LES IRLANDAIS EN EUROPE
sans doule au ix^ siècle. Une note, également difficile à lire et à comprendre, qui se lit au folio 100, nomme le copiste :
Ego holcundus mihi trinitas missereator amen Precor uos omnes xpiani ut pro me commonem dm diprecemiai peccatore pium ut ne demergar in pyri flagae baratro sed fiam cum binis exercitibus in bapho ubi habitant thesaredes ter et octoades bis ' uates et eucusi thesera senes et xx. ter. et sex bis ^ discipuli ut uobiscum omnium xpm saiuatorem exoreut diem eglemon epacacon cepoeson ^ ecaton in hoc euim tota agio grapa pastricatur : emanuhel : amen amen.
Le manuscrit de Marmoutier, plus anciennement dérobé à la bibliothèque de Tours, esl demeuré à l'étranger ; il porte au Musée britannique la cote Egerton 609. L'ornementation en est évidemment irlandaise, mais l'écriture ne semble pas avoir rien d'irlandais ; c'est une minuscule très nette, qui ne semble pas du type carolingien ordinaire et que j'aurais cru être du commencement du ix* siècle. M. Thompson la met dans la seconde moitié du ix^ siècle. L'alliance d'une décoration saxonne et d'une écriture qui paraît continentale est faite pour attirer l'attention.
Le troisième manuscrit est encore à Tours ; il y figure sous le numéro 22 à la bibliothèque publique. C'est le volume sur lequel les rois et les princes français prêtaient serment comme chanoines de Saint-Martin, et la formule de ce serment est écrite en lettres d'or, puis imprimée sur les derniers feuillets. Le manuscrit est écrit en entier en onciale d'or, les titres sont en capitale rustique. L'écriture paraît du ix^ siècle : c'est exactement l'onciale des manuscrits copiés à Tours. Les ornements ne comprennent pas d'entrelacs ; les canons sont dans le genre des manuscrits de Tours, quoique sans les lustres et les autres objets qui sont suspendus aux arcades dans ces manuscrits. Jusqu'à preuve du contraire, nous devons croire que ce beau manuscrit n'est pas éloigné d'avoir Tours pour patrie. Le copiste était sans doute Irlandais ou Saxon, quoique admirablement formé à l'écriture française ; au folio 65, une correction de la première main montre le mot aiUem contracté en une sorte d'/i, suivant l'usage des scribes insulaires. M. Wordsworth a relevé la même abréviation en plusieurs passages du manuscrit de Marmoutier. Il n'y a pas lieu de nous étonner de trouver à Tours un scribe saxon, ni un texte irlandais. Près de cent ans plus tard, entre le ix® et le x^ siècle sans doute, nous trouvons le souvenir de saint Patrick très vivant dans cette ville. Le manuscrit 14 de Tours, qui est un Psautier liturgique très probablement copié à Tours (il en a la semi-onciale, mais surtout son contenu trahit son origine), a conservé, avant la « Confession d'AlcuinM), une confessio