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Ovide, Métamorph., lib. iv

Duritiem lacto capiant ut ab aere, quodque Vimen in æquore erat, fiat super æquore saxum.

bois, mais revêtues d’une écorce mollasse; enfin, celles qui sont dures en dehors et remplies d’une matière spongieuse. Dans le premier groupe, il range les fucus et les éponges; dans le second, le corail, les Hthophytes, c’est-àdire les gorgonides, les madrépores et les corps qu’il nomme champignons pierreux , tels que le bonnet de Neptuue (halomilra) ; dans le troisième, il place 1 ’alcyonium durum d’Imperato, qui est une spongiaire à croûte dure.

Rumphius, dans son grand ouvrage sur les plantes d’Amboine, fit connaître un certain nombre d’espèces nouvelles de zoophytes. Enfin, d’après les idées, qui régnaient encore au commencement du dix-huitième siècle, toutes ces productions marines, désignées aujourd’hui sous le nom de coralliaires , étaient des plantes, que les botanistes d’alors plaçaient avec les fucus parmi les végétaux qui nonl pas cle fleurs , division qui correspond à celle des cryptogames.

Boccone {Recherches et observations naturelles; Amsterdam, 1674) s’éleva le premier contre l’opinion que le corail était une plante ; mais il tomba en même temps dans une autre erreur en cherchant à montrer que ce n’était qu’une simple concrétion, une sorte de pierre. Marsigli (né à Bologne en 1658, mort en 1731), dans sonbel ouvrage intitulé Y Histoire physique de la mer (Amsterd., 1725, in-fol.), reprit, non-seulement l’opinion ancienne, d’après laquelle le corail est une plante, mais il prétendit en avoir découvert les fleurs. Shaw, dans son Voyage sur les côtes de la Barbarie , prit pour des racines les appendices filiformes qu’il avait observés à la surface de la dendrophyllia rameq et de quelques autres coralliaires.

Tout en adoptant l’opinion régnante sur l’origine végétale de ces productions marines, Réaumur ne put s’em pêcher d’appeler l’attention des observateurs sur la différence qui existe entre la partie corticale du corail et son axe pierreux, lithoïde ; il essaya de montrer que ce dernier est le résultat d’un simple dépôt de matière inerte, four-

nie par l’écorce vivante, et il la compara à la coquille des mollusques, dont la croissance se fait aussi par la superposition de couches nouvelles. Pour lui, le corail n’est pas un végétal, mais un minéral ramifié, produit par un végétal. Cette manière de voir serait passée inaperçue, si Réaumur n’avait .pas ajouté que, d’après l’opinion d’un observateur habile, qu’il ne nomme pas, les fleurs du corail, découvertes par Marsigli, seraient en réalité des animaux L Voilà le point lumineux qui devait conduire à la découverte des véritables ouvriers de ces immenses productions pierreuses, sur lesquelles on avait depuis des siècles vainement disputé. L’observateur dont Réaumur crut devoir taire le nom pour ménager sa réputation de naturaliste, c’était Peyssonel1 2. Son Traité sur le corail n’a jamais paru en entier. La bibliothèque du Muséum de Paris en a conservé le manuscrit complet (rédigé en 1 744). En voici l’extrait relatif à la découverte en question. «Je fis, dit l’auteur, fleurir le corail dans des vases pleins d’eau de la mer, et j’observai que ce que nous croyions être la fleur de cette prétendue plante n’était, au vrai, qu’un insecte3, semblable à une petite ortie ou poulpe4. Cet insecte s’épanouit dans l’eau et se ferme à l’air, ou, lorsque je versais des liqueurs acides, ou que je le touchais avec la main, j’avais le plaisir devoir remuer les pieds de cette ortie, et ayant mis le vase

1. Observations sur la formation du corail, etc., dans les Mémoires de l’Acad. des scienc ., 1727, p. 269.

2. J. Antoine de Peyssonel, né à’Marseille en 1694. exerça la médecine dans sa ville natale et y fonda une académie des sciences. Ses notions sur l’histoire parurent presque toutes dans les Mémoires (Philosophical Transactions ) de la Société royale de Londres, dont il était membre. Ses Observations sur le corail parurent à Londres, en 1756, in- 12. A. de Peyssonel était le frère de l’archéologue, Charles de Peyssonel, mort à Smyrne en 1757.

