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Œuvres de Buffon, t. XIII, p

TEMPS MODERNES

Idées de Buffon sur la distribution des animaux sur le globe terrestre.

Au jugement de Cuvier, les idées de Buffon sur les limites que les climats, les montagnes et les mers assignent à la population animale du globe, peuvent être considérées comme de véritables découvertes, qui se confirment chaque jour, et qui ont donné aux recherches des voyageurs une base fixe. C’est l’étude du lion d’Amérique qui fut 1 occasion de ces idées, érigées depuis en lois. «L’animal de l’Amérique que les Européens ont appelé lion , et que les naturels du Pérou appellent puma, n’a point, dit Buffon, de crinière; il est aussi plus petit, plus faible et plus poltron que le vrai lion — Ce n’est point un lion. C est un animal particulier à l’Amérique, comme le sont aussi la plupart des animaux du Nouveau-Monde. » — Cette remarque montre dans quel état de confusion se trouvait alors la zoologie.

Lorsque les Européens découvrirent l’Amérique, ils trouvèrent que tout y était nouveau ; les quadrupèdes, les oiseaux, les poissons, les insectes, les plantes, tout parut inconnu, et l’était en effet. Mais, oubliant qu’il faut donner des noms nouveaux aux choses nouvelles, ils donnaient à des objets inconnus des noms de choses connues. Le pu, un fut appelé lion ; le jaguar , tigre; Yalpaca , mouton, etc. Les Romains en avaient fait autant pour les animaux inconnus tires des régions lointaines soumises à leur empire. L éléphant et le rhinocéros étaient regardés par eux comme des bœufs - et, pour distinguer l’un de l’autre, ils appelaient 1 éléphant bœuf de Lucanie , et le rhinocéros œ , girafe était un chameau-léopard, camelo-

Par( a is , etc. C était le cas de dire que « les noms avaient contondu les choses ».

Ce qui ajouta encore à la confusion, c’est que les

animaux qu’on avait transportés d’Europe se multiplièrent rapidement dans le Nouveau-Monde. Il était temps de mettre un terme à ce désordre, quand vint Buffon. Procédant par une énumération comparée, il commença par partager en trois classes tous les quadrupèdes alors connus, à savoir, en ceux qui sont propres à l’Ancien- Monde, en ceux qui sont propres au Nouveau, et en ceux qui sont communs à l’un et à l’autre continent.

Ainsi, l’éléphant, le rhinocéros, l’hippopotame, le chameau, le dromadaire, la girafe, appartiennent exclusivement à l’ Ancien-Monde. Leurs genres mêmes ne s’y trouvent pas représentés par des espèces similaires : car l’éléphant, par exemple, s’éloigne du tapir, autant^ que le chameau s’éloigne du lama ou de la vigogne. Nos ani maux domestiques, tels que le cheval, l’âne , le bœuf, la hrehis, la chèvre, le cochon, le chien, étaient, ayant 1 arrivée des Européens, absolument inconnus aux indigènes de l’Amérique. A ces animaux, il faut ajouter les^ suivants tous énumérés par Buffon comme caractéristiques’de l’Ancien Continent: le zèbre, originaire de l’Afrique australe; le buffle, originaire de l’Inde; 1 hyene, répandue depuis l’Inde jusqu’en Abyssinie ; le chacal, répandu depuis l’Inde jusqu’au Sénégal; la genette d Euro ne la civette du midi de l’Afrique, la gazelle du nord de l’Afrique et de l’Égypte, le chamois, le bouquetin, le clievrotain, la gerboise d’Afrique et d’Arabie, la mangouste de l’Inde, le lapin, le furet, le rat, la souris, le loir, le lerot. la marmotte, le blaireau, l’hermine, la zibeline,

les sarigues. Par leur sim pare, inconnu jusqu alors.

r singulier mode de génération vivialors, les sarigues ont constitué, avec

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les kangurous de l’Australie, tout un nouvel ordre d’animaux, les animaux à bourse ou marsupiaux.

