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PHARMACIE CENTRALE

(Voir p. 2i7.)

Cet établissement , annexe du service de sanlé , centralise les opérations relatives , d'une part, aux approvisionnements

ies matières premières, ainsi qu'a la préparation et à la eonservation des médicaments et du matériel de pansement délivrés aqx pharmacies de bord ou des hôpitaux , aux infir-* meries régimentaires et aux ambulances (marine et guerre), •t d'autre part, àila comptabilité de ces matières.

Du hangar actuellement occupé par le dépôt des gendarmes coloniaux à l'ancien séminaire [Appendice^ S^h^^ pharmacie centrale a été transférée, après la suppression du bagne, dans la caserne des gardes-chiourmes, devenue sans emploi) et qui a été parfaitement appropriée par M. Riou-Kerhalet, en ^S58/ ai sa nouvelle destination. Elle se compose d'une longue cour dont un côté est formé par un bâtiment ayant rez-de-chaussée et étage , qui la sépare de la cour arrière du bagne, se terminant par une extrémité à l'hôpital dont les locaux sont limités par un mur à angle droit sur le bâtiment précédent , et se retournant d'équerre à l'autre extrémité pour former le troisième côté de la cour. Sur le quatrième eôté , cette cour longe la rue de la Mairie dont elle n'est séparée que par un mur. Ensuite, se trouve un autre bâtiment ayant également rez-de-chaussée et étage, et enfin, après une interruption de 6 mètres , une série de hangars se prolongeant dans les dépendances de l'hôpital. L'espace entre ces deux corps de bâtiments était primitivement occupé par une large porte donnant sur la rue de la Mairie, porte que M. Riou- Kerhalet avait conservée pour servir tant à l'introduction des matières qu'à l'entrée des personnes allant à la pharmacie , tandis qu'une autre porle, pratiquée dans le mur qui sépare la cour des dépendances de l'hôpital, mettait ce dernier établissement en communication directe avec la pharmacie, €t que toutes les issues sur la cour du bagne étaient fermées. Mais , en ^862, les deux portes dont nous venons de parler ont été condamnées , et il a été pratiqué dans Textrémilé du bâtiment principal opposée à l'hôpital, un passage spécial par lequel s'opèrent actuellement toutes les communications soit

de la ville , soit du port , avec la pharmacie , qui fait ainsi partie intégrante de J'arsenal.

te visiteur qui veut avoir uno idén sommaire de la diâtri* bulioa des locaus.sc préscule par Je corriJor d*cnlnjc et trouve , sur sa droile^ le biliiuent en rctoîjr d*uqucrre , contCDaiitj au rcï-dc-cliausséc , un vaste labocatoire pour les préparations pliarmaceutiques , des dêpdtâ de combuslibles et autres objets d'un usage Wquent. A l'élage sont, d'un c6té, un cabinet de physique , de Tautre , un ampLitheùtrc où .se fout des cours de pharmacie , de cliirnie et de physique m<^dicaJe. U'uprôs uq ordre du préfet maritime , lo proresseur de Tdcole navale impériale chargé, sur le vaisseau le Bonla^ des cours de physique et de chimie, les fait à cet amphithétUlre, et M. le pharmacien en chef met à sa disposition les inslrumenls ainsi que les échantillons de produits chimiques qui peuvent aider & ses démonstrations et rendre ainsi son enseignement plus fructueux. A la suite de l'amphithéâtre so trouvent un cabinet de professeur et une série de salles qui constituaient autrefois l'hOphal du bagne et n^ont point encore re(;u de destination.

5i Ton redescend au rez de-cbauss^e^ et qu'on pénétre par te corridor à gaucho en enlranl, on trouve le cabinet où le pharmacien de première classe chargé du laboratoire de pharmacie tient la comptabilité des matières transformées par ses Êoins ; et près de ce cabinet, une pièce consacrée à la préparation des caui minérales artiilcielIeSj une vaste pilerie et un laboratoire servant aux préparations chimiques- C'est dans ce laboratoire que les Ratières présentées en recette dans les divers services de l'arsenal sont soumises à l'examen le plus alLentif, afin d'éclairer les commissions chargées de se prononcer sur l'admission ou le rejtît de ces matières. Ensuite se présentent douie salles semblables aux deux précédenlcs, et recouvertes, comme elles, par des voùles en berceau très surbaissées , ayant 3°'j^û de hauteur k la clef, et 3

mètres à la naissance. Les murs transversaux qui en supportent la retombée étalent pleins primitivement, mais on les a percés dans le milieu par une série de larges baies, surbaissées également , qui font communiquer les salles entre elles. Les quatre premières servent aux opérations d'emmagasinement provisoire et de comptabilité ; les sept suivantes sont des magasins à médicaments , et la dernière renferme les eaux minérales artificielles. Les autres dépendances de rétabiissement , fort nombreuses , et emménagées avec une entente parfaite de sa destination , permettent de séparer les acides, les corps gras, les approvisionnements de linge à pansement et de charpie , les magasins renfermant le matériel employé dans l'établissement. Enfin, les laboratoires de cbimie et de pharmacie sont desservis par des étuves et un petit hangar avec fourneau établis contre le mur qui longe la rue de la Mairie*

§ 3&. — SCIERIE MÉCANIQUE et POUUERIE.