3. N’oublions pas qu’à cette époque on donnait encore le nom d insecte à tout petit animal non vertébré.

4. 11 est curieux de faire remarquer que les anciens appelaient polypes les poulpes, et qu’on nomme aujourd’hui polypes les animaux constructeurs dont parle ici pour la première fois Peyssonel.

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plein d’eau, où le corail était, à une douce chaleur, auprès du feu, tous ces petits insectes s’épanouirent; je poussais le feu et fis bouillir l’eau, et je les conservai épanouis hors du corail.... Réitérant sur d’autres branches mes observations, je vis clairement que les petits trous qu’on aperçoit sur l’écorce du corail sont les issues par où les orties sortent; ces trous répondent à ces petites cavités ou cellules qui sont partie dans l’écorce, et partie tracées dans la substance propre du corail. Ges cavités sont les niches où séjournent les orties corallines; les tuyaux que j’avais aperçus sont les sacs où sont contenus les organes de l’animal. Lorsque je pressais avec les ongles ces petites élévations, je faisais sortir les intestins et tout le corps de l’ortie, qui, confus et mêlés ensemble, ressemblaient au suc épaissi qui sort des glandes sébacées de la peau. 'Je vis que l’animal, lorsqu’il veut sortir de sa niche, force le sphincter qu’il trouve à son entrée, rend alors cette entrée rayonnée et semblable à une étoile ayant des raies blanches, jaunes et rouges; lorsque cela arrive, les tubes les enflent, et l’animal sort en dehors avant de se développer. Les pieds et le corps de l’animal forment le corps blanc que M. de Marsigli observa; l’animal sorti étend ses pieds et forme ce que M. de Marsigli et moi avions pris pour les pétales de la fleur du corail; le calice de cette prétendue fleur est le corps même de l’animal avancé et sorti hors de la cellule. Le lait du corail est le sang ou le suc naturel de tous les insectes placés le long du corail; ils n’ont pas le sang rouge, mais blanc.... L’expérience fait voir que l’écorce où est le gîte de ces animaux est absolument nécessaire à la croissance du corail, et que, dès qu’elle manque, le corail cesse de croître et d’augmenter. »

Peyssonel étendit ses recherches à tous les corps soutenus par un axe corné, qu’il appelle Lythophytons (gorgones et antipathcs), aux alcyons, qu’il appelle mûres de mer, enfin à tous les corps pierreux, que l’on désignait

déjà sous les noms de madrépores et millepores; il leur trouva, à tous, des animaux plus ou moins semblables aux orties de mer, et gui variaient, suivant les espèces, de forme et de couleur.

Mais cette manière de voir était trop neuve, trop en opposition avec les idées reçues, pour être immédiatement adoptée par les naturalistes. Sans une coïncidence heureuse, ils auraient persisté dans leurs idées traditionnelles.

Peyssonel osait à peine rendre publiques ses recherches, lorsqu’un naturaliste suisse, Trembley1, vint publier, sous le titre de Mémoires pour servir à l'histoire a’wn genre de polypes d'eau douce (Lcyde, 1744, in-4°), le résultat d'un travail de trois ans et demi sur un être singulier, l'hydre d'eau , que Leuwenhoek avait déjà distingué comme un animal, mais sans avoir remarqué la merveilleuse propriété de cet animal de se reproduire de ses moindres fragments. C’est Trembley qui fit cette découverte, l’une des plus étonnantes de la physiologie. De concert avec Bernard de Jussieu, Réaumur répéta les expériences de Trembley, et c’est lui qui donna à ces animalcules le nom de polypes, parce que « leurs cornes, dit-il, sont analogues aux bras de l’animal de mer (poulpe) qui est en possession de ce nom. » Enfin il se rangea complètement de l’opinion de Peyssonel, après que son collègue Bernard de Jussieu, observant, sur les côtes de Normandie les alcyons, les eschares et d’autres prétendues plantes marines à l’état vivant, les eut vues couvertes d’animalcules tout à fait semblables à ceux qu’avait étudiés Trembley ; et il les nomma de même polypes. Quant aux parties dures qui leur servent de supports ou d’enveloppes, il les coin-

1. Abraham Trembley (né à Genève en 1700, mort en 17841, précepteur des enfants de lord Bentinck, consacra ses moments de loisir à l’étude des polypes d’eau douce, jusqu’alors confondus avec les racines des herbes marécageuses. Il passa les dernières années de sa vie dans sa ville natale.

