ÉCOLE D'HYDROGRAPHIE
(Voir p.^214.)
Par un contrat du ^6 floréal an XI, la marine fit Tacquisilion , pour le prix de 60,000 francs , d'une mafeon avec maisonnette , cour , jardin et autres dépendances , le tout situé à Tangle que formaient alors les rues det la République et de la Rive , redevenues Grande-Rue et quai Tourville* Cette propriété , qui appartenait aux héritiers de M. Blad , commissaire de la marine, occupait, en face du mur de clôture du port , . un terrain de configuration irrégulière et d'environ 270 mètres carrés de superficie. C'est sur cet emplacement qu'a été construit le bâtiment où se font aujourd'hui les cours de l'école d'hydrographie , située en face de la porte d'entrée de Tarsenal du côté de Brest. Derrière cet édifice , on voyait encore ^ il y a quelques années , les restes de la muraille dont nous avons parlé 1. 1®% p. 9-40 et 'ISfl.v
§ 29.— DIRECTION D'ARTILLERIE et DÉPENDANCES.
(Voir p. 214.)
L'incendie du 25 janvier -1^2 eut deux causes qui concoururent à ses déplorables résultats. Un gardien avait placé du bois de démolition dans un poêle éteint , mais conservant
assez de chaleur pour que ce bois eût pu y sécher, pensaUnl. Non loio de ce poêle était une armoire renfermant des papiers et du charbon. Le feu couvait depuis long-temps déjà, lorsqu'une sentinelle , — elle n'appartenait pas à la marine, — ignorante de Tétat des lieux ainsi que des consignes , et persuadée que le feu servait à chauffer des personnes renfer^ mécs dans la salle d'armes , le laissa se propager sans donner l'éveil. Ce fut un calfat , chargé d'une ronde , qui , entre huit et neuf heures du soir, jeta le premier cri d'alarme. Il était trop tard. La construction de l'édifice avait favorisé l'incendie. La salle d'armes ne formait qu'une seule pièce divisée par de simples cloisons, et tout près se trouvaient des matières grasses, des huiles et autres combustibles. Quand on commença à porter des secours, la salle était une fournaise où le matériel qu'elle contenait était en fusion. A -10 heures, tout le bâtiment occupé par la Sainte-Barbe, l'atelier de l'armurerie et la salle d'armes était en feu ; à 1 ^ heures, il ne restait que des ruines. A son arrivée sur le lieu du sinistre, à 9 heures, le Préfet maritime, M. le baron Roussin 0) fit enfoncer les portes. Les pompiers et les nombreux travailleurs accourus pour leur venir en aide , tentèrent , à trois reprises, de pénétrer dans le b&timent embr&sé ; trois fois l'ardeur du feu les contraignit de reculer. Cette ardeur était telle qu'elle se communiquait aux canons bordant le quai , très étroit en cet endroit, et que les travailleurs, réduits à se placer sur ces canons, ne pouvaient supporter la double chaleur à laquelle ils étaient condamnés. Un fait suffirait pour démontrer, à lui seul , le degré d'intensité de Tincendie. Le vaisseau le Diadénie, placé sous le vent du feu , et presque en face, avait été reculé pour le soustraire au danger que faisaient redouter les flammèches projetées sur sa toiture mobile. M. le capitaine d'artillerie Colas, qui s'était
(4) Ce soir-là il y avait grand bal à la pr{»feclurc maritime.
porté avec quelques hommes sur cette toiture pour ]'arroser, y périt de la rupture d'un anévrisme. Les flammes s*élevaieBt à une telle hauteur, que la lueur de Tincendie fut aperçue de Lesneven, à sept lieues de Brest. On y battit la générale parce qu'on crut que le feu était au Folgoat dont les habitants supposant, à leur tour, qu'une ferme éloignée brûlait , se portèrent de son côté. Malgré Tintrépidité des travailleurs, ils ne purent conjurer le désastre ; aucune puissance humaine n'y serait parvenue. Le lendemain , la population consternée contemplait, dans la cour du magasin général , des lingots de mitraille ; seuls débris des richesses que la salle d'armes contenait encore la veille. De ces fusils, de ces armes précieuses qui permettaient de suivre les progrès de rartillerîe depuis plusieurs siècles, il ne restait rien.
Les pertes causées par l'incendie furent évaluées à ^ ,500^000 francs dans lesquels les b&timents consumés ou endommagés entraient pour 430,000 francs. Leur vétusté et leur mauvaise dl^âition en avaient depuis long-temps fait arrêter le remplacement.