(Voir p. 217.)

Ces ateliers, situés sur la rive gauche de l'anse de la tonnellerie, à peu près en face de son extrémité S. 0., et couvrant un espace de 3,500 mètres carrés , se composent: 'I'' d'un b&timent principal de ^05 mètres de long sur ^2"'^40 de large, ayant rez-de-chaussée, étage et combles ; 2® d'un hangar à couverture métallique, accolé à la façade antérieure de ce bâtiment, et ayant môme longueur sur ^O^^^OO de large; V d'un hangar annexe de ^1'",20 de long sur 7">,20 de large, acjcolé au milieu de la façade postérieure ; 4** d'un ensemble de fosses disposées sous ces divers établissements:

Vu du quai, Valclier se prcscnîc Oonc sous l'aspect d'un avant-corps asseï profond , à structure entièrement mâlallique, qui précède un bAliinenl en maçonnerie plus éleviS, La façade de cet avant-corps se compose de 27 arcades formées par des tympans ogivaux en Tonlc, évldés avec élégance et soutenus par des colonnes en fonte creuse. Ces arcades sont fermées par des châssis vitrés daas la partie comprise entre les tympans^ et inforieurcmcnt , par un système assez ingiïnieux de portes roulantes. Les deux travées extrêmes de ce hangar sont en maçonnerie , mais disposées sur la façade de manière â rappeler les travées métalliques, La couverture en tOle ondulée 3 avec panneaux vitrés intercalaires , est supportée par un ensemble de poutres et poutrelles en fcr^ d'une grande légèreté, qui sortent des aleïiers de M, nigollct,de Paris.

Le hangar communique avec le rez-de-chaussée du hitimcûl principal pyr de larges arcades de maçonnerie en plein-cinlre » supporlées par des piliers en pierres de l^ber, qui correspondent aux colonnes de la façade métallique. Dans quelques travées , on a dû supprimer un de ces piliers de deux en deux pour permettre rfnslallation do certains engins qui avaient été remarqués h Icxposition universelle de ^S^lo, Les arcades correspondantes sont alors surbaissées et reposent sur les piliers conservés et convenablement renforcés. La façade postérieure du hûtiment et les deux pignons latéraux présentent ï au rei-dc-chaussée, une série d'arcades en plein-cinlre répondant aux ouvertures ogivales du hangar mélallique , et ayant un système de fermeture analogue. Au milieu se trouve le pelît hangar qui fïiit saiilte^ et rappelle , sauf quelques changements dans les dimensions , la disposition du hangar antêrieup. La parlie supérieure du hAlimcnl principal n offre rien de particulier. C'est une construction fort simple , exécutée en matériaux de choix > mais avec une grande sobriété de décoration , comme îl convient à un étahlfssement de ce genrt'.

Disons maintenant quelques mots de raffoctation de ces divers locaux.

Le rez-de-chaussée du bâtiment principal et le hangar antérieur contiennent tous les engins de scierie mécanique proprement dits, tandis que Ton a réuni au premier étage tout ce qui concerne la poulierie. Le' petit hangar du fond renferme la machine à vapeur qui donne le mouvement à l'ensemble des machines , avec ses chaudières. Cet appareil est une ancienne machine marine provenant der Taviso le Rubis. Sur les 60 chevaux qu'elle donne , — il s'agit ici de chevaux nominaux , ce qui équivaut à près de ^80 chevaux vapeur ordinaires , — 40 sont absorbés par l'ensemble des engins de la scierie , et 20 par ceux de la poulierie. Les trois chaudières qui alimentent cette machine et qui proviennent également de la flotte — ce sont celles de Y Ardent,^ sont cbauiTées, au moyen de dispositions particulières, avec la sciure et les copeaux provenant des divers appareils mis en mouvement , en sorte que l'atelier, conformément au principe admis en pareil cas > s'alimente en grande partie par lui-même, le combustible étranger n'entrant dans la consom* mation que pour une proportion relativement très faible. La communication du mouvement se fait au moyen d'un grand volant mû par la machine, sur lequel s'enroulent deux courroies sans fin qui transmettent la rolation à deux arbres dont l'un court dans toute la longueur de l'atelier de la poulierie, tandis que l'autre est situé dans la fosse dont nous allons , dans un Instant , dire quelques mots. Au moyen de simples poulies à embrayage, le mouvement est ensuite donné à l'une quelconque des machines de la poulierie par le premier de ces arbres et de la scierie par le second.

