‹ Histoire de la ville et du port de BrestChapitre 4 sur 59 · de Dartaritum à Duretic. . . 20 = 4420i · texte numérisé non relu

de Dartaritum à Duretic. . . 20 = 4420i

5* de Duretic à Portus Nannetum 28 = 64 885. 88 = 43, 94 = 4 4

137" 302798, 77 68,44 "ês" Or, la distance effective de Nantes à la côte de Plouguemeau étant d'environ 69 lieues ordinaires , en passant par les points ci-dessus indiqués par M. Bizeul, on peut Jlxer k cette dernière localité la situation de Geso-cribate. Si Ton se borne h compter les distances de Carhaix k Brest cl k Plouguemeau , le résultat est encore en faveur de ce dernier endroit, puisque du point où la route bifurque k Landeraeau, il y a plus de distance jusqu'k Plouguemeau que jusqu'à Brest.

sant est entièrement constatée , et que les distances sont en faveur de ce point de la côte , mais encore parce que cette situation avait dû, plus que toute autre, être choisie par les Romains pour y placer Geso-cribâte (1). A une lieue environ de là est le fort Cézon, auquel de vieux plans et de très anciennes cartes donnent le nom de Ceso, très peu différent, on en conviendra, de celui de Geso^ et très acceptable comme le même , les lettres C et G étant mutables dans la langue celtique. Ce fort, ou tout autre Tavoisinant, dut très vraisemblablement avoir pour premiers auteurs les Romains , qui se seraient bien gardés de laisser sans défense le havre de TAber-Wrach, dont la nature a fait une position par excellence pour s'opposer au débarquement des navires venant du Nord, position telle que Vauban , malgré la création récente du port de Brest , ou plutôt peut-être à cause de cette création, proposait à Seignelay, par sa lettre du 2 septembre 1685, d*y faire des quais et d'y établir quatre batteries de 18 à 20 pièces de gros calibre chacune, pour défendre l'entrée du havre contre une armée na\ale ou de fortes escadres. Placé à l'ouvert de la Manche , l'Aber- Wrach est évidemment plus que Brest appelé à mettre obstacle à une descente. Ce n'est pas tout. A l'entrée de la baie des Anges , sur la rive droite de ce havre , en face du fort Cézon , aurait existé dans l'antiquité la ville de Tolente. M. Miorcec de Kerdanet (Vies des Saints d'Albert le Grand , p. 203) dit, sur la foi de nos plus anciens chroniqueurs , « que cette ville était célè- « bre par la grandeur de son enceinte , la force de ses a remparts et la beauté de son port, d'où elle faisait

(1) Il ne faul pas perdre de Tue que si Porz-Liogan peut, sous le rapport de sa dislance de Carhaix, justifier l'opinion ded'Ânville, on ne saurait le confondre avec Geso-cribate, L'un et l'autre sont mentionnés sur la carte de Peutingcr comme deux localités, distinctes.

r SCS vaisseaux pour toutes les parties de la terre. » San^ doute, Icsi chroniixueiirs ont dû singulièrement exagérer riiuportancc de cette ville ^ dont l'un d'eux, Alain Bouchard (^ 56, V) fait la résidence au MI' siècle, du roi Judikhael et de son épouse, mais avec M< Pol de Coxïvcy {Itinârah^ de Saint-Pd à Bresl^ p, 35)» nous pensons qu*on doit d'autant moins rejeter d'une manière absolue l'existence de Tolenle, que, sur le bord de la route partant de Cartiaîx, « on trouve

■ plusieurs établissements romains, te)s que Voppidma

■ de Kérilicn, la vi/la de Kéradennec, et la colonne mîlbaire de Kcrscao (i), et très vraisemblablement cette voie devait aboutir à Tembouchurc de TAber-

* Wrach, à un établissement encore plus important « que ceux intermédiaires. ^ On le voit, M. de Courcy s*accorde avec M. Bizeul qui , malgré son scepticisme bien connu à Tcndroit des légendes et des traditions , admet rcxistence, à rAber-Wrach, d'un établissement qui a bien pu être Gf^so-evibate. M. de Kerdanet est moins réservé ; il dit nclteraent que le fort Cézon est le Cœsù-cribati* des anciens et que c'était une forteresse et un hameau, (Vi^sfies SainU iVAlbci^t Le C^'^jh/, p. '203,) D'après M, Mioreec de Kerdanet» Yoppidum indiqué par M. de Courcy serait l'antique Occismor. Situé sur le plateau qu'ocmpent, à une lieue et demie de Lesno-