Les édifices actuels comprenant la direction proprement dite^ s'étendent depuis la grille de l'arsenal, du côté de Recouvrance , jusqu'aux quatre bassins de Pontaniou. Des anciens édifices, il ne reste que la partie construite, en 4766; par Choquet de Lindu , et comprenant les ateliers de charroè|||(|||^ de la garniture , les magasins des ustensiles et les bureânli^ de la direction. Les deux autres corps de bâtiments contiennent , celui du centre , derrière lequel est placée Ta machine à vapeur, les forges avec l'atelier des tours de l'ajustage ; des magasins, bureaux, etc., et celui du nord^ la Sainte- Barbe, l'armurerie , la salle d'armes et ses dépôts. La salle d'armes , emménagée avec une entente et un goût justement admirés des visiteurs. .
Les affûts, voitures, etc., confectionnés à la directiip d'artillerie , sont déposés dans les mifolh|j|y de Kerval-
Ion (4), sur nie factice. A un kilomètre enviroQ du musoir nord de cette lie est située Tusine de la Villeneuve , placée dans les attributions de la direction d'artillerie et dirigée par un chef de bataillon que secondent deux capitaines. {Appendice^
Lapoudrière de Bordeoave n'est qu'un magasin de dépôt. Il en est tout autrement de celle qui est située à l'entrée du port , sur le plateau appelé la Pointé. JA existe un véritable parc, contenant, à côté de l'observatoire des élèves, Bonseulement une poudrière proprement dite , mais de nombreux b&timents , séparés les uns des autres pour diminuer les chances d'incendie ou d'explosion. C'est là aussi que se trouvent les salles d'artifices , et que se confectionnent les cartouches , gargousses , fusées , feux de Bengale et autres artifices. L'atelier dans lequel se fabrique la poudre fulmi-
(1) Ces magasins avaient été construits , pendant la révolution , par M. Riou-Kerbalét , négociant et armateur. Il avait établi dans l'anse de Kervallou , sur la rive droite de Tarrière-porl, des chantiers de construction , des cales , des quais et débarcadères dont la marine crut devoir demander , plus tard , la suppression. Sa demande, en partie accueillie parle tribunal del" instance de Brest, fut rejetée pour le tout par la cour de Renues , suivant arrêt du 18 mai 1829. Le pourvoi en cassation dirigé contre cet arrêt ne fut |M admis (23 juin 1830). La marine, afin de se soustraire aux conséquences fâcheuses pour elle de ces décisions, se décida à acheter de la famille Riou-Rerhalct , par contrat du 10 mai 1835, au rapport de M' Calohar , les magasins, cales, quais, anse et débarcadères qu'elle réclamait, à la condition d'établir k ses frais une cale qui remplacerait toutes les autres , une clôture de la propriété , et un chemin de 6°»,50 de largeur dont les vendeurs useraient h perpétuité pour la fréquentation de leur propriété.
De Rervallon, un chemin mène k la chapelle Jésus, charmante promenade où une partie de la population se rend les dimanches et jours de fêtes. On gagne aussi celte promenade au moyen d'un bac que la marine a établi pour conduire ses employés à l'Ile factice, et qui reçoit gratuitement tous ceux qui se présentent pour passer d'une rivé à l'autre de la Penfcld.
Dante est à l'extrémité des bâtiments dont il est isolé, comme celui où l'on bat les fusées.
Le parc à boulets pleins est placé sous l'ancien bagne , à la suite du parc à canons.
 ces divers établissements il faut ajouter ceux qui sont affectés ûu service de la direction d'artillerie en dehors du port militaire. Le premier est le polygone qui a été établi, de ^864 à ^863, sur les plans de M. Henry, au N.-O. du cimetière de Recouvrance et près des sources de Trémillau.
La création d'un nouveau polygone , décidée en principe en 4856, avait pour but le remplacement du terrain affecté à cet usage , sur le versant du plateau de Kérango (Recouvrance), terrain loué par la marine et dont le bail devait expirer le 31 décembre 4863. En -1857, une commission fut nommée pour chercher dans les environs de Brest un empla* cément propre à l'établissement de ce polygone auquel on voulait donner une grande portée pour qu'il pût servir au tir des canons rayés. Les opérations de la commission furent longues et difficiles. On comprend, en effet , combien il est malaisé de trouver, dans un pays accidenté et aux environs d'une ville populeuse , un emplacement de 4 ,500 mètres de long au moins, suffisamment plat pour que le dressement ne donne pas lieu à des travaux trop dispendieux , et qui , de plus , n'ait dans son alignement ni route , ni village. Aprèi bien des recherches , la commission ût choix du plateau de Kéranroux , à Recouvrance , à droite de la route du Conquet. Des conférences mixtes furent ouvertes sur cette base ; mais les officiers du génie firent observer que le fort de Kéranroux était placé juste dans l'alignement du polygone dont la butte, très voisine de ce fort, aurait sur lui une vue plongeante , ce qui en compromettrait la défense. Par ces raisons , ils s'opposèrent à rétablissement du polygone dans l'endroit projeté. Ces objections ayant été admises, une nouvelle commission fut nommée en 4 858 , et fit choix d'uQ Il 22
