‹ Histoire de la ville et du port de BrestChapitre 41 sur 59 · S 19. — OBSERVATOIRE DE LA MARINE · texte numérisé non relu

S 19. — OBSERVATOIRE DE LA MARINE

(Voir p. 193.)

Dès 4779, M. Trouille, alors simple dessinateur à la direc* tion des travaux maritimes^ s*était occupé de dresser, d'après les indications de Borda , les plans d'un observatoire sollicité par l'Académie royale de la marine. 11 devait être établi sur le terrain qui fut acheté en -1783; terrain qui, de nos jours, a fait retour au domaine et sur lequel ont été construits le palais de justice , le temple protestant et les maisons adjacentes. A l'observatoire on avait d'abord voulu réunir le« autres établissements scientifiques de la marine ; mais, après dix ans d'attente , et autant de projets présentés, acceptés ou

refusé» , on n*avait encore rien fait, lorsque les représentanla du peuple , en mission à Brest , prirent , le 5 ventôse an 1II| un arrêté portant qu*il serait établi dans le jardin de Tlnten* dance, un observatoire de 25 pieds de hauteur sur -12 de diamètre , avec un toit tournant. Le ministre Truguet , dan» un voyage qu'il fit à Brest , donna la préférence au terrain acquis en n83 , où l'on se borna, en Tan V, à construire un kiosque en bois. Afin de l'isoler , et pour empêcher l'éboulement des terres sur lesquelles il était assis, la marine établit (an X-XI) les murs de soutènement et la rampe qid met en communication la rue d'Aiguillon et le cours Dajot. Le kiosque ne servit que très peu de temps. On ne tarda pas à reconnaître qu'on n'y obtenait point la stabilité voulue pour opérer avec précision, et il fut remplacé par un cabinet situé dans ToraDgerie du jardin de la Préfecture mantime, c'est-à-dire dans le local qu'occupent aujourd'hui les bureaux du commissaire général, des fonds et des revues. Mais l'horizon y était tellement borné que l'on ne pouvait y faire que des observations très incomplètes, au grand déplaisir de M. Maingon , que ses travaux astronomiques avaient fait choisir par M. le préfet maritime CaO'areUl , pour successeur de l'abbé Rochou , premier directeur de l'observatoire. Outre que cet observatoire était insuffisant , il était une cause de gêne pour M. l'intendant Redon qui en demanda le déplacement ou la suppression. On eut un moment la pensée d'en élever un sur la grosse tour du château , celle qu on appelle la tour de Brest , et le consentement du département de la guerre faisait regarder comme certaine l'exécution de ce projet , lorsque s'élevèrent des difficultés qui auraient rendu impossibles les observations nocturnes. M. Guépratte, professeur d'hydrographie et directeur de l'observatoire, se résignant à ne pas tenir compte , par rapport à la méridienne, do la situation du pavillon central des casernes de la marine, M. Trouille employa toutes les ressources de l'art à triom-

pher des obstacles qui semblaient s'opposer à ce qu'on y plaçât l'observatoire.

Par sa construction , par les travaux d'utilité et d'embdlissement que M. Riou-Kerhalet a fait exécuter en ^857 , par sa distribution intérieure et les instruments dont il est pourvu , l'observatoire remplit le but que l'on s'était principalement proposé , assurer le service régulier des chronomètres de la flotte , en créant un intermédiaire indispensable entre les bâtiments armés et le dépôt général des cartes et plans où se centralise le service général des montres marines et des instruments hydrographiques. Les chronomètres déposés sont de quinze en moyenne ; mais ce précieux matériel représente souvent une valeur de plus de 60,000 francs.

Des divers travaux exécutés à l'observatoire , le plus assu- Jétissant est, sans contredit , celui des observations météorologiques qu'on y fait de trois heures en trois heures , de six heures du malin à neuf heures du soir inclusivement , et qui consiste à prendre les indications barométriques , thermométriques , psychrométriques ou hygrométriques ; à noter les directions ou la force du vent , l'état du ciel , la quantité de pluie tombée la nuit et le jour ; enfin ^ tous les phénomènes atmosphériques de la localité.

