Pline, Hist. nat., rx, 58 (édit. Lemaire
2. Cuvier, Notes ajoutées à la traduction de Pline par Ajasson de Grandsagne.
TEMPS MODERNES
description que Réaumur fit, en 1710, de l'ortie de mer errante ou gelée de mer (la grande méduse rhizostome de Cuvier), porta plusieurs voyageurs et naturalistes, tels que Hans Sloane, le P. Feuillée, Seba, Hill, Kalm, Borlase, Bianchi (Plancus), Baster, Solander et Forster, compagnons de Cook, La Martinière, l’un des compagnons de Lapérouse, Shaw, etc., à s’occuper de ces zoophytes.
Ce n’est qu’à partir de l’an 1800 que s’ouvrit une nouvelle ère pour l’histoire des acalèphes, par les travaux de Péron et Lesueur dans le Voyage de découvertes aux Terres australes. I dans l’Atlas de ce voyage, Lesueur a dessiné et peint avec une pureté de coloris remarquable la méduse panopyra , le beroe macroslomus, la caviera carisochroma , la vellela scaphidia} la porpita '/ giganteci , etc. A la même époque, Cuvier donna l’anatomie de la méduse, que Réaumur avait si bien décrite et qui fut depuis nommée, pour rappeler ce travail, méduse rhizostome de Cuvier. Bory de Saint-Vincent, dans son Voyage dam les quatre principales îles des mers d Afrique (1804), Tdesius, dans son Voyage autour du Monde (1806), Abildgaard, Descourtilz,
' Savigny , etc., fournirent à Cuvier quelques matériaux pour sa classification des acalèphes dans le Règne animal
Les noms de corail (xopâXXtov), de gorgone (yopyovsiov) et d’antipalhe (àvmtaeèç) paraissent avoir été pour la première fois employés par Théophraste et Dioscoride pour designer ces singuliers produits arborescents, cornés ou pierreux, que les pêcheurs retirent souvent du fond de la mer Pour le disciple d’Aristote, pour Théophraste, dans son Livre des Pierres, le corail est une pierre comparable a 1 hématite, a cause de sa belle couleur rouge mais oui croit dan la mer à I, manière |» racine^Xs Z les gorgones seraient des végétaux, semblables au chêne ?pin‘ Dl0ffmde, qui signale le premier l’exisce des antipathes, les compare au corail. « L’antiiathe est, dit-il, une espèce de corail de couleur noire
mais plus rameux'. » Il ajoute que de son temps on appelait le corail lilhodendron , arbre de pierre. Ovide représentait le corail comme une plante flexible ( virnen ), tant qu’il reste sous l’eau, et qui se durcit à l’air et devient pierre au-dessus de l’eau1 2. Cette opinion fut, au dix-septièrne siècle, réfutée par Boccone. Pline connaissait un plus grand nombre de ces corps. Outre les gorgones et les antipathes, il parle d’une pierre de Paros, nommée pore (porus), probablement une espèce de polypier fossile, et de deux autres productions qu’il regarde comme des arbrisseaux de mer et qu il appelle chevelure d Isis (/.sûs crinis) et sourcil gracieux ( charitoblepharon ) ; ce sont probablement des antipathes ramifiés.
L’histoire de ces productions, négligée pendant toute une série de siècles, ne fut reprise que par les botanistes du seizième siècle. Lobel donna, dans sa Plantarum scu slir— pium historia, les figures de six espèces, dont lune, le corail blanc, est la madrepora oculata de Linné ; la seconde, la dendrophyllia ramea de la Méditerranée; la troisième, le corail proprement dit ou corail rouge; la quatrième, une antipathe, et les deux dernières des gorgones. Ces figures ont été reproduites par Gaspard et Jean Bauhin. Ferrante Imperato, dans son Histoire naturelle de la mer (Naples, 1559), décrivit et figura un certain nombre de coraux et de pores, qu’il distingua en millepores et en madrépores.
En 1700, Tournefort publia, dans les mémoires de l’Académie des sciences, un travail Sur les plantes qui naissent dans le fond de la mer. Il divisa ces plantes en trois groupes : celles qui sont molles et flexibles, celles qui sont dures comme la pierre ou ligneuses connue du