Voyez ce que nous en avons dit plus haut, p
2. La première édition de VHistoire des animaux fut imprimée à Venise, 1493, in-fol. La meilleure est celle de Schneider; Leipzig, 1811,
4b histoire de la zoologie.
Cuvier avouait ne pouvoir lire sans être ravi d’étonnement est en quelque sorte un traité d’anatomie et de physiologie generales. Examinant comparativement le> organes des animaux, l’auteur arrive à en indiquer les ressemblances et les dissemblances, et il pose exactement les bases des grandes classifications. Il commence par donner, en guise d’introduction, quelques règles aphoristiques, telles que : aucun animal terrestre n’est fixé au sol ; aucun animal manquant de pieds n’a d’ailes ; tous les animaux, sans exception, ont une bouche et le sens du tact (caractères constitutifs de l’animalité); tous les insectes ailés qui ont leur aiguillon à la partie antérieure du corps, n’ont que deux ailes, comme le taon, le cousin; ceux dont l’aiguillon est à la partie postérieuie en ont quatre. — « Que d observations n a— t— il pas fallu, ajoute ici Cuvier, pour énoncer des propositions générales si exactes ! Elles supposent un examen presque universel de toutes les espèces. Aristote, dès son Introduction, expose aussi une classification zoologique qui n’a laissé que bien peu de chose à faire aux siècles qui sont venus après lui. Ses grandes divisions et subdivisions sont étonnantes de précision, ët ont presque toutes résisté aux acquisitions postérieures de la science. »
En effet, la division actuelle des animaux en deux grandes classes, celle des animaux à sang rouge et celle des animaux à sang blanc, correspond à la classification d’Aristote, divisant les animaux en ceux qui ont du sang., et en ceux qui n’en ont pas. Les animaux prives de sang (animaux à sang blanc) sont divisés en quatre classes . les mollusques, les crustacés, les testacés et les insectes; cette division a été conservée par Linné, qui la modifia légèrement. Les descriptions sont claires et d une justesse remarquable.
4 vol. in-8". On estime la traduction latine de J. C. Scaliger. La traduction française de Camus (Paris, 1783, 2 vol. m-4% avec le texte grec en regard) n’est pas toujours très-fidèle.
Bien des faits avancés par Aristote, et iqui furent longtemps contestés, ont été confirmés de nos jours. Ainsi, il rapporte qu’un poisson de mer, nommé phykis (œuxi'ç), qui se nourrit d’algues et change de couleur suivant les saisons, fait un nid pour y déposer ses œufs Ce fait passa longtemps pour un conte. Cependant, au seizième siècle , un naturaliste français, Rondelet, fit connaître un poisson qu’il dit s’appeler mola en Languedoc : il le représente comme ressemblant à une tanche par la partie antérieure, et à une sole par la partie postérieure du corps ; il affirme lui avoir vu faire son nid dans une algue et y déposer ses œufs. Mais les naturalistes qui vinrent après ajoutèrent aussi peu de foi au fait signalé par Rondelet, qu’on ne l’avait antérieurement fait pour le phykis d’Aristote. Ce ne fut qu’à notre époque qu’un naturaliste italien, Olivi, trouva parfaitement exact ce qu'on avait toujours regardé comme imaginaire : il vit le mâle d’une espèce de poisson [gobius niger de Linné), au temps des amours, creuser un trou dans la vase, entourer ce trou d’algues, former, en un mot, un vrai nid, et y attendre la femelle; celle-ci y venait déposer ses œufs, près desquels le mâle restait jusqu’à ce qu’ils fussent éclos. Ce qu’il y a de curieux, c’est qu’Olivi, ignorant que le fait de la construction d’un nid par un poisson avait été déjà attesté par Aristote et Rondelet, le publia comme une observation absolument neuve1 2.
Suivant une idée générale d’Aristote, le corps de tout animal à sang est supporté par une charpente osseuse dont la pièce principale est l’épine du dos. C’est là ce que les modeines ont nomme la classe des cmwiciux vcvlèbrés . Entrant davantage dans les détails, Aristote fait remarquer, entre autres, que les parties qui dans l’homme occupent le devant, sont chez les quadrupèdes tournées