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para aux rayons et alvéoles des abeilles, et leur donna le nom de polypiers. Depuis cette époque, l’animalité des coralliaires ne fut plus révoquée en doute, et les travaux d’EUis, de Baster, d’Esper, de Gavollini, de Pallas, de Savigny et de Lamouroux répandirent une grande lumière sur une question jusqu’alors restée si obscure1.

L’étude des polypes se rattache étroitement à celle des Infusoires ou animalcules microscopiques2. Nous passerons rapidement en revue les travaux des micrographes, depuis Leuwenhoek et Bonanni, dont nous avons déjà parlé plus haut. Trembley fut conduit par ses observations sur l’hydre ou le polype à bras, à décrire certains infusoires parasites de ce polype, ainsi que quelques espèces vorticellaires qui se rencontrent avec les hydres. Baker fit connaître un grand nombre d’infusoires, observés par lui, soit dans les eaux de marais, soit dans des infusions de foin, de poivre, de blé, d’avoine, etc. Joblot publia, en 1754, des observations microscopiques; qui ne manquent pas d’une certaine valeur; mais la plupa”t des figures qu il en a données portent l'empreinte d'une admiration tellement vive, qu’elles n’ont pas peu contribué à discréditer l’usage du microscope. Boesel, dans son bel ouvrage sur les insectes, donna des figures assez exactes du volvox,de plusieurs vorticelliens et surtout de son protée qui est devenu le type du genre amibe. Eichhorn fit connaître, en 1775, un plus grand nombre d’infusoires qu’aucun de ses prédécesseurs; mais ne. songeant point à les classer, ses infusoires se trouvent mêlés de beaucoup d’autres animalcules. Spallanzani, en 1776, dans ses Opuscules physiques, étudia particulièrement le rotifère et quelques autres infusoires sons le point de vue physiologique. Grleichen

1. Voy. M. Milne-Edwards et Haime, Histoire naturelle des coralliaires, Introduction, p. xxi et suiv. (Nouvelles Suites à BufTon.)

2. Le nom il'infusoires parait être dû à Wrisberg, qui avait publié, en 1764, des observations sur ces animalcules.

publia un travail étendu sur les spermatozoaires1. Gœze et Block observèrent les curieux infusoires qui vivent dans 1 intestin de la grenouille. O. F. Millier entreprit le premier de classer ces animalcules méthodiquement2 ; mais son travail ne fut publié qu’après sa mort par son ami O. FabriciuSj qui y ajouta des notes souvent contradictoires. Mîiller avait porte a 379 le nombre des espèces décrites, jiarmi lesquelles il y en a à peine J 50 que l’on puisse aujourd’hui rapporter avec certitude à des infusoires connus. Comme ses prédécesseurs, il avait confondu avec les infusoires des objets bien différents, tels que des bacillaires, des navicules, des anguillules, des distomes, de jeunes alcyonelles, des lambeaux de branchies de mollusques, etc. Bruguières, dans Y Encyclopédie méthodique, et Cuvier, dans son Règne animal , adoptèrent la classification de Millier3.

Tel était, pour la zoophytologie, l’état de la science au commencement du dix-neuvième siècle.

1. Abhandlung über die Saamen und Infusions thierchen: Nuremberg, 1778, in-4.

2. Müller, Animalcula infusoria, flmiatilia el marina. 1786, in-4.

3. Voyez, pour plus de détails, Félix Dujardin, les Infusoires, p. 11. (Nouvelles Suites à Buffon.)

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