‹ Histoire de la zoologieChapitre 59 sur 132 · Quarterley Review, déc · texte numérisé non relu

Quarterley Review, déc

tères sont : d’avoir le corps couvert de plumes, d’avoir un bec et de voler1. Mais ces caractères n’appartiennent pas aux oiseaux seuls : il y a des animaux, voisins des mollusques, qui ont un bec ; la chauve-souris, qui est un mammifère, vole, tandis que l’autruche, qui est un oiseau, ne vole point. Il n’échappa pas à Aristote que les ailes des oiseaux sont les analogues des bras ou des pattes antérieures des quadrupèdes : leur attache est là où nous avons les épaules. Il signale , comme un caractère assez constant, la division du pied en quatre doigts, dont trois en avant et un en arrière, servant de talon. Partant de là, il partage les oiseaux en ceux qui ont les ongles fortement recourlrés, — ce sont les carnassiers ; en ceux qui ont les doigts réunis par une membrane , — ce sont les palmipèdes ; en ceux qui ont les ongles presque plats, et sont armés, comme le coq, d’un ergot ou d’un cinquième doigt , — ce sont les gallinacés. Continuant sa caractéristique, Aristote ajoute : « Les oiseaux ont une bouche, mais d’une forme particulière ; ils n’ont ni lèvres ni dents, mais un bec ; ils n’ont également ni oreilles ni narines, ils ont seulement les orifices de ces fonctions sensitives ; les orifices de l’odorat sont placés sur le bec , ceux de l’ouïe à la tête. Tous ont deux yeux comme les autres animaux, mais sans cils. Ceux qui ont le vol lourd (Papa?) ferment l’œil avec la paupière inférieure ; tous ceux que l’éclat de la lumière fait cligner, avancent une peau

de l’angle de l’œil Les oiseaux, comme tous les animaux

ovipares, n’ont point d’épiglotte pour couvrir 1 entrée de la trachée-artère ; mais ils peuvent en resserrer ou en dilater l’ouverture à volonté*. »

Toutes ces observations témoignent d’une sagacité peu commune à une époque où la science était encore à créer.

Oiseaux carnassiers. Aristote a le premier remar-

* 1. Ilist. animal, i, 5; Départ, animal., Vf, 12.

*2. Ilist . animal., n, 12.

ipé qu’aucun des oiseaux qui ont les ongles recourbés ne vit en troupes, qu’ils sont en général peu féconds , qu’ils boivent très-rarement, qu’ils ont le col court, la langue large, et qu’ils imitent ce qu’ils voient faire. Il a distingué aussi les oiseaux de proie en diurnes , tels que les aigles, les vautours, etc., et en nocturnes, tels que le hibou, la chouette, etc.

Oiseaux de proie diurnes. — Quelles sont les espèces d’oiseaux de proie que les anciens désignent par le nom .général d 'aigles, àsvo't, aquilæ? Question dilficile à résoudre nettement. Aristote admettait six espèces d’aigles. La première est celle du pygargue , Tiuyapyoç. « Cet aigle, dit-il , que quelques-uns nomment tueur de faons (vsSpo- . ©ovo;), fréquente les plaines, les bois épais et les environs des cités. Il dirige aussi son vol vers les montagnes et les forêts ; c’est un oiseau audacieux. Une autre espèce -est celle du plangus, uXayyoç ; il est le second pour la .grandeur et la force; il habite les défilés, les gorges étroites et les lacs ; on le surnomme tueur de canards (vr^Tocpôvo;) et morphnos; c’est de cet aigle que parle Homère lorsqu’il fait sortir Priam pour aller trouver Achille. On voit dans les vers du poète que l’aigle, « ce chasseur qu’envoya Jupiter comme le plus sûr des augures, » s’appelait aussi perçues h

Une troisième espèce est l’aigle noir; il est le plus petit et le plus fort de ce genre d’oiseaux; il habite les montagnes et les forêts. L 'aigle noir (p.EXavat£Tdç) est un tueur de lièvres O.aywpdvot;). C’est le seul qui nourrisse ses petits jusqu’à ce qu’il les conduise hors du nid : il est rapide au vol , d’un bon naturel, sans jalousie, sans crainte, ardent au combat et de bon augure. La quatrième espèce est le percnoptère , -KEpxvdTrxepoi;. C’est le plus

).. Iliade, xxiv, 315 et suiv. :

AOxiy.a a Utôv yjxe, T£>£toTaTOv 7T£tey)vc5v,

Mof^voy, 6yj£71 ttjû*, 8v xal Tcepxvôv xocXeouciv.

grand des aigles ; sa tête est blanche , ses ailes trèscourtes, son croupion allongé; il ressemble au vautour; on le nomme cigogne des montagnes , ôsei-eXïoy et vautour-aigle, gypaète, yuitauTÔ; ; il habite les bois touffus ; il se laisse attraper et poursuivre, soit par des corbeaux, soit par d’autres oiseaux; il est lourd, se nourrit mal et se jette sur les cadavres; il est toujours affamé, crie et se plaint. L’aigle de mer , âm te-roc, forme une cinquième espèce : il a le cou long et gros, les ailes infléchies et le croupion large. Il habite les rivages de la mer.' Enfin, il y a une sixième espèce, c’est l 'aigle franc (yvtigioç) ; c’est le plus grand de tous les aigles, plus grand que le ph'ene (orfraie?) ; il est rare1. »

Quelque simple que soit cette caractéristique d’Aristote, il est difficile de la faire concorder avec celle des modernes. D’abord, ce n’est pas le nom d aquila, mais celui de falco, faucon, qui, depuis Linné, a été adopté comme nom. de genre dans la nomenclature latine, ce qui n a pas empêché les zoologistes de conserver, en langue vulgaire^, le nom à’ aigle à côté de celui de faucon. Ensuite, à! commencer par la première espèce d Aristote, qu est-ce que le pygargue? A juger par l’étymologie du nom ;de Truyo, derrière, et àpyoç, blanc), le pygargue est un aigle à queue blanche. S’emparant de ce caractère , Buflon a distingué les pygargues des aigles proprement dits , et il a composé l’espèce du pygargue de trois variétés; saioii . le grand pygargue , le petit pygargue et le pygargue à tête blanche. Mais on a depuis reconnu que le grand et le petit pygargue ne sont qu’une seule et même espèce; que le grand est la femelle et le petit le mâle. Quant au pygargue à tête blanche , c’est une espèce particulière, c’est le falco leucocephalus, Gmel., ou l’aigle à tête blanche de Cuvier. Cet aigle, qui vit autour des lacs de l’Amérique septentrionale , où il poursuit sans cesse le

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