre aux Capudns de s'établir à Brest ni môme souffrir qu'il se formât de nouveui couvents dans cette ville. Sept années s'écoulèrent avant qoi lesT PP. Capucins pussent obtenir l'autorisatioa qu'ils solikilaient depuis si long-temps, et s'ils y parvinrent c'est que M.dB Pontchartrain, alors ministre, n'était pas animé à ienrépri des mômes sentiments que Colbert. Toutefbîs , les lettmpatentes du mois d'août 4692, qui autorisèrent leur établiiwment à Brest^ leur défendirent de faire aucune quête eitrawdinaire pour la construction de leur couvent et de leur ègliie, la quête mensuelle étant seule autorisée. La communauté da ville se borna, de son côté, à permettre l'établissement projeté, mais sans y contribuer. Lorsque le P. Anastase, de Naatcs, vicaire-général des Capucins de Bretague, lui demanda son agrément, elle autorisa la nouvelle communauté à faire bâtir, mais à ses frais, sur le terrain que lui avait donné M. LeGae de TArmorique, au Carpon, près du moulin à vent, sous h condition d'indemniser tous ceux dont elle prendrait les terres. Ainsi réduits à leurs propres ressources , d'autant plus restreintes que la misère était grande à Brest à cette époque, les Capucins ne purent réunir que lentement les moyens de construire leur couvent et l'église y annexée. Ce ne fut qu'en \W que commença la construction du couvent dont Vauban posa la première pierre le 30 août , sur le terrain qu'occupent aujourd'hui les grands ateliers des machines du port de Brest. L'auteur des plans fut, croyons-nous, M. René Dumains, sieur de la Bellevue, ingénieur ordinaire du Roi, qui, quand il mourut le 27 octobre no3 , à l'âge de 61 ans , fut iubumé aux Capucins. Pendant les dix années que dura la constnietion du couvent, les Capucins habitèrent une maison voisine. Le produit de leurs quêtes, péniblement amassé, faisait seul face à la dépense, ce qui explique la lenteur de la construction, et le retard apporté à celle de l'église qui ne put commencer

qu*ean42. La pénurie du trésor n'avait pu permettre de leur pajv, depuis sept ans » la rétribution annuelle de 300 livres qui tear était allouée par la marine pour dire la messe et adnûaistrer les sacrements aux habitants du quartier de PontaiA)u.1ls desservaient, il est vrai, la chapelle de l'amiral, et deiaient recevoir, pour ce service, le même traitement que hB autres aumôniers de la marine ; mais il y a lieu de croire 9» ee traitement fut irrégulièrement perçu. La première pierre de Tégiise, dédiée à saint Antoine de Padoue, fut posée kî\ février •I7i2 par Duguay-Trouin , commandant de la marioe, par dame Jeanne-Louise Dumains, comtesse d* Grogne; et par l'abbé Madec , recteur de la paroisse de Saint- Merre-Quil^'gnon. Les trois plaques de plomb, commémora- Uies de cette cérémonie, trouvées comme celle qu'avait posée Vsuban, dans les terrains déblayés en ^839 et 4860 , pour aseeoir les fondations de la seconde partie des ateliers des machines, ont, ainsi que cette dernière, été déposées à la Bibliothèque du port de Brest , par les soins de M. Dehargne , directeur des travaux maritimes.

La construction de Téglise marcha bien plus rapidement qoe celle du couvent , puisqu'au mois d'août 4743 on put y célébrer en grande pompe la fôte de la canonisation de saint Félix, suivie d'une procession pendant laquelle, d'après l'ordre du ministre , on tira le canon. Toutefois , l'église n'était pas terminée à l'intérieur, et elle ne le fut môme qu'assez longtemps après, grÀce aux libéralités de la marine qui fournit, en n39, les boiseries de la sacristie, et, en -174 S, celles du sanctuaire. I..es Capucins se montrèrent reconnaissants de celte bienveillance dans toutes les circonstances, mais particulièrement pendant la cruelle épidémie de ^57-4758. Leur couvent , comme celui des Carmes , fut converti en hôpital. Sa situation sur un plateau dominant le port, et ses beaux jardins aidèrent au rétablissement des malades que l'on y plaça. Le zèle et le dévouement dont ils avaient fait preuve furent

