CONNAISSANCE DES ANIMAUX SAUVAGES
Nous allons ici passer succinctement en revue les animaux sauvages, ou non domestiques, que les anciens nous ont les premiers fait connaître.
Éléphant. — - Homère ne connaissait pas encore les éléphants, bien qu’il parle de l’ivoire. Ges animaux ne parurent en Grèce que pendant l’expédition d’Alexandre' en Asie (vers l’an 325 av. J. G.). C’était l’éléphant de l’Inde qu’on y vit; il était, jusqu’à nos jours, regardé comme identique avec l’éléphant africain1. Aristote le décrivit le premier, et sa description est, au jugement de Cuvier, plus exacte que celle de Buffon. Ce qui le frappa d’abord, c’est ce nez allongé qu’on appelle la trompe. « Le nez de l’éléphant est, dit-il, lait de manière et tellement allongé qu il lui sert de main ; il porte ainsi à la bouche son boire et son manger; en le relevant, il le tend à son conducteur comme une main ; il s’en sert pour arracher des arbres, et lorsqu’il traverse un fleuve, il le tient élevé audessus des eaux pour respirer; étant cartilagineux, ce nez
1. Cuvier montra le premier que 1 ’elephas indicus et 1 ’elephas africanus sont deux espèces distinctes.
se courbe facilement par son extrémité1. » C’est ce qui faisait dire à Buffon que « l’éléphant a le nez dans la main, et qu’il est le maître de joindre la puissance de ses poumons à l’action de ses doigts. » Aristote a manqué de faire mention d’une sorte de doigt qui termine la trompe et qui permet à l’animal de toucher et de saisir les plus petits objets. C’est avec raison qu’il donne le nom de dents, et non celui de cornes , aux deux défenses qui sortent de chaque côté de la trompe et qui sont de véritables incisives. Hérodote a dit le premier que l’ivoire est la matière fournie par ces dents. Aristote est encore dans le vrai quand il dit que l’éléphant a cinq doigts à chaque pied, que leur division est peu sensible et qu’on n’y remarque pas d’ongles. Son aspect rugueux lui fit dire que l’éléphant est le moins velu des quadrupèdes (mammifères).
Buffon admettait, sur le rapport des historiens et des voyageurs, que * les éléphants ne produisent jamais dans l’état de domesticité. » Cette assertion est absolument contredite par l’expérience, déjà connue des anciens : car Élien et Columelle parlent d’éléphants qui étaient nés à Borne. Ce que Buffon dit de la pudeur des éléphants qui « en se livrant à l’amour craignent surtout les regards de leurs semblables , » est une pure fiction poétique. Aristote avait déjà fait remarquer que 1 incertitude qui règne sur certains détails vient de ce que ces animaux s’accouplent- dans des lieux solitaires. Contrairement à l’opinion d’Aristote, Buffon et ses collègues de l'Académie ont affirmé que l’éléphant nouveau-né tette avec la trompe et non avec la bouche. Cependant Aristote avait raison : des observations postérieures à celles de Buffon et de ses collègues ont démontré que l’éléphant nouveauné tette avec la bouche et non' avec la trompe.
Les anciens ont raconté des faits nombreux de l’mtel-