‹ Histoire de la zoologieChapitre 49 sur 132 · Aristote, Ilist. animal., vin · texte numérisé non relu

Aristote, Ilist. animal., vin

auxquels il assigne pour patrie le littoral de la mer Noire, et que pour cela on appelait chiens du Pont. « Lorsque cet animal est, dit-il, poursuivi, il abandonne ce que les médecins nomment le castor eum 1 , sachant que c’est pour cela qu’on lui fait la chasse. Avec ses dents, qui ont la dureté du fer, il coupe les arbres qui bordent

les fleuves Sa queue est écailleuse comme celle d’un

poisson, et il a la forme d’une loutre. Comme celle-ci, il peut vivre dans l'eau; mais son poil est plus doux2. »

Pourquoi Aristote et Pline sont-ils si avares de détails sur un sujet aussi intéressant ? C’est que ces détails leur manquaient : le castor appartient à la zone tempérée froide; et les régions de cette zone n’étaient habitées que par des barbares, qui étaient pour les Grecs et les Romains ce que sont aujourd’hui pour nous les sauvages de l’intérieur de l’Afrique.

Au treizième siècle, du temps d’Albert le Grand, on trouvait beaucoup de castors dans des contrées à peu près inconnues aux Anciens. « Ces animaux, dit Albert le Grand, abondent extraordinairement dans certaines parties de l’Allemagne, dans les pays des Esclavons, en Pologne, en Prusse et en Russie3 4. » Plus tard, au commencement du dix-septième siècle, du temps de Ruysch et de Conrad Gesner, on rencontrait encore des castors en Ravière et en Autriche, sur les bords du Danube, en France sur les rives du Rhône et même de la Marne, et en Suisse sur les bords de l’Aar, de la Reuss, de la Limmat, de la Rirse, ainsi qu’autour de presque tous les lacs*.

Dans le Liber benedictionum d’Édouard IV, abbé de Saint- Gall, vers l’an 1000, il est parlé de la chair de castor

1. Matière odorante, sécrétée par les glandes du prépuce. Le castoreum est encore aujourd’hui employé en médecine comme antispasmodique.

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