SUBSISTANCES DE LA BIABINE
(Voir p. 145.)
Le parc des subsistances de la marine , où l'on entre par une porte établie sur le quai de Recouvrance , se compose
d'une suite de vajstes édifices séparés, par une chaussée, d'un large quai où se déposent les combustibles que consomme la préparation des denrées nécessaires à Talimentation des marins et soldats à terre , des équipages embarqués , des hôpitaux , etc. Ces édifices sont : ^® un corps de bâtiments dit boulangerie des quatorze fours, à l'angle sud duquel se trouve la cour Wander , ainsi nommée parce que M. Wander- Brocq, envoyé à Brest par M. de Castries, à la fin de ^786 , pour y appliquer ses procédés de mouture et de conservation des grains y construisit un magasin dans cette cour, répara les quatorze fours et exhaussa les combles de dix greniers, de manière qu'ils pussent contenir les 423,000 quintaux de blé alors nécessaires à la consommation annuelle du port de Brest : 2<^ un second b&timent contenant onze fours ; a"" la boulangerie des 20 fours ; 4*" un abattoir ; 5"^ deux corps de b&timents servant à renfermer les salaisons , conserves , légumes et aliments frais. Le plus au sud est désigné sous le nom de magasin incendié H).
Le premier corps de b&timenls occupe l'emplacement sur lequel avait été construite , en 4672 , la boulangerie de douze fours et six soutes , incendiée le 20 février 4763, et reconstruite de 4768 à 4770, par Choquet de LIodu, qui y établit 44 fours. Les cinq travées du rez-de-chaussée comprennent, outre les fours, le magasin des vivres de retour et la salle , soit de recette , soit de remise des farines , du biscuit, etc., avec un magasin et Tatelier de la tonnellerie. Au premier étage sont les bureaux du commissariat , et dans le prolon-
(1) Ce magasin fut brûlé le 6 avril 1783. En face, il y avait un approvisiouoement considérable de fagots qui n'en était séparé que par la chaussée , et au-dessus était la poudrière. Ce sinistre causa une terreur générale, d'autant plus fondée qu'un dépôt attenant au magasin renfermait vingt kmrils de poudre , et que les flammes pouvaient gagner tout à la fois les fagots et la poudrière. Entretenu par les huiles et les eaux-de-vie que contenait le magasin, le feu ne put élre complètement éteint que le 18 avril.
gemcnt, des magasins à blés; le second étage contient te magasins de farine d'armement, et des dépôts, soit de biaeint de journalier, soit de machemoure. Le troisième étage seit de dépôt de caisses et ustensiles. A Tangle S.>0. de ce bâtiment est la cour Wander où Ton voit deux ateUers servant à la fabrication de la choucroute et de Toseille confites, pois deux magasins contenant les denrées en état d'être livrées , enfin, un magasin pouvant renfermer 40,000 fromages.
Lorsque Cboquet de Lindu reconstruisit les -1 4 fours dont nous venons déparier, il en établit 44 nouveaux dans le corps de bâtiments qui forme le prolongement du précédent et qu'occupaient alors des magasins aux vins. Le rez-de-cbaossée de ce second b&timent est occupé par ces 41 fours , des magasins pour les sons et basses fannes , un atelier de tonnellerie et un moulin à vapeur, mû par une machine de la force de 25 chevaux, faisant fonctionner six paires de meules à l'anglaise , ainsi que les appareils recevant la mouture du premier étage et les blutteries et appareils de nettoyage répartis entre les étages supérieurs. Dans les autres parties de ces étages, on voit encore des magasins à blés, à farines do journalier, une chambre pour rafraîchir les farines , et les bureaux de Tinspection. A Textrémité de la boulangerie des onze fours, un concessionnaire, M. Holcrofl, avait établi un moulin à vapeur qu'il a rétrocédé en 1844 à la marine, laquelle a alors installé le reste du bâtiment de manière à rapproprier au nouvel usage qu'en fait le service des subsistances.
