‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 198 sur 340 · Édition P. IMper, p · texte numérisé non relu

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que le manuscrit d'Adalbald que nous étudions a été écrit assez longtemps avant les deux autres qui sont signés do lui : l'un de ceux-là, on s'en souvient, n'est pas postérieur à 834.

Frédégise, nous l'avons dit, était dès 807 chargé du gouvernement de l'abbaye de Saint-Martin. Le lecteur n'a pas oublié que Frédégise est, suivant toute probabilité, ce môme Nathanaël qui était le confident de toutes les pensées d'Alcuin et que son maître envoyait, pour la Noël de 801, porter à Charlemagne la bible qu'il avait fait copier pour lui '. Alcuin ne pouvait l'honorer davantage qu'en lui donnant le nom du « véritable Israélite, en qui il n'y avait point de fraude ». On peut croire qu'aussitôt assis sur le siège abbatial de son maître et de son ami, il eut à cœur de reprendre une œuvre qui avait été chère h Alcuin et de former à son tour ses disciples à l'art de copier les livres religieux et particulièrement la Bible. Néanmoins il ne semble pas qu'aucune des grandes bibles de Tours date de son administration. Celles dont nous connaissons la date paraissent avoir été écrites sous ses successeurs, vers les années 840 à 850, mais par les artistes mêmes qui avaient été formés à l'école de Frédégise et d'Adalbald.

Il faudra tenir grand compte, dans l'histoire du développement de la calligraphie de Tours, du manuscrit de l'Octateuque qui est conservé dans la bibliothèque de cette ville, sous le numéro 10*. L'écriture semi-onciale que l'on voit dans ce manuscrit est plus grosse encore que celle où nous reconnaissons la main d'Adalbald ; la minuscule est plus droite et plus grosse que celle d'Adalbald. L'écriture d'Adalbald a du reste assez varié pour que nous n'ayons pas le droit de déclarer que ce manuscrit n'est pas de lui. En tous cas, il ne semble pas que l'Octateuqne soit antérieur à l'époque du célèbre calligraphe. Adalbald a probablement inventé la semi-onciale carolingienne, et il l'a certainement menée à sa perfection. Il est temps d'examiner le texte des Évangiles d'Adalbald. Cette étude ne saurait être trop exacte, car il s'agit du plus ancien manuscrit des Evangiles qui nous ait été conservé parmi ceux qui ont été écrits à Tours.

Pour chercher à reconnaître les affinités du texte d'Adalbald, j'ai choisi, dans les excellentes collations de M. Corssen, IGO passages dans lesquels j'ai comparé la leçon d'Adalbald avec celles d'un certain nombre de manuscrits pris parmi les plus importants. Sur ces IGO passages, notre texte se prononce

103 fois contre la première bible de Charles le Chauve ; 97 fois contre les Évangiles de Lothaire ; 94 fois contre les Évangiles de Saint-Médard ; 86 fois contre le manuscrit Harl. 2788;

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