Pline, Hist. nat., xi
nés situées à l’ouest de l’Euphrate, des troupeaux entiers d’ânes sauvages. « Ils couraient, dit-il, plus vite que les chevaux, et on ne pouvait en faire la chasse que par des piquets de cavalerie, placés de distance en distance. La chair de ces animaux a le goût de celle du cerf; elle est seulement plus tendre1.» Les Perses en faisaient un très-grand cas. — Au rapport de Varron, l’onagre se rencontre également par troupes dans la Phrygie et la Lycaonie; il passait pour facile à domestiquer2.
Plusieurs voyageurs et naturalistes ont confondu l’onagre avec le zèhre. Mais l’âne sauvage n’est pas rayé comme le zèbre; il n’est pas non plus, à beaucoup près, d’une forme aussi élégante, et par son aspect il se rapproche davantage du cheval. Le zèhre d’ailleurs ne paraît pas, comme l’âne , avoir dépassé les contrées méridionales de l’Afrique. Sa véritable patrie est le cap de Bonne-Espérance, inconnu aux anciens.
L’âne (equus asinus, L.), est du même genre que le cheval ( equus caballus). Mais n’est-il qu’un cheval dégénéré, transformé? Cette question, souvent soulevée, a été résolue négativement par l’immense majorité des zoologistes, se fondant sur la production des mulets. On sait que l’âne peut s’accoupler avec la jument, comme le cheval avec l’ânesse ; que dans le premier cas le produit est le grand mulet, et dans le second le petit mulet. Mais, dans tous les cas, les mulets sont impropres à se reproduire, ils sont à tout jamais frappés de stérilité ; c’est cette impossibilité de reproduction qui, comme l’a établi Buffon, constitue le caractère fondamental de l’espèce. Et c’est à cette occasion que le grand zoologiste répond d’avance à une théorie renouvelée de nos jours. « Quoiqu’on ne puisse pas, dit-il, démontrer que la production d’une espèce par la dégénération soit une chose impossible à la