Le genre felis (chat) est commun au Nouveau-Monde comme à 1 Ancien. Mais les espèces de l’un sont différentes des espèces' de l’autre. L’Ancien-Monde a le lion, le tigre, le léopard, la panthère, etc.; le Nouveau- Monde a le puma, le jaguar, le jaguarondi, l’oncelot, etc. La même remarque s’applique au genre singe. Les espèces du singe de l'Ancien Continent different toutes des espèces du Continent Nouveau. Au nombre des premières se trouvent l’orang-outang de Malaca et de Bornéo, le chimpanzé de la Guinée et du Congo, tous les gibbons de l’Inde et de l’archipel Indien, tous les babouins ou cynocéphales, toutes les guenons de l’Afrique, les loris de 1 Inde, les makkis de l’île de Madagascar. Les singes caractéristiques du Nouveau-Monde sont : les sajous, lessapajous, les alouattes, les salds, les sagouins, les ouistitis, etc.

C était spécialement sur les animaux de la zone torride de 1 Ancien et du Nouveau-Monde que Buffon avait porté son attention. Il était ainsi arrivé à énoncer comme une loi ([u aucun des animaux de la zone torride qui vivent dans t un des continents ne se trouve dans l’autre. « Aucun des animaux de 1 Amérique méridionale ne ressemble dit-il assez aux animaux des terres du midi de notre continent’ pour qu on puisse les regarder comme de la même espèce ■ ds sont pour la plupart, d’une forme si différente, que ce

d-ètre o awT U° °n? TmeYIU’0ri Peut les soupçonner co i inenï 0^11° im dc de notre

ZTTJ7?: dlfle,;ence de 1 eléPhant au tapir! cepen-

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mais il s en éloigné déjà beaucoup par la figure et nro-

dSrntMParla gr“deUr; Car Ce tapir, cet éléphant euère , na.ni tromPe- ni défenses, et n’est

Edifia grand CfU UIv1,âne- Aucun animal de l’Amérique méridionale ne ressemble au rhinocéros, aucun à l’hippo-

tame, aucun à la girafe : et quelle différence encore entre le lama et le clrameau, quoiqu’elle soit moins grande

qu’entre le tapir et 1 éléphant . . ,

Dans le nord de l’Ancien et du Nouveau Continent, les espèces animales se diffusionnent ; leurs caractères son. beaucoup moins tranchés que dans le midi de 1 un et de l’autre Jontinent. Ainsi, le renne, l’elan, le castor son communs au nord de l’Amérique et de 1 Europe. On peut admettre que- ces espèces communes aux deux contin?n . ont passé de l’un à l’autre. Cette communication était impossible au midi, où les deux continents sont séparés par de vastes mers. . >-i

Mais si le nord du Nouveau-Monde a des animaux q

partage avee ceux du nord de l’Ancien-Monde, î y ^

des espèces qui lui sont exclusivement propres tels sont

les ce fs du Canada, le bison, le bœuf musqué 1 ondatra ou rat musqué du Canada, le lemmmg de la ha e d Hud son, plusieurs espèces particulières de marte. ,

^Buffon fit7un des premiers ressortir l’étrangeté de la population animale de la Neuve le-Ho lande ou i de Ans

tralie, comparativement à celle des antres contine^ Les kaneurous, les phascolomes, les perameles, les dasiure les phalangers volants, les échidnés, les o^^horhynqu etc 1 nous représentent tout un nouveau monde anima L’étude de quelques-uns de ces animaux fit voir combi les classifications jusqu’alors suivies étaient incomi

ou remplies de lacunes. ■.

La loi de Buffon, d’après laquelle aucun maux de la zone torride dans l’un des continen > ■

trouve dans l’autre, devint, dans scs details p narriva ici vives critiques. Mais, ch°se digne e Buffon, loin

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