autre emplacement , voisin du premier, mais à droite de la route du Conquet et dirigé de TE. à l'O. en partant du cimetière de Recouvrance. Ce nouvel emplacement présentait quelques inconvénients. D'abord le terrain étant beaucoup plus accidenté que le précédent, il devait en résulter des terrassements infiniment plus dispendieux. De plus, dans la direction du tir et derrière la butte, le pays est complètement découvert sur plusieurs kilomètres de longueur, et > par suite, exposé librement aux projectiles qui viendraient à manquer la butte. Ces objections et quelques autres de moindre importance , auxquelles il est inutile de s'arrêter, n'échappèrent pas à la commission^ mais aucune ne parut assez gra\*e pour qu'on dût repousser le projet. Celui qui fut dressé reçut son exécution de ^861 à^863«
Le nouveau polygone présente une plate-forme rectangulaire élevée ù 75 mètres environ au-dessus du niveau de la mer, ayant 440 mètres de largeur sur 1,150 mètres de longueur. Les 'lOO premiers mètres à partir de l'entrée sont occupés par les b&liments de servitude , savoir : un dépôt d'armements ; un pavillon pour corps-de-garde et logement du garde d'artillerie ; un magasin à poudre, une salle d'artifices , une autre pour fonte de balles ; enfin , une batterie couverte reproduisant exactement les formes et les dimensions de la batterie d'un vaisseau. La voie d'accès est une rampe qui part de la route du Conquet , un peu au-delà du cimetière , s'élève par une pente de 3 p. 0/0, et vient déboucher dans l'axe du polygone, à l'autre extrémité duquel est la butte , ayant ^ 40 mètres de largeur à la base et 90 au sommet sur i8 de hauteur au-dessus de la plateforme. La profondeur de cette butte, dans le sens de l'axe du polygone , est de 60 mètres à la base et de 4 au sommet. Il y a i ,250 mètres de distance entre la batterie et le pied de la butte. La dépense , tant pour les acquisitions de terrains que pour les terrassements , la confection de la butte et la
construction des Mliments de servitude , a été de 830^000 francs. Livré à rartillerie de marine , le V janvier ^864 , le polygone a très peu servi jusqu'à présent. La distance effective du tir, qui est de ^ ,250 mètres, et qui paraissait considérable à l'époque où fut dressé le projet, est regardée comme tout*à-fait insuffisante depuis que Tusage des rayures et des projectiles ù ailettes a étendu à 2 , 3 et 4,000 mètres la portée des bouches à feu. La largeur de 440 mètres semble aussi trop faible. Enfla , on craint que la butte , malgré ses énormes dimensions , ne suffise pas à arrêter les boulets qui, se répandant dans la campagne , donneraient lieu à des accidents, et, dans tous les cas, à des réclamations auxquelles on ne veut pas s'exposer. Bref , le tir du canon a été défendu, et jusqu'à ce moment (janvier 4865j, le polygone n*a servi qu'au tir à la carabine et à celui des mortiers (^).
Les poudrières établies dans la rade et les forts ou batteries qui défendent les deux côtés du goulet sont également affectés au service de la direction d'artillerie de la marine. Les trois vastes poudrières de l'Ile des Morts^ constr uUes sur les plans dressés en 4807 par M. Tarbé de Vauxclairs, répondent à toutes les exigences de leur destination. Celle qu'on voit sur la presqu'île d'Arun , à l'entrée de la rivière du Faou , n'est qu'un dépôt secondaire. Les forts et batteries , appartenant au département de la guerre , mais desservis quant à leur armement et à leur entretien , par la marine ,
(i) Une Société dont M. le vice-amiral, comte de Gueydon, préfet maritiffle, a accepté d'être le président honoraire, vient de se former dans le but de faire du polygone un hippodrome. Grâce au puissant patronage de cet officier général , ardent à saisir toutes les occasions de manifester ses sympathies pour la ville de Brest, la Société obtiendra la jouissance d'un champ de courses qu'elle n*aurait pu, même à grands frais, trouver ou disposer dans d'aussi bonnes conditions, et la dépense à peu près stérile que l'établissement du polygone a occasionnée k la marine deviendra ainsi utile h. la ville.
sont :Vk l'entrée du port , les batteries de la Rose , du Fer à cheval, V Impériale et Caffarelli ; 2* sur la côte nord du goulet , les batteries du Portzic , du Délec » du MingarU, du MinoUj et sur la côte sud : les forts du Corbeau et de VArmorique ; le fort de Lanvéoc , couronnant un mamelon élevé , au centre de la rade , non loin du bourg qui lui a donné son nom ; celui de l'Ile Longue , placé sur un roc escarpé , à l'extrémité nord de cette ile ; le fort de Roscanvel, la batterie de la pointe espagnole , située à l'extrémité nord de la presqu'île de Quélern , et ainsi nommée parce qu'elle a remplacé celle que les Espagnols avaient établie en •1594 ; enfin les batteries Robert, de Comouailie, de Keruignou^ des Capucins, de la Fraternité et de Trémel.