‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 159 sur 340 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LE CODEX VALLICELLIANUS ET l'OCTATEUQUE DE TOURS.

Le fameux Codex Vallicellianus est conservé, sous le numéro B. 6, dans la bibliothèque, aujourd'hui sécularisée, de l'Oratoire de Rome. Cette bibliothèque est établie auprès de l'église de Sainte-Marie in Vallicella, dite parfois la Chiesa nuova, où reposent saint Philippe de Neri et Baronius. Le manuscrit a été d'abord appelé Codex Slatianus, du nom d'Achille Statius, Portugais, qui l'a légué à l'Oratoire. Il appartenait encore à Statius lorsqu'il fut mis sous les yeux de la congrégation chargée de publier la Vulgate. C'est un fort beau manuscrit, écrit sur trois colonnes (chose fort rare), d'une écriture fine et serrée. Je n'ai pu jusqu'ici, à mon grand regret, le voir de près, mais, par bonheur, aucun manuscrit n'a été étudié avec plus de précision. Le cardinal Tommasi l'a décrit chapitre par chapitre, avec un soin minutieux. Vercellone, le P. Denifle, M. Wordsworth et M. Corssen en ont collationné des parties considérables, et j'ai sous les yeux la collation de tout le Nouveau Testament, dont je dois la communication à la bienveillance de l'évèque de Salisbury. J'ai en outre fait relever, sur le manuscrit, le texte de tous les passages de l'Ancien Testament qui m'ont paru présenter de l'intérêt. Cette richesse d'informations rendra peut-être moins sensible le défaut d'un examen personnel.

L'ordre des livres de la Bible que nous trouvons dans le Codex Vallicellanius n'est, à ma connaissance, celui d'aucun manuscrit plus ancien. Il y a donc quelque raison de penser que c'est de propos délibéré que les livres de la Bible ont été groupés ainsi. C'est au reste de même que sont disposés les manuscrits de l'école de Tours, à cette seule exception près, que, dans ces derniers, Esther précède Tobie et Judith. C'est, en principe et de loin, l'ordre des plus anciens textes espagnols, mais entièrement transformé par la suppression des diverses classes entre lesquelles on répartissait les livres de la Bible, en sorte que les Prophètes et les cinq livres sapientiaux se sont recherchés et se sont groupés ensemble. La bible d'Alcalâ et les anciens manuscrits français ' établissent une transition insensible entre l'ordre ancien et la disposition nouvelle. Pour la situation respective d'Esther, de Tobie et de Judith, les manuscrits de Tours sont plutôt dans le courant de la tradition ancienne.

Les divers livres de la Bible, à l'exception de Ruth, des Prophètes, de

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