G. Cuvier, llist. des sciences naturelles, t. I, p
en dessous, vers la terre; que la poitrine d’un animal est beaucoup plus étroite que celle de l’homme; que les animaux qui, tels que le chien, ont la tête ronde, 1 ont en même temps grosse, et que la partie de leur face qui forme le dessous de la tête, est petite, tandis que ceux qui, comme le cheval, portent un toupet de ci in, ont a tête petite et lés mâchoires allongées. Dans les rapprochements multipliés qu’Aristote fait entre l’organisation de l’homme et celle des animaux, ce grand observateur indique les principaux éléments de 1 anatomie comparée.
Dans sa division des quadrupèdes en vivipares et en ovipares , les oiseaux, dont les ailes représentent les pattes de devant, appartiennent avec les reptiles, tels que les lézards, les grenouilles, etc., à la classe des quadrupèdes ovipares. Aristote ne confond pas, comme 1 ont lait beaucoup de voyageurs modernes-, les poissons et les cétacés Usait très-bien que les baleines, les dauphins, etc., ne sont pas ovipares, qu’ils mettent au monde des petits vivants, et les nourrissent du lait de leurs mamelles. En ichthvologie, ses connaissances étaient relativement plus étendues que les nôtres. Bien qu’il eût voulu se borner à l’exposé des résultats généraux, il nous fait cependant connaître cent dix-sept espèces de poissons. Les autres naturalistes de l’antiquité et du moyen âge n’y ont pas ajouté une seule espèce nouvelle. Enfin beaucoup de decouvertes' qui ont passé pour modernes, avaient été déjà faites ou préparées par Aristote.
Le célèbre Stagirite a dû, bien qu’il n’en parle pas, recevoir de son royal élève un riche et curieux envoi d objets d’histoire naturelle ; car la marche triomphale d’Alexandre le Grand en Asie et en Afrique fut eD même temps une véritable expédition scientifique. C’est ce qui lui permit de donner sur certains animaux des renseignements plus exacts, et de décrire le premier Thippelaphe, 1 hippardium et le buffle, animaux propres de 1 lud®- a L lhP pélaphe ou cerf-clieval , cerf à cnmere, a ete, dit Cuvier,
retrouvé ne nos jours par Diard et Duvaucel; l 'hippardium ou tigre -chasseur ne nous est connu que depuis le commencement de notre siècle; car Buffon ne l’a pas vu à la ménagerie royale. Enfin on sait que le buffle n’a été introduit en Europe qu’au temps des Croisades1 2. »
L 'Histoire de animaux d’Aristote a eu de nombreux commentateurs, parmi lesquels nous ne citerons que Scaliger et Conrad Gresner. Cet important ouvrage mériterait une interprétation nouvelle, avec des notes qui mettraient la zoologie ancienne en parallèle avec la zoologie moderne.
Comme son maître Aristote, Théophraste avait touché à presque toutes les connaissances humaines. Dans un petit traité Sur les animaux qui changent de couleur , il parle des différentes colorations qu’éprouve la peau du caméléon et il attribue au renne les mêmes changements de couleur, qui ne sont dus qu’à l’influence des saisons. Il parle aussi d’un poisson de l’Inde comme étant capable de sortir de 1 eau. Son récit parut longtemps fabuleux. Mais ce poisson, fort singulier, à jtête de serpent, ce qui lui a valu le nom d’ ophicéphale , a été observé, il y a une cinquantaine d années, par Hamilton Buchanan dans les eaux du (lange : il s éloigne du fleuve en rampant sur 1 herbe, et se rencontre quelquefois à une si grande distance de tout cours d’eau que le peuple le regarde comme tombé du ciel*.
Nous devons dire ici un mot ,de la prétendue lettre d Alexandie le Grand à Aristote et à Olympias sur les merveilles de 1 Inde. Il y est parlé d’ hippocentaures , d’amraaux a six pieds et à trois yeux, d'hommes velus et sans tête, d’oiseaux parlant grec, et d’autres êtres fantastiques, que le grand conquérant aurait rencontrés dans