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MUSÉE D'HISTOIRE NATURELLE

(Voir p. i48.)

En 4694 , sur la demande de M. Desclouzeaux , il avait été établi entre la cour de l'hôpital et la corderie neuve , un jardin aux simples^ divisé en trois terrasses, pour la culture des plantes usuelles qui seraient employées à Tbôpital. En 4736, ces terrasses s'étant écroulées en partie et menaçant d'écraser la corderie , on rétablit (1738) le jardin qui fut disposé de manière à être approprié à de nouvelles cultures.

II. du Fay expédia de Paris , dans ce but , des graines et des plants tirés du jardin du Roi. Buffon ayant fait un nouvel envoi en -1742 9 on eut ainsi un embryon de jardin botanique où un professeur commença à faire le cours prescrit par le règlement du 44 janvier 4740, qui avait créé Técole d*anato«* mie, cours dans lequel il exposait les propriétés et le mode d'emploi de plantes cultivées sous sa direction. En. 4760» M. Berryer, ministre de la marine^ supprima le jardin et prescrivit d'en laisser la jouissance aux religieux de la Cbarité qui desservaient l'hôpital , et qui eurent la liberté de continuer ou de ne pas continuer remploi du jardinier/ comme de cultiver telles plantes qu'il leur plairait. Cette lacune importante dans renseignement de Técole détermina M. de Courccllcs à demander, en 4763, le rétablissement da cours supprimé trois ans auparavant ; mais, comme le jardin était mal situé et trop petit pour qu'on pût y cultiver, sans confusion , toutes les plantes dont on avait besoin , il demanda qu'un terrain convenable fût loué ou acheté dans le voisinage , et qu'un jardinier y fût attaché. Ce ne fut qu'en 4768 que la première partie de ses demandes fut accueillie. Le 4" mars, le ministre prescrivit de faire un cours de botanique, et, le 23 juillet, il approuva le bail d'un jardin potir la culture des plantes , et d'une maison où elles seraient déposées et feraient l'objet d'un cours. Ce jardin et d'autres terrains adjacents nécessaires à son agrandissement, situés au quartier de Lanouron, furent tenus à loyer jusqu'en 4785 que la marine les acheta des héritiers Le Bris du Humain et Testard , au prix de 35,404 livres 48 sols. On construisit alors une orangerie et une serre chaude. De nouvelles acquisitions, consenties , le 31 décembre 4816, par les héritiers Picaud pour 32,077 livres 42 sols, et par M. Riverieulx pour 44,926 francs 58 centimes, ont permis d'accroître successivement le jardin qui, depuis 4709, a été cultivé par MM. Laurent , père et fils , Noël et Paugam.

Si , d'un côié , on peut regretter que le jardia ne goit pas ^ plaio-pied, on ne peut méconnaître , d'un autre côté, que sa disposition en terrasses lui donne un aspect plus pittoresque. Les deux terrasses inférieures sont consacrées à la classification botanique des plantes médicinales et autres , d'après la méthode de M. Âd. Brongniart. La troisième^ beaucoup plus petite que les deux autres^ contient un arrangement des principaux genres de plantes d'après le système sexuel de Linnée. En [outre des végétaux ainsi classés métbodiquement pour l'étude de la botanique^ le jardin offre une foule de plantes et d'aitres d'agrément disposés avec tout l'art du jardinier paysagiste, et qui font de cet établissement, non-seulement un lieu d'instruction pour les officiers de santé et les élèves de l'école, mais encore une promenade agréable pour les officiers malades et les nombreux visiteurs qu'attire la réputation méritée de l'hôpital de la marine.

Le climat de Brest , en raison du très rare abaissement de la température au-dessous de zéro, est particulièrement favorable aux tentatives d'acclimatation de certaines espèces exotiques. Les essais ont souvent été couronnés de succès , et une foule de végétaux du Japon et de la Chine^ de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande , du Cap , de Van-Diémen , des deux Amériques, se sont développés en pleine l^re ; quelquesuns môme y fleurissent et fructifient. On y renKirque encore plusieurs palmiers et une collection des conifères les plus célèbres , tels que cryptomeiHa , taxodium^ secoya^ araucaria , etc.

