Bonnet, Œuvres complètes, l. VI, p
pendit des travaux qui exigent un constant exercice de l’œil, pour ne se livrer qu’à l’étude de la philosophie en rapport avec les phénomènes de la nature. C’est dans le but de rendre le plus grand nombre d’hommes sensibles aux beautés d’un livre toujours ouvert à tous les passants, qu’il écrivit ses Contemplations de la nature , imprimées dans les t. YII-IX de ses OEuvres complètes. « J’ai surtout, dit-il, contemplé, la nature dans ses rapports si nombreux, si variés, si divers, avec les perfections de son divin auteur. Je l’ai cherché dans ses moindres productions, comme dans colles où il éclate avec le plus de majesté, et partout j’ai entendu cette parole sublime : me voici. » Les Contemplations de la nature sont divisées en douze parties. Les quatre premières Parties sont une sorte de cosmologie, d’abord un peu métaphysique, puis physique et morale. L’auteur y parcourt rapidement les scènes que nous offre le spectacle de l’univers. Partant des éléments de la matière inerte, il passe des plantes aux animaux inférieurs, esquisse les différentes classes zoologiques, crayonne le tableau de l’homme physique et moral, et s’élève des gradations de l’humanité jusqu’aux hiérarchies célestes. Dans la cinquième Partie, il jette un coup d’œil sur les divers rapports qui lient l’homme avec tout ce qui l’entoure. Il parle des sensations, des passions, du tempérament, de la mémoire, de l’imagination, sans oublier les songes et la réflexion. C’est là ce qu’il appelle la psychologie élémentaire. Il passe ensuite au mécanisme de la vision, dit un mot de la lumière et des couleurs, des principaux effets du feu et de l’air, et indique les liaisons que les êtres vivants établissent entre eux par leurs services mutuels; ceci le conduira à émettre une grande idée qu on semblait en quelque sorte respirer avec l’air du dix-huitième siècle, à savoir la variabilité dans l immutabilité1 . « Tout n est, dit-il, que métamorphose dans