récompensés par une gratîflcation de 4 .000 livres, et, en I77S, le Ministre de la marine consentit à ce qu*il leur fût délivré gratuitement, des magasins du Roi, deux barriques de m ix ville, de son côté, améliora leur situation, en leur aoconhot, le 43 juillet 47G5, une indemnité annuelle de 300 livres pour rétribution de deux Capucins chargés de prêcher la dominicale dans les églises de Saint-Louis et de Saint-Sauveur, souli réserve toutefois que cette subvention ne serait payée qo*ntant que les habitants seraient satisfaits des prédicateurs. Celle allocation cessa en I78i, les ressources de la ville ne permettant pas de la continuer.

Une nouvelle épidémie qui régna à Brest en 4779, snggin à la marine la pensée d*acquérir le couvent pour en faire \ hôpital. Ce projet n'eut pas de suite. Mais, en 4789, les Capocins vendirent au Roi, au prix de 4,000 livres, une partie dei terrains leur appartenant , terrains acquis en vue de dépiger les abords des bassins de Pontaniou.

Sur les dixrsept religieux qui composaient la communauté, le 34 décembre 4790 , deux étaient en mission dans le Levant et en Amérique. Les quinze autres ayant déclaré vouloir rester en France, des pensions proportionnelles à leur Âge leur furent accordées. Après leur départ, ou vendit, au mois de septembre 4791, le mobilier du couvent dont la partie la plus importante était la bibliothèque, composée d'environ 3,000 volumes. Le produit de la vente ne put suffire à Facquitlement des dettes contractées en très grande partie par la maison de Brest pour venir en aide à celle de Quimper, incendiée en 47S5. L'horloge et ses timbres avaient été donnés à Féglise Saint-Sauveur en vertu d*un arrêté du déparlement du 23 juin précédent. Quant, aux édiûces et aux terrains, un décret du 42 mars 4791 les attribua à la marine qui, en 4801, appropria le couvent pour servir de caserne aux apprentis-canonniers. C'est sur Templa* cernent qu'occupaient ce couvent et les jardins y attenant qu'ont été élevés de nos jours les ateliers dont nous avons déjà parlé.

— 3il — S 21. — L'ÉGUSE SAINT- SAUVEUR.

(Voir p. 190.)

L^aecroisseinent de population déterminé à Brest par les tfttiânx qui s'y exécutaient depuis ^667 avait eu pour consé* Vieneede rendre insuffisante la chapelle Notre-Dame de Recoutruee, et une nouvelle église ou chapelle était devenue néces* saire. La fondation en fut préparée par un homme charitable, Tèngay Ellez. Sa sollicitude, toutefois, s'était d*abord portée ter les pauvres. La misère était grande à Recouvrance en 1674. Restés sans emploi après l'achèvement des fortifications exécutées pendant l'automne, bien souvent, l'attestent des documents contemporains , les ouvriers étaient trouvés gisants sur k pavé, morts de faim ou de froid. Ému de ce spectacle, Ellez se dévoua au soulagement de ces malheureux. D'abord il RCoeilUt et soigna les moribonds de ses propres mains dans une maison qu'il acheta et (it meubler. Sa charité croissant en même temps que le nombre de ses hôtes , il fil don de sa maison, par un acte du 28 juillet ^1675, aux habitants de Recouvrance, pour qu'on y établit un hôpital. Cet acte ayant été reconnu nul par le donateur lui-môme^ parce que ceux en bveur desquels il avait été fait n'y avaient pas été représentés, comme il était nécessaire, pour qu'il contint leur acceptation, Ellez le révoqua et le modifia par un acte du 24 septembre 4676 auquel concoururent treize délégués des habitants de Recouvrance. Par le nouvel acte , Ellez donna sa maison et ses dépendances pour servir à quatre prêtres, — l'un d'eux était Jean Pelle, gouverneur de Notre-Dame, — lesquels y vivraient en communauté. Celte maison était des plus modestes. Elle avait 33 pieds de longueur sur ^16 de profondeur, et consistait, au rcz-de chaussée, on une salle, une cuisine et