[1)3ll,)liot^cc de KcrJanet meuLjDnne descoiislnictionsromnim^s tl des t>ornos milliatres eotre )e Folgoat cl Plougueroeju. Sur rdk de Kcrscao, placée an hùxà de la vote romaine, à dcu\ kihmf'trt's nrir*! du cbâleau de Penmarcl» » entre ce chAtemi el rirMrgttorncaii» il a lu le nom de r empereur rbude. [Vies tief SainU (VAtbi^t L$ Grand^ p, 32, et Nouvelle Notictf $Mr Notre-Dame du yolgoot tt jTur Ae$ environs ^ p. 3V).) )L S^'^bû^lien Cuia^lrennec a ^gaiement relcu^ coUe inscriplion» cl en a fâil l'oLïjet d'un nrlicle dans le Courrier tfa Brest du 14 août 1842. Le leitle de felle inscription Rcra fcsliiur |inr M. Denis-La garde dnn^ un IrdVail qui doll l*arallw* prochatnemenL

ven , les villages de Kérilien , Coatalec et Kei^roas, il a été, de la part de notre docte ami, l'objet d'explorations dont il a fait connaître les principaux résultais dans sa Notice sur l'ancienne ville d'Oçcismor. Brest, Rozais, 1819, in-18, de 18 p. Des vestiges d'une voie romaine , des médailles à l'effigie des premiers empereurs, des briques entières ou par fragments, des restes de maisons, l'emplacement hypothétique d'un temple, d'un ancien forum, d'un cimetière, et la découverte d'un grand nombre d'urnes renfermant des cendres et des ossements, le portent à croire que la ville dont ces antiquités attestent l'existence, a dû nécessairement être la cité des Ossismiens , à laquelle il donne le nom dVccismor.

M. de Blois, lui, dénie à l'établissement de Kérilien l'importance que lui attribue M. de Kerdanet ; ce qu'il y voit , c'est tout au plus une villa cofisidérable. C'est, croyons -nous, en faire trop bon marché. Un examen des lieux que nous avons fait , au mois de mai 1862, avec MM. Denis-Lagarde, Fleury etMayer, nous en a fait prendre une plus haute idée ; et , sans admettre avec M. de Kerdanet que là ait été une cité, ni que cette cité se soit appelée Occisinor ; sans accueillir ni repousser la qualification d*oppickim dont une exploration plus prolongée que celle que nous avons pu faire démontrerait ou non la justesse , nous ne croyons pas être téméraire en émettant la conjecture que l'établissement en question était une station dont l'existence se serait parfaitement conciliée avec celle de la cité des Ossismiens à Varganium, Carhaix présentait une position , sinon centrale entre la Haute et la Basse - Bretagne , très favorable du moins aux mouvements des troupes qu'il aurait fallu diriger pour contenir ou réprimer, non-seulement la peuplade des

Ossismiens , mais encore celles des Venètes , des Rhedones et des Curiosolites, et de la station de Kérilien Von pouvait , en peu d'heures , se transporter sur tel ou tel point de la côte qui aurait été menacé. La défense par terre et par mer était ainsi assurée. L'adoption , par les Romains , de ce double système de défense ne doit pas être considérée comme inadmissible par M. de Blois lui - même , puisqu'il convient que M. Bizeul a donné une grande apparence de fondement à l'opinion qu'il a développée dans un mémoire , que le Portus Nannehim de la carte de Peutinger, considéré comme Nantes , n'aurait été qu'un port de la peuplade des Nannètes, dont la cité aurait été, dans les terres , à environ dix lieues de distance , c'est-àdire à Blain.

De ce que Geso^ribate n'était pas où est Brest , en conclura-t-on que ce dernier point ne fut pas occupé par les Romains ? Ce serait une conclusion exagérée. Bien des faits nous apprennent journellement qu'ils pénétrèrent jusque dans nos cantons, et l'habileté dont ils faisaient preuve dans le choix des moyens propres à maintenir et à étendre leur autorité, ne permet pas de supposer qu'ils aient négligé d'occuper une position offrant des avantages qu'il est superflu de faire ressortir ici , même en la restreignant à la construction d'une simple forteresse destinée à protéger la retraite de leurs navires. On ne doit sans doute accueillir qu'avec beaucoup de réserve les détails dont les anciens chroniqueurs , notamment Geoffroy de Montmouth {Chronique de Saint-Brieuc dans les Pr. de D. Morice^ t. I", col. 9), ont entouré le récit de la défaite par Maxime , de Imbault ou Jubault , chef des Romains , dans l'Armorique , en 383 ; mais rien ne prouve que ce chef, ou un de ses prédécesseurs.

n'ait pas commencé la construction du château. D'ailleurs , quan4 bien même on rejeterait avec beaucoup de bons esprits la colonisation de TArmorique en 383 , par des Bretons insulaires , venus à la suite de Maxime , il n'y a , ce semble , aucun motif de refuser d'admettre, ou qu'antérieurement à l'arrivée de Maxime , les Romains avaient élevé une forteresse, ou que Conan , lieutenant de l'usurpateur, et investi par lui du commandement de sa conquête, commença (1), pour sa propre défense, des travaux qu'il ne put achever parce que la mort de son chef , en 387, amena la dispersion des troupes cantonnées dans l'Armorique, qui rentra alors sous l'autorité de Valentinien II. Cette restauration de la puissance impériale eut pour conséquence la soumission ou plutôt l'absorption de Conan, dont la personnalité fut désormais effacée , ce qui explique pourquoi l'histoire ne fait plus mention de lui. Libre à chacun d'adopter l'une ou l'autre hypothèse. Quant à nous , la différence des travaux nous porte à croire qu'une partie d'entre eux, la première exécutée , est l'œuvre des Romains , et que Conan les continua, sans pouvoir peut-être les terminer, pendant les quatre années de son commandement éphémère.

