Voy. plus haut, Idées de Bufïbn, p
le monde physique. Les formes changent sans cesse ; la quantité de matière est seule invariable. La même substance passe successivement dans les trois règnes ; le même composé devient tour à tour minéral, plante, insecte, reptile, poisson, oiseau, quadrupède, homme. Les machines organisées sont les principaux agents de ces transformations. Elles changent ou décomposent toutes les matières qui entrent dans leur intérieur, et qui sont exposées à l’action de leurs ressorts. Elles les convertissent les unes en leur propre substance ; elles évacuent les autres sous diverses formes, qui rendent ces matières propres à entrer dans la composition de différents corps.... Les végétaux et les animaux sont donc les grands combinateurs des substances élémentaires1. »
Après avoir passé en revue (dans les septième, huitième et neuvième Parties) les principes concernant la génération et la préordination des êtres, l’auteur arrive aux analogies qui lient le végétal à l’animal, et il examine s’il existe un caractère qui distingue essentiellement l'un de l’autre. Les onzième et douzième Parties sont des plus intéressantes : elles sont relatives à l’industrie et aux mœurs des animaux. L’observation concernant la manière dont les chenilles qui vivent en société retrouvent le chemin de leur nid est tout à fait originale : elle fut pour la première fois faite par l’auteur en 1738. Ces chenilles s’éloignent souvent beaucoup de leur domicile pour chercher les feuilles qu’elles rongent. Cependant elles savent toujours le retrouver. « Ce n’est pas, dit-il, la vue qui les dirige si sûrement dans leur marche ; cela est très-prouvé. La nature leur a donné un autre moyen de regagner leur gîte, et ce moyen revient précisément à celui qu’employa Ariadne pour retirer du labyrinthe son cher Thésée. Nous pavons nos chemins ; nos chenilles tapissent les leurs. Elles ne marchent jamais que sur des tapis de soie. Tous