une pelilc cave sur Icrre ; au-dessus il y avait sept cellules el un oratoire , surmontiSs de greniers ou galetas. Derrière h maison était un petit jardin , et au-devant , une cour ouvrant sur la rue conduisant de la cliapelle Notre-Dame à Péglise Saint-Sauveur. Les quatre prôtrcs acceptèrent la dooaUoa et s'engagèrent, pour eux et leurs successeurs, à vivre en communauté dans cette maison où ils enseigneraient aux enllBnlsIi lecture, l'écriture, la langue bretonne, et où ils exhorteraient, confesseraient et catéchiseraient sans pouvoir, à l'exception de Pelle, en sa qualité de gouverneur de Notre-Dame, prétendre à aucune part dans le casuel des oflBi*^ et scrviees qui seraient célébrés dans la nouvelle chapelle, à moins qn'Os ne fussent requis par les habitants d'y assister. Ils s'obligèrent en outre à loger les pauvres dans la même maison qui, d'après la condition imposée par Ellez, devait leur servir de nouvean d'hôpital si la communauté venait h cesser d'exister, on si li donation n'était pas entièrement observée. Les habitants en disposeraient alors conformément à sa première donation, on s'ils la louaient, le prix de la location reviendrait aux pauvres. L'Évèque de Léon^ en visite à Saint-Renan, approuva, le 'l I octobre 1676, rétablissement de la communauté à laquelle il permit de dire la messe dans une chambre jusqu'à ce qu'une chapelle eut été construite. Celle qui le fut au moyen des aumônes des Gdoles , lentement recueillies , s*éleva sur un terrain contigu à la maison donnée par Ellez el fut dédiée an Saint-Sauveur. Quoique fort petite, — elle avait 65 pieds de longueur sur 25 de largeur, — elle ne put être terminée qu'en 'l 679. L'année suivante, les habitants, qui voyaient déjà en elle leur future église paroissiale , y établirent la confrérie du Rosaire , qui fut autorisée par une bulle pontiflcale , et celle de Saint'Elmc, ou des calfals, qui ne fit jamais régulariser sa situation , et qui semble avoir été une sorte de société de secours mutuels, pratiquant certaines observances religieuses. A ces deux confréries s'ajouta, en 1692, celle des Agonisants

dont les deux premiers marguilHers furent MM. Pierre Floch et Yves Le Gac de l'Armorique» maire de Brest. Le préambule de l'acte de fondation du 30 Juillet -1692 nous apprend qu'en vue de cette fondation , quelques personnes pieuses qui » par humilité , ne voulaient pas se faire connaître , avaient versé entre les mains de M. Le Gac de TArmorique une somme de 4,800 livres qui devait être employée , ainsi que )outes celles qui pourraient lui être données ultérieurement dans le même but, à rachat d'un terrain sur lequel serait construite une maison dont les deux marguilliers, et après eux leurs successeurs à perpétuité , toucheraient les revenus qu'ils appliqueraient à l'acquittement des charges ordinaires et extraordinaires de la confrérie. On ne courrait pas grand risque de se tromper^ pensons-nous, en présentant M. Le Gac de l'Armo* rique , non-seulement comme le promoteur de cette œuvre pieuse, mais encore comme le donateur anonyme qui en facilita l'exécution. Quoi de plus naturel, en effet, que d'attribuer ce double mérite à celui qui, moins de trois mois après, faisait, avec sa femme, le don du terrain nécessaire a la construction de l'hôpital transformé , de nos jours , en atelier de charité ; à celui qui s'associa, lorsqu'il ne les provoqua pas, à tous les actes de bienfaisance accomplis de son temps?

La confrérie des Agonisants s'était imposé la mission d'assister les moribonds. Elle serait desservie par deux prêtres autres que le Recteur de Saint-Pierre-Quilbignon et le Curé do Recouvrance. Ces d(;ux prêtres seraient tenus , l'un aidant et relevant l'aulrc, de visiter une ou deux fois par jour^ les mala* des de Recouvrance qui auraient reçu l'extrême-onction, de se tenir auprès d'eux le jour, et de leur faire, la nuit, une visite ou deux d'une heure lorsqu'ils seraient informés de leur fln prochaine , pour les exhorter , prier Dieu et dire au dernier moment les recommandations de l'àme , sans qu'ils pussent les quitter avant qu'ils eussent expiré. Ils seraient d'ailleurs censés présents , pendant qu'ils seraient près des mourants,

aux oCQccs célébrés à la chapelle Saint-Sauveur, et ils touche* raient la même part d'émoluments que les officiants. Ils se nommeraient Directeurs des Agonisants.

