Aristote, llist. animal., n
ligence des éléphants, et en cela ils n’ont pas été contredits par les modernes, qui ont repris la question de plus haut. Ils ont montré que, si l’on compare le cerveau à la masse du corps, l'éléphant est de tous les mammifères celui qui a le cerveau le plus petit, et que la souris est celui qui l’a le plus grand. Certainement si l’on compare cerveau à cerveau, on trouve que l’éléphant est le mammifère qui a le cerveau le plus grand (le cerveau de l’éléphant est à peu près le double de celui de l’homme), e Mais, dit Flourens , ce n’est ni l’un ni l’autre de ces deux modes de comparaison qui donne le rapport de l’intelligence aux autres facultés. Pour avoir ce rapport, il faut comparer le cerveau proprement dit, organe exclusif ■de l’intelligence, aux autres parties de l’encéphale1. »
On avait traité de fable ce que Pline avait dit de la crainte que l'éléphant aurait des rats. « Le fait, affirme Cuvier, est très-exact ; nos éléphants de la ménagerie tremblent à la vue d’une souris. » N’est-il pas curieux que le plus grand de nos mammifères ait peur du plus petit ?
Nous ne sommes aujourd’hui guère plus avancés que les anciens sur la durée de la vie de l’éléphant. Mais, comme il existe un certain rapport entre la durée de la gestation et la longueur de la vie, on peut conclure du fait, connu déjà d’Aristote, que la femelle porte son unique petit vingt mois, que l’éléphant peut vivre au moins deux siècles.
On a lieu de s étonner que Buffon n’ait pas su mieux que les anciens distinguer 1 éléphant de l'Inde, qui ale front concave, les molaires à rubans transverses et les oreilles relativement petites, de l 'éléphant d'Afrique , qui ale front convexe, les molaires à couronne en losanges et les oreilles très-grandes. Le dernier habite les bords de la Gambie, la Guinée, le Congo, les côtes de Zanguebar et de Mozambique, tandis que le premier se rencontre au Bengale,