‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 71 sur 340 · Bibles de Bamberg et de Zurich, et ms. 110 de Rouen · texte numérisé non relu

Bibles de Bamberg et de Zurich, et ms. 110 de Rouen

à Fleury, puisqu'on en employait les manuscrits à faire des palimpsestes. C'est pourtant de Fleury que nous vient un des textes anciens les plus curieux parmi tous ceux qui nous sont conservés, et l'un des plus espagnols entre tous.

En étudiant les citations de Priscillien, dans ses traités récemment publiés, on sera frappé de l'identité presque absolue du texte de Job dans les écrits de l'hérétique espagnol avec un fragment aujourd'hui égaré, que Sabatier appelle Fragmentum Floriacense. Voici le passage le plus long que nous ayons trouvé à la fois dans le fragment de Fleury et dans Priscillien.

Fragment de Fleury. Priscillien.

Job, XL, 3. Nec putes a te alienum Noli, inquid, abalienare judicium

esse judicium meum, et non sestimes meum, nec œstimes me aliter decre-

me aliter decrevisse, nisi ut tu minus visse, nisi ut tu minus appareas injus-

appareas injustus. ^ Suscipe in te altitu- tus, »sed suscipe altitudinem et virtu-

dinem et virtutem et claritatem et ho- tem et claritalem et honorem induere.

norem induere. " Dimitte angelos irse et ^Relinque angelos irae et omnem in te

omnem injuriosum et superbum extin- injuriosumet superbum extingue. 'Dis-

gue. ^ Sépara a te impies confestim * et rumpe a te impies 'et absconde in

absconde eos omnes in terra, et con- terra, et faciès eorum ignominia reple,

funde faciès eorum ignominia, et redde ®ut sint sine honore, et tune confite-

ilhs. 'Si autem apud te sine honore, beris quoniam potens est dextera mea

tune videbis et confiteberis quoniam salvare te. potens est dextera mea salvare te.

Le fragment de Fleury a donc, grâce à Sabatier qui l'a copié, conservé une partie d'un texte de Job antérieur à saint Jérôme, et tel que l'a connu Priscillien. Un texte analogue existe encore, en extraits, sur les marges d'un seul manuscrit, et ce manuscrit est le Codex golhicus Legionensis *. J'en ai sous les yeux la copie, due à l'obligeance deD. Eloy Diaz Ximenez et du R. P. Denifle. Malheureusement aucun des passages cités par Priscillien ne nous a été conservé par le manuscrit de Léon. Mais il y a tout lieu de penser que ce texte ne diffère pas de celui de Priscillien.

Le livre de Job nous ramène de Fleury à Tours, car nous trouvons dans la bibliothèque de cette ville, sous le numéro 18, un double manuscrit du livre de Job. L'une et l'autre version (elles sont réunies sous la même couverture) sont copiées au xi" siècle; peut-être le premier manuscrit doit-il être daté du xi" au xii° siècle. Au folio 57 V commence la première version du livre de Job par saint Jérôme, c'est-ù-dire la révision de la version ancienne, révision faite par ce Père sur le texte grec. Pendant

1. Sabatier mentionne encore [ad Jod. ii, 9), d'après Joannes (Joachim?) Camerarius, un vêtus exemplar monasterii Dadagiensis, où est conservée une version de Job antérieure à saint Jérôme. Il en donne un extrait caractéristique. Badagium estil Badajoz? Il n'est pas probable que ce soit l?aggio près de Milan.

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