Une fille ou veuve qui , sous aucun prétexte, ne pourrait être employée au service de rh6i)ital, et qu'on nommerait It servante des pauvres^ serait chargée, non-seulement de leur donner tous les soins corporels que réclamerait leur situation, mais encore de visiter tous les Jours les malades pauvres , dans les maisons parriculièrcs, de faire leurlit, d'infonnerde leurs besoins les personnes charitables ; de leur distribuer les aumônes que ces dernières auraient recueillies; d'avertir quand il serait temps de leur administrer les sacrements ; de devanecr le viatique quand il leur serait porté pour que tout fût convenablement disposé à cet effet ; d'aider à ensevelir les pauvres; de rendre enûn tous les bons offices en son pouvoir pour aider les directeurs des agonisants à leur assurer une bonne mort. Nommés au prône de la messe paroissiale par le Recteur et les habitants de Recouvrance qui pourraient le révoquer ou les remplacer quand bon leur semblerait , les directeurs des agonisants et la servante des pauvres recevraient annuellement, chacun, une somme de 400 livres, et si la maison ne produisait pas un revenu de 300 livres, celui qui serait perçu serait parlagé par tiers.

l^ar l'acte dont nous venons de rapporter les principales dispositions , MM. Le Gac de l'Armorique et Floch , pour faire emploi du don de 1,800 livres , achetèrent un terrain de 42 pieds de face dans le petit champ et le bois de Kerbézom , ainsi que dans le pré au bas, à prendre depuis le coin du surplus du terrain vers le ruisseau de la fontaine de Prat-ar- (iudran, en tirant vers la porte de la ville et le corps-de-gardc Fur la rue projeléc. 300 livres furent pajées comptant , et comme il fallait réserver les l,rjoo livres restant pour la construction de la maison , les deux marguilliers s'obligèrent à payer une rente foncière rachetabic au denier 20.

— 3iô —

Une quatrième confrérie fut érigée \S ans plus tard. C'était eelle du saint nom de Jésus , autorisée le 30 septembre n^O par l'Évéque de Léon , et desservie sur l'autel situé au milieu de la chapelle, du côté du midi, autel qui était dédié h la Trës-Sainte-Trinité , et qui désormais porta le nom d'autel de Jésus. Les membres de la confrérie s*obIigèrent à faire eélébrer sur cet autel, le second dimanche de chaque mois, une messe à chant ^ et à suivre, en chantant les litanies de Jésus , la procession qui se ferait à l'issue des Vêpres.

L'institution des quatre confréries desservies à Saint- Saaveur attestait chez les habitants de Recouvrance une piété qui causait une grande joie à l'abbé Madec , recteur de Saint- Pierre-Quiibignon ; mais sa joie était troublée par l'incessante pensée de l'insufiQsance de la chapelle. L'augmentation de la population n'avait pas tardé à démontrer la nécessité d'agrandir cette chapelle et d*y annexer un cimetière. On essaya, en 4685, de pourvoir au premier de ces besoins. La chapelle était alors fermée, du côté du nord, par une muraille le long de laquelle étaient des accoudoirs se touchant les uns les autres , muraille qui fut remplacée par trois arcades formant une aile. Toutefois , on n'atteignit pas le but qu'on s'était proposé , ces arcades^ établies pour soutenir les voûtes , ayant eu pour résultat de rétrécir encore la chapelle. l>e nouveaux travaux exécutés en vertu de lettres-patentes de -1690 ne remédièrent que très imparfaitement à ce fâcheux état de choses. Le besoin d'une église plus spacieuse devepant de jour en jour plus urgent, le Recteur de Saint-Pierre- Quilbignon, le Sénéchal du Ch&tel et les principaux habitants de Recouvrance présentèrent au Roi , le -16 mai -1704, une requête où ils exposaient, non sans raison, que, pendant les dix-huit années précédentes, des sommes considérables (plus de -100,000 livres) avaient été levées sur eux, au moyen de l'impôt de 8 livres par tonneau de vins et liqueurs consommés à Recouvrance , impôt dont le produit avait été exclusi- I 25

