‹ Histoire de la zoologieChapitre 5 sur 132 · Tliur ou thour est le nom arabe du bœuf · texte numérisé non relu

Tliur ou thour est le nom arabe du bœuf

et qui a été la véritable souche de nos bœufs domestiques, espèce qui aura été anéantie par la civilisation.... L’aurochs lui-même est aujourd’hui menacé d’une destruction prochaine1. »

Le bubale des Grecs et des Romains n’est ni le buffle, ni le petit bœuf [zébu) que Belon avait vu en Égypte. Le bubale, décrit plus tard sous le nom de vache de Barbarie , était, ainsi que cela résulte déjà des observations d’Aristote, de Strabon et de Pline, une antilope [antilope bubalis). Quant au zébu , figuré et décrit par Belon et Prosper Alpin, c’était une- simple variété de bœuf, bossu et petit de taille, commune dans les contrées septentrionales de l’Afrique, d’où elle a été transportée dans le Nouveau- Monde. Cette race se montrait aussi en Égypte à une époque assez reculée; Jcar, en examinant la momie d’un prêtre, on trouva aux pieds du mort l’image du bœuf Apis, et ce bœuf était un zébu.

Ane. ■ — L’âne, cher à tous les fabulistes et qu’on a toujours représenté, je ne sais trop pourquoi, comme 1 emblème de la bêtise, était dès la plus haute antiquité employé, chez les peuples de l’Orient, aux travaux des champs, à porter des fardeaux et à faire tourner la meule. Columellc l’a fort bien caractérisé en ces termes : « L’âne se contente de peu de nourriture ; des feuilles, des chardons, des brins de paille lui suffisent; il exige peu de soins, supporte la faim et les marbrais traitements; il est dur à la fatigue et rarement malade. » — « Pourquoi donc, s’écrie ici lluflon, tant de mépris pour cet animal si bon, si patient, si sobre, si utile? Les hommes mépriseraient-ils jusque dans les animaux ceux qui les servent trop bien et à trop peu de frais? »

Sorti des contrées méridionales (Arabie et Égypte) de.

1 Ancien-Monde, 1 âne s’est successivement répandu de là dans les régions septentrionales. Il y a un peu plus de

1. Cuvier, Recherches sur les ossements fossiles , t. IV, p. 150.

deux mille ans, du temps d’Aristote, il était encore inconnu en France, en Allemagne, dans le centre et dans le nord de l’Europe ; il est pour ainsi dire nouveau pour les îles Scandinaves et la Russie.

Les Egyptiens, qui faisaient de leurs animaux des Dieux, avaient, s’il faut en croire Élien1, l’âne en horreur. Ils avaient rejeté de leurs instruments de musique la trompette, parce qu’elle rappelait lehraiement de l’âne. Ochus, roi de Perse, blessa les Egyptiens dans leurs croyances en tuant le bœuf Apis pour ÿ substituer un âne. Un fait curieux, c’est qu’il y avait en Égypte une fête de l’âne, comme dans l’Europe chrétienne au moyen âge. Dans cette fête égyptienne, un homme placé en tête de la procession, tressait une corde de jonc que ceux qui venaient après lui déliaient2.

Le lait d’ânesse était employé par les dames romaines pour blanchir leur peau. Poppéa, femme de Néron, entretenait constamment cinq cents ânesses, dont le lait lui servait de bain3. Depuis Galien ce lait passe pour un remède précieux contre certains maux, particulièrement contre la phthisie pulmonaire. La chair de l’âne est inférieure à celle du cheval ; Galien la range parmi les aliments nuisibles, propres à engendrer des maladies. On attribuait aussi autrefois des vertus médicales au sang, à l'urine, au |cœur, au foie, a la moelle de l’âne. Une chose plus certaine, c’est l’utilité de sa peau. Elle sert depuis longtemps à faire des tambours et du gros parchemin. C’est avec le cuir de l’âne que les Orientaux font le maroquin ou peau de chagrin.

Les Anciens connaissaient très-bien l’âne sauvage ou onagre (de Ôvoç, âne, et ayptoc, sauvage). Pendant l’expédition de Gyrus le jeune, Xénophon rencontra, dans les plai-

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