Voyez plus liatil, p i
LE CODEX VALLICELLIANUS. 203
V, 22 : charilas, gaudiitni, pax, longanimitas, patientia, bonitas, henignitas , mansiu'ludo, fuies, modestia, continentia, castitas [= B. N. 1. 3. 47. Monza. Borne 4. Col. t. Graudv. S. Gall To.pauL).
VI, G : qui se cathecizatur, vcrbum (= g\ B. N. 93).
Col., IV, 18 : Gratia Domini Jhesu vobiscum (= B. N. 1. 2. G. 254. paul. Genève 1).
I TiM., V, IG : Si quis fidelis vcl si qua fidelis (voyez p. 159).
HÉBR., XI, 7 : hsercs est institutus effectus (= B. N. 1*. 3. 47. Monza. Berne 4. Grandv. Col. 1. S. Gall 75).
En général, les Épîtres de saint Paul semblent indiquer une double tradition. En effet, elles sont précédées de sommaires dont une partie ne concordent pas avec les chapitres du texte lui-même. Dans tout le Nouveau Testament, les chapitres sont marqués avec une certaine négligence.
Dans les Actes des Apôtres, également, nous trouvons, au milieu de plusieurs mauvaises leçons, une interpolation étrange :
Agt., XX, 14 : Citm autem iavenisset nos [= S. Gall 2. B. N. 2. 4*. 321. 342. Col. 1. paul.).
Ib., 29 : inparcentes g régi (unique).
xxviii, 15 : cîim audissent fratres Appii, occurrei'wit nobis usque ad forum et tribus tabernis (= B. N. 2. 4*).
Le lecteur comprend qu'il y a ici un mot déplacé. Dans un certain nombre de manuscrits, en effet, le mot Appii est omis après forum ' ; dans le plus grand nombre, on lit, comme dans la Vulgate : ad Appii forum. Le mot d'Appii, rétabli en marge de l'original, est rentré dans le texte de notre manuscrit, mais il s'est trompé de place : il en arrive souvent ainsi des bons textes maladroitement interpolés.
En résumé, le texte de la bible de la Vallicellane semble être un assez bon texte, mais contenant, à côté de quelques leçons excellentes et de beaucoup de bonnes leçons, un assez grand nombre de leçons moins bonnes ou mauvaises. C'est un texte inégal, mais dont le premier éditeur paraît avoir recherché avec sincérité la constitution d'un texte pur. L'origine anglo-saxonne de ce texte, pour les Évangiles, ne peut être niée, et il paraît difficile de ne pas reconnaître Tours comme sa patrie. Néanmoins il s'est exercé sur lui une influence étrangère. Notre texte a été interpolé et retouché. Nous y avons souvent constaté deux courants opposés, et le nord de la France nous a semblé le point de départ de l'un de ces courants. Cette observation n'a rien qui nous étonne. En effet, si nous n'avions craint de parler avec trop de précision d'un manuscrit que nous ne connaissons que par des fac-similé, nous aurions dit dès le début de ce chapitre que le Codex Vallicellianus semble écrit dans le nord de la France.
Peut-être pourrons-nous en dire davantage lorsque nous aurons étudié les manuscrits copiés à Tours.
Il faut nommer aussitôt après le Codex ValUcellianus un manuscrit des huit premiers livres de la Bible qui en paraît plus rapproché que tous les autres par son texte. Il est conservé à la bibliothèque de la ville de Tours sous le numéro 10 et il provient de Saint-Martin. Ce manuscrit était dès le moyen âge conservé à Saint-Martin de Tours, et il est certain qu'il y a été copié. Il n'est nullement orné. La paléographie en est toute particulière, et troublée par ce fait, qu'il est écrit de plusieurs mains, la deuxième main étant postérieure à la première ' ; le commencement même n'est pas de la première main "-. L'écriture primitive est une belle et grosse minuscule, que l'on pourrait dater de la fin du viii'' siècle presque aussi bien que du commencement du Ix^ Parmi les signes d'ancienneté qu'on y peut relever, nous remarquons des lierres autour de certains titres courants \ Les premières lignes des Nombres, du Deutéronome et de Josué, et parfois, dans le texte, la première ligne des paragraphes, sont en une belle scmi-onciale, semblable en tout à celle de l'école de Tours, sinon en ce que les n sont le plus souvent minuscules. On doit considérer le manuscrit de l'Octateuque comme un des plus anciens spécimens de la paléographie locale de Tours, et on ne peut plus douter qu'il n'ait été écrit peu après le commencement du ix^ siècle, sensiblement avant les grandes bibles qui montrent la calligraphie de Tours arrivée à son plein développement.
Les sommaires et les chapitres de ce manuscrit sont exactement les mêmes que ceux du Codex ValUcellianus; ce sont, à quelques différences près, les mêmes que ceux des bibles de Tours. Le texte n'est exactement celui d'aucun de nos manuscrits ; il n'a pas les interpolations que nous avons reprochées au Codex ValUcellianus, et dans les passages où le Codex ValUcellianus diffère des bibles de Tours, notre Octateuque est le plus souvent du côté de ces dernières. Mais nous y trouvons quelques leçons très rares, par lesquelles il révèle une certaine parenté, soit avec le Codex ValUcellianus, soit avec de bons manuscrits tels que le Codex OUobonianus. Il faut en particulier noter la leçon de la première main : ipse conlerel capiit luum, Gen. m, 45, leçon aussi rare que bonne et dont le ValUcellianus est l'un des témoins.
Nous allons maintenant aborder la grande famille des bibles copiées à Tours. Elles sont reconnaissables aux caractéristiques bien connues de l'écriture usitée dans l'école fondée par Alcuin. Nous passerons ces ma-
1 . Eu effet, au fol. 345 v°. la 2° colomie a été recommeucée.