vcment aiïecté à la construction de l'église Saint-Loui:i de Brest , dont les habitants de Recouvrance ne pouvaient tirer aucune utilité en raison de la situation des lieux. Ils avaient supporté ces charges sans se plaindre^ parce qu'on leur avait toujours fait espérer que, quand le service divin aurait pu être célébré h Saint-Louis, le produit de rimposition des 8 livres sur les boissons consommées des deux côtés de la ville aurait , par un juste retour^ été appliqué à la construetioo d*une église h Recouvrance. La requête ajoutait que l'égltse Saint-Louis était terminée ; que le service divin s'y célébrait depuis le commencement de novembre ^1 702, et qu'il ne restait plus à y exécuter que les travaux d'embellissement et d'oroemcntation dont la dépense pourrait facilement se prélever sur ses revenus certains et casucls.

Le désir exprimé dans cette requête était légitime , mais U se produisait dans un moment bien inopportun. La communauté, grevée de dettes^ éluda l'exécution de l'arrêt du Conseil du ^15 juillet noi qui avait autorisé la continuation de la levée du droit de 8 livres applicable à la construction d*une église à Recouvrance. Malgré sa ténacité à poursuivre la réalisation de ses projets, l'abbé Madec dut se résigner à subir la loi de la nécessité. La situation financière de la ville le commandait impérieusement. Lorsqu'il mourut , à l'âge de 80 ans, le ^9 mai ^749, il fut inhumé, non pas dans Téglise dont il avait si ardemment tenté d'obtenir la construction , mais dans l'humble chapelle de Saint - Sauveur, dont l'état exigeait alors de promptes et grandes réparations. Son successeur, M. Slcun, reprit son projet qui, entravé par des mécomptes et des obstacles qu*il serait trop long d'énumérer ici, ne reçut sa complète exécution qu'en -1749.

Dès que Téglise fut terminée , la population émit le vœu qu'elle devînt paroissiale. L'abbé Grallon de Chambellan, vicaire-général de Léon, fit les informations voulues en pareil cas, et son décret du 16 mai i750 ayant clé approuvé le ^6

du môme mois par Me^ Gouyon de Vaudurant, Tcglise de SaÎQt-Sauveur fut érigée od cure et église paroissiale, séparée •cl iudépendante de celle de Sainl-Pierre-Quilbignon. Ses limites furent déterminées, du côté de la campagne jusques el y compris les murs , douves , fossés , chemin couvert , barrières et autres ouvrages de l'enceinte, et de l'autre côté, jusqu'au bras de mer formant le port. La fôte patronale fut fixée au G août^ jour de la Transûguration de Noire-Seigneur. En mémoire de l'ancienne supériorité de l'église de Saint- Pierre*Quilbignon sur celle de Saint-Sauveur, te Recteur de Saint-Pierre aurait le droit de faire personnellement , mais non autrement, l'office à Saint-Sauveur, le premier dimanche Bfrès la fête patronale de cette église , et le Recteur de Saint- Sauveur serait tenu de lui payer, ce jour-là, une somme de 6 livres , comme la fabrique serait obligée de payer la même somme à celle de Saint- Pierre -Quilbignon. Les lettrespatentes du mois de juin HjO, enregistrées au Parlement de Bretagne, approuvèrent l'érection ci-dessus aux conditions déterminées par l'ordonnance épiscopale.

A la révolution cette église fut fermée. Se conformant à l'arrêté des représentants du peuple pris , la veille , à la demande de la société populaire, le Conseil municipal arrêta, le r' pluviôse an H , que quatre commissaires nommés par lui , assisteraient le lendemain , pour le maintien du bon ordre , à l'enlèvement des statues de l'église , et feraient procéder à la démolition du calvaire voisin de l'église. Quand le calme fut rétabli , 1 église fut rendue à sa destination.

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