‹ Histoire de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen âgeChapitre 87 sur 340 · CORBIE · texte numérisé non relu

CORBIE

Corbie. A la fin du tome deuxième, on lit une Adbreviatio Chronicx qui se termine pour ainsi dire deux fois :

.... et inde domnus Karolus solus regnum suscepit et Deo protegente gubernat usque in preesentem annum féliciter qui est annus regni ejus XLII imperi autem VllI. *Sunt autem totius summse ab origine mundi anni usque in prsesentem annum MMMM.DCG.LXI. A Hludovico imperatore usque ad Hlotharium filiura anni XXVII. A Hlotario imperatore usque ad Hlotharium filium ejus anni XVIII.

Martianay et les auteurs du Nouveau traité de Diplomatique, ainsi qu'encore M. Wordsworth, ont cru remarquer que l'écriture changeait à l'endroit où j'ai mis un astérisque et ont par conséquent daté le manuscrit de 809. En réalité, nous avons lieu de croire que tout le passage est de la même écriture. C'est donc du règne de Lothaire II (855-869) qu'U faut dater notre manuscrit. Mais il ne faut pas se hâter de dire qu'il a été copié sur un original de l'an 809. La date de 809 n'est pas celle du manuscrit biblique qui a servi de modèle au nôtre, mais uniquement celle de la Chronique. En effet, un autre texte de Y Adbreviatio Chronicse , que M. Delisle a retrouvé dans un manuscrit provenant de la cathédrale de Beauvais et qui paraît écrit sous Louis le Débonnaire, est également daté de 809'.

Le texte de la bible que nous étudions est intéressant comme sont tous les textes antérieurs à la réforme du ix* siècle, et il est mêlé comme sont presque tous les textes de ce temps; il unit de fort bonnes leçons à d'autres qui sont tirées des anciennes versions, mais sans qu'on y trouve, comme dans les bibles du type espagnol, des livres entiers empruntés à ces anciennes versions.

Le Pentateuque paraît avoir un bon texte, quoique avec certaines leçons moins bonnes'. Les livres des Rois n'ont pas les interpolations ordinaires, ou plutôt elles sont ajoutées en marge par une deuxième main qui paraît du X* siècle. On y voit un très petit nombre de leçons mauvaises ou d'interpolations curieuses, que nous ne retrouvons pas toujours ailleurs '.Les Chroniques, qui viennent après les Rois, sont suivies du Psautier « hébraïque)). Les Proverbes et les deux Sapiences ont un texte sans interpolations, et où l'on remarque même l'absence d'un demi-verset qui a été interpolé dans presque tous les manuscrits". Sans que le texte des livres sapientiaux soit en général le même que celui de Théodulfe ou des manuscrits espagnols, on y rencontre certaines leçons qui ne se retrouvent que

1. B. N. 9517. Voyez Le Cabinet des manuscrits, t. III, p. 253.

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