Tous les jours on signale , du haut de l'observatoire , au moyen d'un pavillon maté pendant trois minutes et subitement abaissé , l'heure précise , temps moyen , à la rade y au port et à la ville.

L'assiduité et la vigilance imposées par son service multiple au directeur de l'observatoire , y Justifieraient son logement. Une autre considération viendrait encore le motiver. Le ciel , à Brest , est fréquemment nuageux et couvert , ce qui rend les observations difllcilcs. Le service ne pourrait donc que gagner à ce qu'une présence plus continue loi [permit de saisir les moments favorables à l'observation.

Chaque mois , Tofflcier directeur de l'observatoire, — e'«l actuellcmenl M. le capitaine de frégate Belleville que ses goùli et son aptitude appelaient naturellement à ces fonctions, — adresse au dépôt général des cartes et plans de la marine rétat des mouvements des chronomètres et de leur marche. De deux mois en deux mois il transmet au même service les observations de marées recueillies par l'agent du maréognphe {Appendice^ ^3\) pour servir à la rédaction de YAnnuairt des maréeSy et de trois mois en trois mois, il envoie les tableau météorologiques à la société de météorologie de Paris qui ki fait imprimer dans le recueil qu'elle publie annuellement.

Situé par 48» 23' 35" de latitude N. ete^" 49' 35" de longitude 0., l'observatoire est élevé de 409 mètres au-dessus du niveau de la mer^ et établi sur une plate-forme d'où l'on découvre le magniflque panorama de la ville , du port , de la rade et de leurs environs, à une assez grande distance , puisque TcBil embrasse les clochers de Lambézellec , de Plougastel , de Crozon et de Guilers.

§ 20. — ANSE SAUPDf.

(Voir .p. i99.)

Ce fut le -16 octobre 4784 seulement que la marine fit l'acquisition de la propriété située sur la rive gauche de la Penfeld , et qu'on nommait bastide de l'anse Saupin , du noo^ de son premier propriétaire, M. Saupin, armateur et fou^ nisseur de bois à la marine , à la fin du XVIP siècle. Il s'était construit une maison en face de l'anse où il déposait une partie de ses bois ; l'autre était emmagasinée dans sa maison de la Grand'Rue n"" 54 , en face de la fontaine Lochoré, dont l'orifice est bouché par une pierre de taille qui se voit

itès de la porte d'entrée du bureau des armements. Avant l'acquérir la bastide et l'anse, la marine les avait tenues à oyer et y avait exploité, de -1762 à HCT, une brasserie remplacée par celle qu'on établit dans Tanse du Moulin-à-Poudre. 3e nouvelles acquisitions effectuées depuis 4784 ont permis l'augmenter successivement les dépendances de cet établissement et d'y construire , sur les plans de M. Pétot , une buanderie appelée à remplacer celle qui existait dans une partie de Tenclos de Poiltanézen. Elle se compose de dépôts pour le linge à blanchir ; de réservoirs pour tremper et préparer les lessives , à la vapeur , suivant divers procédés ; de deux lavoirs couverts et de deux lavoirs en plein air et à eau courante ; d'un atelier d'essorage du linge refermant trois essoreuses ou bydro - extracteurs à force centrifuge; d*un séchoir chauffé par six poêles en fonte, substitué en 48S6 au séchoir primitif à vapeur qui avait cessé de fonctionner ; de séchoirs en plein air ; de citei|ie8, conduites et distributions d*eau pour toutes les parties de rétablissement ; de deux chaudières à vapeur pour le service dçs cuviers; du logement de l'administrateur; de dépôts de bois et autres accessoires.

£n -1 834 et 4 835 , il a été posé dans des terrains rocheux , qu'il a fallu en partie excaver, 3,825 mètres de tuyaux aboutissant à la citerne du combugeage alimentée par les 200,000 litres environ amenés de l'anse Saupin , et les 36,000 provenant de la source de Poulic-al-Léas , amenés également dans celte citerne. Deux machines à vapeur de la force de 8 chevaux chacune, fonctionnant sept à huit heures par^ jour, élèvent 30,000 litres d'eau de ce réservoir à l'hôpital et le surplus à la cuvette du quartier de la marine.

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