‹ Histoire de la zoologieChapitre 15 sur 132 · Êlien, De natura animal., vit · texte numérisé non relu

Êlien, De natura animal., vit

3. 11 existe une communication naturelle de l’arrière-bouche arec l’oreille moyenne à l aide d’un conduit qui fut découvert et décrit par

Archélaüs , pythagoricien comme Alcméon. Est-il vrai que les chèvres sauvages de l’île de Crète recourent à une herbe appelée dictame (voisine de l’origan) pour se guérir de leurs blessures? Aristote n’ose pas l’affirmer. Le même auteur rapporte que si l’on prend une chèvre par les longs poils qu’elle a sous le menton, tout le troupeau s’arrête à l’instant. Plutarque reproduit le même conte ; seulement, au lieu de prendre la chèvre par sa barbe, il faut lui mettre dans la bouche une certaine herbe ; le troupeau, ajoute-t-il, demeure immobile jusqu’à ce que le berger soit venu la lui ôter. On a supposé que dans l’un et l’autre cas il s’agissait d’une plante dont le nom grec d’-/5çu'|7iov signifie barbe de chèvre. Ce nom d ’eryngium a été donné depuis à un genre de plantes ombellifères qui ressemblent à des chardons.

Les anciens connaissaient plusieurs variétés de chèvres, notamment les chèvres d’Angora ou de Syrie, à oreilles pendantes , à poil long et soyeux. Ils n’admettaient aucune distinction tranchée entre Végagre (chèvre sauvage) et la chèvre domestique.

L’égagre des anciens est, d’après la plupart de nos zoologistes, le bouquetin ( capra ibex , L.), qui s’élève jusqu’au sommet des plus hautes montagnes de la Grèce, et particulièrement de l’île de Crète. C’est là que l’observa Belon. c. Les boucs-estains1 sont, dit-il, d’un poil fauve..., deviennent gris en vieillissant et portent une ligne noire dessus l’échine. Nous en avons aussi en nos montagnes ide France), et principalement ès lieux précipiteux et de difficile accès — Le bouc-estain saute d’un rocher sur 1 autre de plus de six pas d’intervalle, chose quasi in-

Eustachi, anatomiste italien, mort on 1574. C’est le conduit d’Eustachi c[ui permet à certaines personnes (qui ont le tympan percé) do faire sortir la fumée de tabac par les oreilles.

1- Cette orthographe indique l’origine du mot: bouc-esiain dérivé de 1 allemand bouc-stein (steinbock), qui signifie bouc des rochers.

croyable à qui ne l’aurait vu*. » Le chamois ( antilope rupicapra, L.) s’élève moins haut que le bouquetin. Mais l’un et l’autre fuient les plaines; tous deux se frayent des chemins dans les neiges, franchissent les précipices en bondissant de rocher en rocher, tous deux sont couverts d’une peau fauve, et vêtus en hiver dune double fourrure, d’un poil extérieur rude et .d’un poil intérieur plus fin et plus doux; tous deux ont une raie sur le dos, etc. Suivant Buffon, le bouquetin serait la tige mâle et le chamois la tige femelle de l’espèce des chèvres. Cette opinion a été combattue par Cuvier, faisant remarquer que le chamois tient plus de l’antilope que de laxhèvre. « C’est, dit-il, le seul ruminant de l’occident de 1 Europe que l’on puisse comparer aux antilopes. Il a cependant des caractères particuliers : ses cornes droites ont leurs pointes brusquement courbées en arrière comme un hameçon ; derrière chaque oreille, sous la peau, est un sac qui ne s’accuse au dehors que par un petit orifice, etc. . »

Quant aux bouquetins, on en a vu se mêler avec les chèvres ; mais leurs produits ne paraissent pas êtie dune fécondité continue. Le mulet qui résulte de cet accouplement a ordinairement les couleurs du père et les cornes de la mère.

Dans une locution proverbiale, usitée chez les Romains, « laine de chèvre» signifie, on ne saurait dire pourquoi, « chose futile » ; lana caprina a le même sens que ovou (jxià, ombre d’âne; de lana caprina rixari veut dire disputer sur des futilités , comme irepi ovou oxiS;.

Chien. — En voyant pour la première fois un renard ou un loup, chacun a pu se demander si ce n’est pas de là que" descendent nos chiens. Cette opinion paraît, en effet, être fort ancienne, témoin Xénophon, qui dit en propres termes que les chiens -renards («XwttexîSeç) tirent

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