‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 78 sur 340 · LES BIBLES DE SAINT-RIQUIER · texte numérisé non relu

LES BIBLES DE SAINT-RIQUIER

très simple. Le passage qui a été amputé contenait, sur la prière pour les morts, une doctrine qui a paru opposée à celle des Pères : Sic numquam quisquam pro aliquo rogabit. Cette lacune volontaire s'est perpétuée dans tous les textes jusqu'à nos jours, à l'exception de cinq manuscrits. Il ne faudrait pas croire que, pour le reste de la Bible, notre manuscrit ait eu la même influence dominante. Le iv^ livre d'Esdras est la seule partie de la Bible pour laquelle nous puissions prouver que ce manuscrit a servi de modèle aux textes usuels du moyen âge.

Après les livres d'Esdras nous lisons Esther, d'après la Vulgate, Tobie et Judith, d'après l'ancienne version ', et les Machabées, dans la Vulgate. Le texte de Tobie et de Judith est exactement semblable à celui que nous retrouverons dans le manuscrit B. N. 93 ; il diff'ère un peu de celui du manuscrit B. N. 11553 et des manuscrits espagnols. Le livre d'Esther, quoiqu'il suive la Vulgate, a pour titre courant le titre du résumé qui en lient la place dans l'ancienne version : Liber Edisse quod dicitur Hester *.

Le texte des Évangiles est remarquable sans être bon. On y trouve un certain nombre de leçons qui doivent être relevées K Celui des Actes a quelques leçons rares et curieuses plutôt que bonnes \

Dans les Épîtres catholiques, nous remarquons de nouveau la ressemblance avec le texte de Théodulfe qui a plusieurs fois attiré notre attention. Les Épîtres de saint Paul, qui sont mutilées après la première à Timothée, remontent à un texte intéressant, mais qui n'est pas bon ^. Le texte de l'Apocalypse ne paraît ni bon ni remarquable.

Sur les marges du manuscrit, on voit de nombreuses additions en partie grattées et qu'il faut souvent deviner ; les plus anciennes sont d'une main contemporaine, sinon de la main même de l'écrivain. Ces additions représentent, pour la plupart, des leçons semblables à celles que nous trouverons dans les manuscrits de la famille de Théodulfe. Je n'examinerai pas en ce moment l'origine de ces leçons théodulfiennes, et je me bornerai à remarquer que le texte des manuscrits de Théodulfe n'est pas seul représenté sur les marges de notre manuscrit. J'y trouve quelques leçons empruntées ailleurs, et d'autres uniques et singulières, qui sont

1. Liber sermonum Tobi filii Thobihel filii Ananihel... Anno duodecimo regni Nabuchodonosor qui regnavit Assyriis... Voyez ci-dessus, p. 67.

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