Cuvier, Règne animal , t. I,p. 27i
leur origine des chiens et des renards. Ce même écrivain, qui vivait 400 ans avant notre ère, a le premier parlé d’une classification des variétés de chiens : à côté des chiens-renards il plaçait les chiens-castors et les chiensloups. Les chiens-castors étaient des chiens de chasse, et les chiens-loups des chiens de garde1.
Aristote partagea tout à fait la manière de voir de Xénophon relativement à l’origine du chien-renard, il appelle chien laconim. Mais comment concilier l’opinion des anciens avec les observations expérimentales des modernes ? Buffon obtint un résultat négatif en enfermant un renard avec des chiennes. Il en futde même en tenant une louve enfermée avec un gros chien dans une même cour, pendant trois ans : ils se montrèrent tellement antipathiques l’un et l’autre, que le chien finit par tuer la louve. De ces expériences, Buffon conclut « que le renard et le loup ne sont pas tout cà fait de la même nature que le chien; que ces espèces non-seulement sont différentes, mais séparées et assez éloignées l’une de l’autre pour ne pouvoir se rapprocher, du moins dans nos climats ; que par conséquent le chien ne tire pas son origine du renard ou du loup, et que les nomenclateurs qui ne regardent ces animaux que comme des chiens sauvages, ou qui ne prennent le chien que pour un loup ou un renai’d devenu domestique et qui leur donnent à tous trois le nom commun de chien (canis), se trompent pour n’avoir pas assez consulté la nature. » Cette dernière remarque était à l’adresse de Linné, qui dans sa nomenclature rattache le chien, le renard et le loup à un seul et même genre, en appelant le premier canis domeslicus , le second canis vulpes et. le troisième canis lupus.
Les expériences de Buffon furent reprises par d’autres observateurs : ils reconnurent que le grand naturaliste s’était trompé en ce qui concernait le chien et la louve.