LA BIBLK DE MONZA
par le détail de ses leçons que par ses parties extérieures, du groupe des bibles que nous venons d'étudier. Dès les premiers chapitres de la Genèse, une variante très importante : Ipse conterct capiU tuum (Gen., m, 15), attire notre attention. Nous nous souvenons que cette leçon, extrêmement rare dans les manuscrits, ne se retrouve dans aucune autre des bibles de Tours, mais dans l'Octateuque, qui paraît le plus ancien des manuscrits copiés à Tours, et dans le Codex Vallicellianus . La bible de Monza est, de tous les manuscrits, à peu près le seul où celte leçon n'a été ni grattée ni corrigée. De même on voit, en beaucoup d'autres endroits, des leçons intéressantes qui ne sont pas dans la tradition des grandes bibles de Tours ; c'est pourtant à cette tradition que notre manuscrit se conforme à l'ordinaire. Les sommaires et les préfaces présentent aussi de nombreuses différences avec les manuscrits de Tours. Ces différences suffisent môme à nous donner une indication, sinon sur l'origine et sur la date de notre manuscrit, du moins sur les relations de son texte. Contrairement à l'usage de l'école de Tours, les Évangiles n'ont pas de sommaires ; ils sont seulement divisés, par des numéros marqués en marge du texte, en 77, 4-7, 72 et 34- chapitres. Ainsi que M. Corssen l'a fait remarquer, cette division se rapproche de celle des bibles de Zurich et de Berne et c'est, plus exactement encore, celle d'un manuscrit des Évangiles que l'on considère généralement comme écrit à Tours, mais dont l'écriture semi-onciale, en particulier, se distingue à certains égards de l'écriture de Tours : je parle du manuscrit Harl. 2790, qui provient de Nevers. La bible de Monza et les Évangiles de Nevers, également étrangers au beau style paléographique de l'école de Tours, se distinguent par des particularités communes des manuscrits copiés au milieu du ix^ siècle dans l'école de Saint-Martin.
A la fin du livre de Malachie, nous lisons, dans notre manuscrit, une note qu'il faut relever :
Explicit Malachias propheta. Dec gratias. Et illud obsecramus ul oretis pro scriptore si Deum habeatis protectorem.
Cette invocation pour le copiste doit être rapprochée de plusieurs notes semblables énumérées ci-dessus, en particulier de celle qui se lit à la suite de saint Matthieu dans les Évangiles d'Adalbald (B. N. 17227)'.
La Biblia Monzese a fait autorité, dès les temps les plus anciens, dans la petite mais célèbre église de Monza. Un manuscrit du Pentateuque et de Josué, copié au x* siècle, qui est également conservé aux archives de la collégiale (L. |) et qui n'a jamais été achevé, présente également la y Sirianie : Ipse co Ht eret caput luutn (Gen., m, ib). C'en est assez pour que nous puissions affirmer que la bible de Monza lui a servi de modèle.