Aristote, Ilist. animal, vin
par les anciens sous le nom de bouc-cerf ou de tragélaph e. Sa taille est celle du bélier commun , son col est couvert d’une sorte de crinière hérissée, longue et touffue, surtout au garrot, d’où le nom de mouflon à manchettes (ovis ornata) ; cette crinière est de couleur plus sombre que le reste du corps, dont le pelage ressemble au poil d’hiver du cerf.
Chèvre. — Les chèvres sont aussi répandues que les brebis : on en rencontre dans la zone Iroidc comme dans la zone torride. La preuve de cette diffusion se \oit déjà dans le nom de l’animal. Le mot hébreu ez ou as, chèvre, non- seulement a passé, sous la forme à'aza, dans toutes les langues sémitiques (phénicien, syriaque, arabe), mais il se retrouve dans toutes les langues indo-européennes : odjd , en sanscrit, signifie chèvre, comme gailsa en gothique, gat en anglo-saxon, geis en allemand, a?; en grec, etc. Les chèvres ne se séparent point génériquement des brebis : le bélier produit avec la chè\re, comme le bouc avec la brebis. Mais, quoique ces accouplements soient fréquents et quelquefois prolifiques, il ne s’est point formé d’espèce intermédiaire entre la chèvre et la brebis ; ce sont donc des espèces distinctes, appartenant au même genre. C’était là l’opinion de Buffon, corroborée par celle de Cuvier 1 2 .
Si la brebis venait à manquer, la chèvré pourrait la remplacer. Celle-ci, en effet, fournit du lait comme la brebis ; son poil , quoique plus rude que la laine , sert à fabriquer de bonnes étoffes; la peau de la chèvre vaut mieux que celle du mouton ; la chair du chevreau approche de celle de l’agneau, etc. Au rapport de Yarron*, on tondait, en Phrygie, les chèvres renommées pour la longueur de leur poil, qui servait à faire des vêtements nom-
1. Les zoologistes ont donc à tort adopté ici la nomenclature de Linné, en désignant la chèvre pa; capra hircus ; c’est om hircus qu’ils devraient l’appeler, en la plaçant à côté de loris art es.