Des vingt fours qui occupent le rez-de-chaussée du troisième corps de bâtiments construit, en 4764, par Choquet de Lindu , et contigu au précédent , six ont été établis en 4843 et deux autres en 4815 , d'après le système de M. Lespinasse , en usage dans la manutention du quai de Bllly, à Paris. Ils sont placés dans la partie nord de Tédiflce où l'on a introduit en même temps le mode de fabrication du biscuit.
au moyen d'un appareil de rinvention de H. Aubouio. Cet appareil se compose de deux machines à vapeur de 44 chevaux, à haute pression sans délente ni condensation ; de deux ehaudières dont une à bouilleurs verticaux, suivant le système de M. Beslay; et d'un système d'arbres de couche et de poulies pour la transmission du mouvement. La machine à préparer la p&te comprend quatre pétrins ou deux paires de cuves accouplées , servant , la première paire à fraser la pâte , la seconde à achever de la pétrir ; enfin , un ensemble de rouleaux cylindriques pour comprimer cette p&te en nappes et un^coupe-pÀte circulaire continu dont chaque révolution découpe 20 galettes. Des planches placées sur un chemin de fer reçoivent les galettes qui tombent du rouleau et sont immédiatement introduites dans les fours dont chacun peut en contenir 580. De ces diverses opérations, celles du frasage et du pétrissage demandent chacune vingt - cinq minutes, la transformation de la p&te en galettes dix minutes , et leur cuisson trente minutes , de sorte qu'en une heure et demie, à partir du premier travail préparatoire , 580 galettes sortent de chaque four d'où elles sont transportées au moyen d'un tiroHsac , mû par la machine elle-même , à Tétage supérieur où sont les soutes à biscuit, la paneterie et un magasin à farines pour la consommation journalière. Les étages supérieurs renferment encore des soutes à biscuit et un magasin pour les légumes secs.
Après la boulangerie des vingt fours se présente l'abattoir qui en est isolé ainsi que du grand magasin aux salaisons et légumes. 11 a été construit en 4836. Les bestiaux y arrivent^ sans traverser la ville ni les quais, par une rampe ayant sa porte d'entrée sur les remparts de Recouvrance. Cet abattoir, où l'on peut abattre au moins huit bœufs à la fois, est pourvu de tous les crics et ustensiles nécessaires pour préparer et dépecer les animaux abattus , et de nombreux robinets de lavage permettent d'y entretenir une propreté constante. Plu-
siears étables disposées autour de l'abattoir et une boQcherie proprement dite complètent cet établissement. Les étables peuvent contenir 21 bœufs, et la boucherie , avec ses dépendances, est pourvue de tous les ustensiles nécessaires poor la distribution de la viande aux b&liments et établissements.
Les deux derniers magasins, probablement les plus aodeDs édifices du port , renferment les salaisons^ les conserves, lei aliments légers et les légumes qu'on tire de Dunkerque , de l'Anjou , de Rayonne , de la Hollande et de l'Espagne.
Sur la partie du quai faisant face à ces deux magasins , on a formé le projet d'établir un b&timent qui contiendrait , aa rez-de-chaussée , des caves pour le vin de journalier et de campagne , et aux trois étages supérieurs , des magasins pour les futailles vides , les ustensiles et les blés. Si ce projet est exécuté , il permettra de centraliser et d'activer encore plus le service des vivres quanta la recelte, Temmagasinement et la délivrance des liquides , renfermés dans les caves de Tanse de la tonnellerie , située à une grande distance sur l'autre rive du port.
On peut 66 faire une juste idée de l'importance du service des subsistances de la marine , quand on sait que les magasins que nous venons de mentionner peuvent contenir, dans de bonnes conditions de conservation , -1,800,000 kilogrammes ou 23,370 hectolitres de blés ; que le port de Brest en consomme annuellement environ 3,000,000 de kilogrammes ou 40,200 hectolitres ; que le moulin produit, par 24 heures, -15,000 kilogrammes de farines en temps ordinaire, et 20,000 au maximum, soit -17,500 en moyenne ; que Ton peut cuire par jour 44,250 kilogrammes de pain ou 55,000 rations de 750 grammes, chaque pain de 0,500 contenant deux rations; qu'cnOn, la production du biscuit, par 24 heures, est d'environ 6,000 kilogrammes , ou -14,000 rations de 550 grammes.