‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 199 sur 340 · Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, p

LES ÉVANGILES d'ADALBALD. 247

47 fois contre le Codex Vallicellianus ;

37 fois contre le manuscrit B. N. 9385 ;

23 fois, sur 117 passages collationnés seulement, contre les Évangiles de Nancy ;

26 fois contre la bible de Monza ;

23 fois contre les Évangiles de Saint-Corneille (M. Br. add. 11848);

21 fois contre la bible de Zuricb, et 20 fois seulement contre la bible de Bamberg.

Il est donc établi que, des nombreux manuscrits écrits à Tours qui sont connus de nous, ceux dont le texte d'Adalbald se rapproche le plus sont : 1" la bible de Bamberg et celle de Zurich; 2° les Évangiles de Saint-Corneille ; 3"^ la bible de Monza. Ce résultat est pleinement d'accord avec tout ce que nous savons de l'âge de nos manuscrits et de l'ancienneté relative de leurs textes '.

Aussitôt après le manuscrit qui est signé d'Adalbald, nous devons mentionner celui qui ressemble le plus, par sa calligraphie, à la manière classique du célèbre artiste de Tours. Je parle des Évangiles dits de saint Gauzelin, qui sont conservés au trésor de la Cathédrale de Nancy. Ce manuscrit a été parfaitement décrit dans la Monographie de la Cathédrale de Nancy, par M. E. Auguin, qui lui a consacré de fort belles planches. C'est sans doute un des plus beaux manuscrits qui aient jamais été écrits. Il mérite donc un examen pnrticulier.

Je ne parlerai pas de la reliure splendide qui recouvre notre manuscrit. Celui-ci est malheureusement mal entretenu.

Les quatre premières pages forment un cahier à part ; elles sont écrites en capitale rustique, en blanc sur pourpre foncé, dans un cadre de couleurs pourpre bleuâtre, jaune et rouge, fleuronné aux coins.

Fol. 1 (autour d'une figure représentant une sorte de coffre, peut-être l'enveloppe d'un livre) :

Hic liber est vitae, hic fons et origo librorum, Unde fluit quicquid q[uisqu]is in orbe sapit.

1 V® et 2 : Similitudo hominis in eis. Huit distiques :

Additur his hominis vultus venerabilis alm[i].

2 v, le chrisme entre quatre figures paraissant représenter des livres (la lettre L se lit sur celle de droite en haut) :

Quattuor hic rutilant uno de fonte fluentes.

3 v'» (argent, sur deux bandes de pourpre) :

Quattuor hic rutilant uno de fonte fluentes, Matthei, Marci, Lucae libri atque Johannes.

1 . Une main du x* siècle a inscrit entre les lignes du manuscrit d'Adalbald quelques variantes, dont les deux plus intéressantes se retrouvent, un peu variées, dans le manuscrit de Marmoutier (Egerton 609) : Matth., xxi, 17 : docebat eos de rcgno I)ci ; Luc. XXII, 27 : In gentibus qui recumbit. In vobis autem non sic, scd qui ministrai.

Au milieu, dans un losange or et noir', lleuronué aux coins, l'Agneau (eu or teinté de rouge) avec le nimbe croisé et lès instruments de la Passion, entouré d'un cercle en argent. A l'entour, les figures des quatre animaux. Aux angles, en dehors, les ligures des quatre grands prophètes; deux séraphins aux angles de droite et de gauche du losange. Cette peinture est absolument dans le style du manuscrit B. N, 1.

9-1?, canons. Les ornements sont dans le style des manuscrits de Tours.

18 v°, à l'intérieur d'un cadre vert et pourpre, dans une auréole verte, Matthieu, très potit, assis, et l'auge en haut. Entre les deux :

lloc Miitthcus agens hominem generalitcr implet.

Sur les côtés, deux arbres. En haut et en bas, en capitale rustique d'or, cinq vers alexandrins :

Mattheus ex sacro totus spiramine fretus...

Au milieu de l'argument de saint Marc, on voit un double feuillet pourpré cousu après coup au milieu du cahier. On y lit, en blanc, les mots : Quattnor faciès uni et quattnor pcnnx uni, suivis de huit distiques :

Matthei, Marci, Luc;e snnctiquc Joliannis Nos foi-it sceina plura tlialia loqui...

Explicuerunt versus in sanctuin evangelinm Marci féliciter. APNAAAQ IOBI1N0H.

L'ouciale de l'école de Tours, tour à tour d'or, d'argent, rouge et noire, apparaît dans les préliminaires des Évangiles; la semi-onciale de Tours, très grande et très belle, se voit en or, dans la préface de saint Jérôme : ISoviim opus..., en noir dans l'Épitre à Garpien qui suit les canons, et dans les arguments des Évangiles. Le texte est écrit dans la minuscule ordinaire de Tours. On n'y voit pas de divisions, mais les chapitres soat marqués en marge, de la première main. Les sommaires sont les mêmes qu'on voit ordinairement dans les manuscrits de Tours*.

Il n'y a pas beaucoup de manuscrits mieux datés, à tous égards, que celui-ci. C'est, s'il en fut jamais, un produit de l'école de Tours. L'écriture semi-onciale qu'on y admire ressemble, autant qu'il est possible, à la seconde manière d'Adalbald. Une tradition qui paraît digne de foi veut que ce précieux manuscrit ait appartenu à saint Gauzelin, qui fut évèque de Tout de 922 à 9G2. En effet, il a fait partie du trésor qui a été con-

Page 1