Hérodote, n
c Le porc est, dit-il, tellement vorace, qu’il n’épargne pas même ses petits et qu’il dévore des cadavres humains. Voilà pourquoi lés Égyptiens l’ont en horreur '1. » Le même auteur rapporte, sur l’autorité de Manéthon, que l’usage du lait de truie occasionne la lèpre.
Les Grecs, loin de partager avec les Égyptiens et les Juifs l’horreur du porc, paraissaient l’avoir, au contraire, en honneur, à juger par l’épithète de divin (SeToç) qu’Homère donnait au porcher (avSunr jç) Eumée. Les sacrifices de porc étaient aussi communs chez les Grecs que chezles Romains. Varron affirme que le mot. grec ôusiv, sacrifier, vient de uç (cochon) , appelé primitivement 0üç, et que les porcs furent les premières victimes qu’on offrait aux dieux, au commencement des moissons, à l’occasion d’un vœu et pendant les fêtes nuptiales.
Les suovotaurilia étaient des sacrifices solennels, composés, comme le nom l’indique, d'un cochon (sus), d’une brebis (ouïs), et d’un taureau (tourus).Ils devaient rendre les dieux favorables à la réussite des biens de la terre. Caton (De re rusticà) nous a conservé la formule de la prière que l’on prononçait dans ces occasions solennelles.
L’engraissement des porcs fut de bonne heure chez les Grecs et les Romains une branche importante de l’industrie agricole. « Le porc est, dit Aristote, de tous les animaux celui qui s’accommode le plus facilement de toute espèce d’aliment, et qui s’engraisse en le moins de temps: soixante jours lui suffisent pour devenir complètement gras. Les hommes qui se livrent à cette industrie, ont soin de les faire jeûner d’abord pendant trois jours poulies rendre plus voraces et plus aptes à s’engraisser promptement2. » Depuis Aristote, on répète que les cochons attaquent les serpents venimeux et les mangent im-