METZ
frontières de l'Est parlent, du Rhône à la Meuse, à peu près le même dialecte : il est naturel que les riverains de la Moselle aient reçu leur Bible des bords du Rhône et sans doute, indirectement, des pays visigoths.
Le manuscrit 7 de la bibliothèque de Metz contient la seconde moitié d'une bible, des livres sapientiaux à la fin, ou à peu près. Il est écrit en une belle minuscule qui est presque une semi-onciale et qui remonte probablement au commencement du ix* siècle. L'ordre des livres est à peu près exactement celui du Codex Toletanus. Le texte des Proverbes est très bon, et tel que nous ne le trouvons que dans un très petit nombre de manuscrits, en grande partie espagnols ou méridionaux, en particulier dans le manuscrit B. N. 11553*. Mais, au mdieu du livre de la Sapience, ce texte change de caractère et devient au contraire un texte fortement mêlé, où abondent les passages tirés des anciennes versions *. Malheureusement, notre manuscrit a été corrigé de telle manière, que souvent il est impossible d'en reconnaître le texte primitif. Mais à ce double titre, comme représentant du meilleur texte de la Vulgate et du texte antérieur à saint Jérôme, il éveille le plus vif intérêt. Judith et Tobie nous conservent le texte ancien, tel que nous le trouvons, en particulier, dans le manuscrit B. N. 93 \ Dans les Évangiles, on voit beaucoup de leçons anciennes, malheureusement grattées : plusieurs paraissent irlandaises. Dans les Actes, on devine, sous les grattages, de nombreuses leçons anciennes, qui nous rappellent fréquemment le Book of Armagh. Le sommaire de l'Apocalypse serait un unicum, s'il ne se retrouvait dans le manuscrit d' Armagh. A d'autres endroits, dans les Actes, nous retrouvons les leçons d'un manuscrit de Corbie (B. N. 11533). C'est ainsi que, dans toute son étendue, la France du Nord unit les traditions du Midi aux importations des missionnaires irlandais.