Des serres servent à la conservation des plantes qui ne peuvent vivre sous notre climat pendant l'hiver, ou qui ont même toujours besoin d'une température supérieure à celle de nos étés moyens. Elles se divisent en serres froides ou orangeries, en serres tempérées et en serres chaudes, où se trouvent réunis les types des principaux genres caractéristiques de la végétation tropicale, rangés avec un goût artistique

tel qu'on se croirait dans quelque coin d*une forêt de la zôoe torride. Toutefois , ces serres laissent beaucoup à désirer, tant sous le rapport de leurs dimensions que sous celui de feur construction tout-à-fait défectueuse. L'extension de terrain que la marine a obtenue au nord du jardin a permis l'agrandissement , en cours d'exécution , du Jardin , et fait espérer le prochain déplacement des serres qui pourront alors être reconstruites sur un plan plus en harmonie avec les connaissances modernes , et de manière à contenir , comme à permettre de développer, en plus grand nombre, les plantes exotiques que l'école de Brest est si bien placée pour recevoir de nos colonies tropicales.

Au jardin est annexé un musée où la botanique, la zoologie et la minéralogie sont représentées. La galerie consacrée à la botanique contient une riche collection d'échantillons bien choisis des divers organes des végétaux, ce qui permet d'étudier en tout temps la morphologie végétale. Elle possède, en outre, un immense herbier où l'on trouve non -seulement les plantes d'Europe , mais encore celles des principales parties du monde , recueillies par les médecins et les pharmaciens de la marine dans leurs laborieuses navigations.

La collection zoologique a été commencée pendant l'hiver de 4788 à n89. Les grands froids de cet hiver avaient amené aux environs de Brest beaucoup d'espèces d'oiseaux qu'on n'y observe qu'à de longs intervalles , telles que les outardes, les cygnes , les spatules , plusieurs espèces de canards , des hurles , etc. Ce fut l'apparition de ces oiseaux qui suggéra à MM. Dubreuil, premier médecin en chef, et Billard, premier chirurgien en chef, la pensée de créer une collection. Mais les moyens Imparfaits de taxidermie qu'on employa n'assurèrent pas une longue conservation aux individus primitivement rassemblés, et il n'en reste qu'une grande outarde en fort mauvais état. Pendant plusieurs années, une seule salle contint ce commencement de collection ; c'est celle qui forme

l'entrée du musée. A la paix, les nombreux voyages que firent nos bâtiments dans les diverses parties du monde enrichirent le musée, par suite des dons des officiers de santé et de vaisseau. En -1824, on ajouta une seconde salle que rendirent bientôt insuffisante les envois du muséum de Paris et les offrandes privées. Lors de la construction de Thôpital , deux galeries nouvelles furent établies. Dès qu'elles furent prises, M. Léonard , pharmacien professeur, chargé alors du musée (4834) demanda à M. Foullioy, président du conseil de santé, le concours de plusieurs personnes pour le classement des collections. M. Crouan , atné , pharmacien civil et naturaliste des plus distingués , se chargea de la détermination des mollusques, et M. Paugam, aujourd'hui jardinier botam*ste en chef , de celle des mammifères , des oiseaux , des reptiles et des poissons ; M. Langonné , pharmacien de la marine, disposa les échantillons de minéralogie, formant le noyau alors fort restreint de la belle collection actuelle. En -1843, M. Âd. Vincent, pharmacien professeur, conçut un projet d'installation des galeries de botanique , de minéralogie et de géologie. Ce projet, approuvé par M. Foullioy, fut réalisé , sous la direction de son auteur, par MM. Ed. Vincent et G. Cuzent , pharmaciens de la marine , après deux années de travaux préparatoires. Lt' ne s'est pas bornée la sollicitude de M. Ad. Vincent pour le musée. Par ses dons personnels, comme par sa vigilante attention à procurer de judicieuses acquisitions , il est, à bien dire, le créateur de la collection de minéralogie et de géologie qui , avant lui , se bornait à quelques échantillons contenus dans une montre. En -1858, les galeries avaient besoin d'urgentes réparations. Le temps et l'humidité avaient détérioré un grand nombre d'individus des collections zoologiques. M. Lefèvre, directeur du service de santé, ayant obtenu les réparations nécessaires, toutes les collections furent classées de nouveau par les soins de H. Courbon , alors chirur-

gien de 2* classe , sous la direction de M. I^eroy de Méri«court, médecin professeur, chargé du musée de zoologie.

Le musée comprend quatre salles. La première contient « outre des curiosités exotiques de différente^ nattons, «oa collection d'insectes, peu nombreuse , mais bien classée. La seconde, qui est la plusgrandt, renferme les oiseaux, lei reptiles , les poissons et les mollusques* La troisième est consacrée aux mammifères et aux crustacés, et la quatrième à la minéralogie , à la géologie et à la botanique.

En -1663 , Taccroissement des collections a déterminé te ministère à en charger un conservateur, et M. Ed. Brousmiche, ancien chirurgien principal de la marine, a été nommé à ces fonctions.

§ 18. — rORBIE ou BASSIN DE TROULAN

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