La fosse dont nous venons de parler est une sorte de cave, de 4 mètres de profondeur environ sur 8",50 de largeur, qui règne sous tout le hangar de la scierie dans la partie attenant au bâtiment principal, et pénètre sous la chambre des machi-

nés par une galerie de 3 mètres de large 8ur 47 mètres de long. Oo y descend par les deux extrémités de l'atelier. Elle est divisée en deux travées longitudinales par un rang de colonnes en fonte qui supportent les solives du plancher. Cette fosse sert à loger, d*abord le grand arbre de transmission , puis un petit chemin de fer destiné à la circulation des chariots qui vont , sous chaque scie ou machine à raboter, recueillir la sciure ou les copeaux produits parFappareil, et les élèvent ensuite sur un plan incliné , au moyen d'un système de cordes sans fin, jusqu'à une trappe pratiquée dans te sol de la chambre des machines , où le chauffeur vient s'approvisionner de combustible. Enfin , cette fosse sert encore à recueillir les eaux qui se déversent , par une petite conduite transversale , dans un canal de décharge. Ce dernier reçoit aussi , par l'Intermédiaire d'un aqueduc de ceinture , pour porter le tout à la mer, les eaux des toitures et du sol. L'orifice de ce canal présente un clapet qui ne s'ouvre qu'à marée basse, car la mer s'élève parfois jusqu'à O^JS en contre-bas du sol de l'atelier.

L'atelier de scierie mécanique contient 36 engins , dans le détail desquels il n*est pas possible d'entrer ici. Ce sont de grandes scies de divers systèmes pour débiter les planches ou les pièces d'équarrissage variable depuis les plus faibles jusqu'à quatre-vmgts quatre-vingtièmes, des machines à raboter, à bouveter, à blanchir. Nous citerons seulement, parmi les plus intéressants de ces appareils H"" les grandes scies à chantourner de M. Normand, qui débitent, au moyen de châssis articulés d'une assez grande complication^ mais fort ingénieux, des pièces de très fort équarrissage, suivant des faces gauches ; 2^ la scie à débiter le bois de chauffage , présentant une disposition assez singulière ; 3"^ l'ensemble des machines à bouveter, et surtout à blanchir à la fois les bordagcs sur les quatre faces, pour terminer le travail de la scie. Nous citerons aussi les appareils excessivement simples qui servent à affûter les dents

des scies au moyen de disques en éineri , présentant , sur leur contour, le profil de la dent, et aulmés d'un mouvement de rotation très rapide.

L'atelier de la poulierie auquel on monte par deux esca* liers à vis situés aux deux extrémilés du bâtiment, est une grande salle , fort bien éclairée , où les machines outils sont disposées sur trois rangées parallèles et mises en mouvement par trois lignes d'arbres dont les paliers sont supportés par un système iugénieux de poutres armées très fortes, fixées aux solives du plafond. Le plancher de cet atelier est soutenu par des solives extrêmement rapprochées pour diminuer, autant que possible, les vibrations que l'on n'a pu pourtant empêcher complètement pour certaines machines. On a jugé nécessaire i dans le même but , et aussi à cause du poids considérable qu'il a à supporter, d'en diviser la portée totale en trois travées longitudinales^ par deux rangées de colonnettes en fonte , disposées au rez-de-chaussée.

Cet atelier contient 51 machines qui servent toutes principaiement à deux genres de fabrication^ celle du pouliage, d'une part , et , de l'autre , celle des gournables ou grandes chevilles légèrement coniques, en bois comprimé, qui fixent le bordé des bâtiments à la membrure , au-dessous de la flottaison. Ces appareils sont, pour la plupart, des tours à bois et à métaux , ou de petites scies circulaires ou sans fin. Nous citerons parmi ceux qui attirent le plus l'attention : 'l^ deux machines à façonner les joues des poulies, qui constituent une application nouvelle et fort ingénieuse d'un principe déjà mis en œuvre dans plusieurs appareils , notamment pour la reproduction mécanique des sculptures ; 2** une ii[iachine à mortaiser, assez connue, du reste, par son emploi dans quelques grands ateliers de construction ; 3® les deux appareils servant à la fabrication des gournables, dont le premier donne^ par un système assez élégant de support mobile , une forme conique parfaitement régulière à des pièces à

peine ébauchées, tandis que la seconde est un véritable lami* noir conique qui termine complètement la gouroable, eit môme temps quil la réduit par une compression très énergique , de ^/9 environ de son diamètre. Les chevilles» mises en place de suite ^ constituent, en se détendant , une liaisoa parfaitement étanche «t d'une grande force. Le bois qui se travaille le plus dans cet atelier est le gayac qui présente une dureté excessive et exige des soins particuliers.

Ces détails suffisent pour donner une idée de riinportance de ces ateliers et de rmtérët qu'ils offrent on visi* teur. Aussi , nous ne parlerons ni des locaux ni des engin» accessoires. Nous ne dirons rien non plus des diverses Toiee ferrées établies d'après le même système que celtes des ateliers du plateau des Capucins {Appendice, g 34), et pénétrant dans l'intérieur de celui de la scierie , ou s'arrôtant au pavage , les considérations qui ont déterminé à poser le» unes et les autres étant basées sur l'affectation des diver» appareils employés dans cet atelier et appartenant d'ailleurs à un ordre d'idées trop technique et trop spécial pour qu'il y ait lieu de leur donner place ici.

Ces ateliers ont été construits sur les plans de M. Verrier, exécutés par M. Riou-Kerhalet. L'entrepreneur a été Bl. Tritschler qui a aussi construit la seconde partie des ateliers du plateau des Capucins.

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