Deux découvertes faites , l'une vers la fin du XV? siècle , l'autre dans le cours du XVIII% avaient déjà donné de la consistance aux présomptions en faveur de l'origine romaine du château de Brest. La première

(1) ce Conan, dit d'Argenlré (p. 19, édil. de i588), commença le « fors qu'aujourd'hui on appelle Bresl sur Caprell. » Le P. ToussauU de Sainl-Luc, dans son roman inlilulé : Histoire de Conan Méfiadec, etc, (Paris, Claude Calleville, 1664, petit in-8*), croit qu'il ne fil qu'achever le fort de Brest, commencé par les Romains, et qu'après avoir désigné Gradlon pour son successeur, il mourut h l'âge de i2 ans, W 9 août 389.

est mentionnée en ces termes par le chanoine Moreau (Histoire de la ligue en Bretagne , p. 329-330) : « Environ «ce temps (1597) le sieur de Sourdéac fit refairç une t nouvelle tour du château de Brest depuis ses fondet ments , dans lesquels il fut trouvé une platine de t cuivre, ronde, grande comme une assiette, en forme « de médaille antique , en laquelle étoit écrite , d'un « côté , Juin Canaris , et de l'autre étoit gravée son « effigie. Le dit sieur de Sourdéac la fit remettre deret chef aux fondements de la nouvelle tour avec une « autre platine toute d'argent , en laquelle il fit mettre « le nom du roi Henri IV et le sien , avec ses qualités « et l'année. » Que cette assiette et l'inscription Julii Ccesaris , au génitif, présentent des anomalies avec les usages habituels de la numismatique , rien de mieux. On pourrait néanmoins citer des types exceptionnels qui ne sont pas sans analogie avec l'assiette en question , ce qui laisse croire que la mention du chanoine Moreau , vraie au fond , repose sur une observation mal faite ou mal rapportée , d'autant plus qu'il ne semble pas parler de visu.

L'autre découverte est celle dont parle M. de Gaylus {Recueil d'antiquités, t. VI, p. 378). Après avoir énuméré une foule de monuments romains découverts en Bretagne , il mentionne un vase de terre cuite recueilli , à quelques pieds sous terre , en 1762 , dans un chemin creux auprès de Brest , et renfermant environ 3,000 médailles de bas argent et des empereurs qui ont régné depuis Sévère Alexandre jusqu'à Postume(284-268).

C'étaient là de graves indices de l'occupation de nos cantons par les Romains ; mais rien ne prouvait encore qu'ils eussent construit le château. La lumière commença à se faire pour nous à la lecture du travail publié par M. de la Pilaye, dans le tome V du journal

de V Institut histoi^ique^ sous le titre de : Découvertes archéologiques faites dans VOuest de la France depuis 1830 jusqu'à la fin de 1836. « Une tour du château de « Brest , dit cet archéologue , a conservé le nom de « tour de César ^ parce qu'elle remplace sans doute la « tour romaine érigée en mémoire de la prise de « la dernière ville du peuple armoricain par les « vainqueurs de la Gaule. J'examinai avec l'atten- « tion la plus scrupuleuse toute la forteresse ; je finis « par reconnaître au bas des tours de la porte d'entrée, « du côté de la ville , une muraille romaine , rasée à « fleur de terre, descendant jusqu'au rocher, et dont le « percement encore intact jusqu'à trois ou quatre pieds a de hauteur , conserve ses cordons de briques entre « les assises du minuto lapide, ou pierre de petit appa* « reil. Cette importante découverte , que je fis en 1815, « fixa irrévocablement à Brest le Brivates portus ou a GesO'Cribate des anciens géographes. » Si l'origine attribuée par M. de la Pilaye à la tour dite de César, n'est qu'une hypothèse plus ou moins plausible, et si l'identité qu'il établit entre Brivates portus et Geso-cribate n'est nullement admissible (lui-même s'est rectifié sur ce point dans son mémoire de 1845 , mentionné p. x ci-dessus), il y avait lieu de croire néanmoins que la partie purement archéologique de la question devait être accueillie. Elle nous sembla bien plus admissible encore après l'assertion de deux témoins oculaires , M. Le Gentil de Quélcrn et M. le comte de Blois , le savant et regretté doyen de l'Association bretonne. Tous deux nous affirmèrent , le premier oralement , le second par écrit , qu'ils avaient vu, en 1816 ou 1817, les fondations de la courtine située entre la tour à droite de la porte en entrant et le bastion de Sourdéac, fondations qui étaient alors à découvert au-dessus

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