Ibid., il
dit- il, que sur des analogies qui me paraissent assez fondées, je croirais que le temps de la gestation est au moins de quelques mois. » Nous savons aujourdliui que cette durée est de sept mois. La femelle lait depuis un jusqua trois petits, ce qu’avait déjà dit Aristote. Mais les anciens s’étaient trompés en affirmant que les oursons naissent difformes', et ne prennent la figure de leur espèce qu’à force d’être léchés par leur mère ; leur poil court et lustré les fait, au contraire, paraître beaucoup plus jolis que les adultes. Suivant Êlien, 1 ourse, pour soustraire ses petits au danger qui les menace, prend l’un dans sa gueule, met 1 autre sur le dos, et monte ainsi sur un arbre. Aristote et Plutarque racontent que, pour se guérir d une sorte de dégénérescence graisseuse, les ours mangent la racine âcre de Y arum (espèce de pied de veau).
Les ours étaient autrefois plus communs en Europe qu’ils ne le sont aujourd’hui. On n’en trouve plus guère que dans quelques montagnes de l’Espagne, dans les Pyrénées, dans les Alpes, dans les Garpathes, en Pologne et en Russie. L’espèce européenne, l’ours au pelage brun et au Iront convexe, se plaît clans les régions froides, inaccessibles, de notre continent. L’ours noir, au front plat ou au pelage laineux, n’en est qu’une simple variété.
Ari stote a parlé , dans son Traité de ta génération (v, 6), d’un ours blanc. Mais il a soin d’ajouter qu’il ne regarde cette variété que comme accidentelle. Ge n’était, en effet, qu’un simple albinos. Le véritable ours blanc ( ursus marilimus , L.) n’est connu que depuis le seizième siècle de notre ère.
L’ours, dont l’Amérique du Nord possède plusieurs espèces particulières et qui manque entièrement en Australie, tend de plus en plus à disparaître des contrées civilisées de l’Europe. Il s’est réfugié dans la Russie asiatique; les voyageurs le signalent comme très-commun
en Sibérie et au Kamtschatka. En Afrique, les ours sont beaucoup plus rares qu’en Asie. Pline affirmait déjà, comme un fait admis de son temps, que l’Afrique ne produit point d’ours, in Africa ursos non gigni constat1 2. — Les anciens n’ignoraient pas que l’ours passe la longue saison d’hiver à dormir dans des cavités de rofthers inaccessibles, sans avoir besoin de nourriture.
Hérisson. — D’après une locution proverbiale, fort usitée chez les Grecs et due à Archiloque, « le renard sait beaucoup de choses, mais le hérisson n’en sait qu’une grande, » t.oXK’ oio dXtôn àXX’ lyïvoç t'v [J.t'fa. : c’est qu il sait se défendre sans combattre, et blesser sans attaquer. Les piquants dont le corps du hérisson est couvert et qui lui servent d’armes défensives, sont, comme l’avait déjà observé Aristote, des poils dégénérés en épines*. Il distinguait le hérisson du jiorc-épic, dont les piquants sont beaucoup plus forts. D’ailleurs le porc-épic habite les contrées méridionales de l’Europe et de l’Asie, tandis que le hérisson a pour patrie les régions centrales de notre continent [erinaceus europæus). Aristote et Buffon ont répété la même erreur en prétendant que les hérissons, à cause des piquants dont le mâle et la femelle sont garnis, « ne peuvent s’unir qu’en se mettant face à face, debout ou couchés. » C’est un fait d’observation qu'ils s’accouplent à la manière des autres quadrupèdes. Aristote a dit aussi que « les hérissons sentent les changements des vents du nord et du midi, et que ceux qui -habitent sous terre changent alors les ouvertures de leurs terriers, pendant que. ceux qu’on nourrit dans les maisons passent d’un mur à l’autre3. « — C’est là un fait qui reste encore à vérifier. Aristote n’a pas parlé de leur sommeil d’hiver ; mais Buffon, qui en parle, a commis une erreur en disant