‹ Histoire de la zoologieChapitre 60 sur 132 · Aristote, Hisl. animal., ix · texte numérisé non relu

Aristote, Hisl. animal., ix

• ™ np doit pas être confondu avec le pygargue de

rC ' ^. devenu vieux, a la tête bkuehàtre. Ce que H'dtait BOUS le nom «orfraie (dérivé d omfraga) n’éteit qu’un jeune pygargue. .

ne forment, dit Cuvier, qu une espece qui, dans ses pie mières années, a le bec noir, la queue noirâtre, tachetee de blanchâtre, et le plumage brunâtre avec une flamme brun foncé sur le milieu de chaque plume . c est alors le falco ossifraga , Gmel., ou Y orfraie de Mon. Avec Pâle l’orfraie devient d’un gris-brun uniforme, plus pâle ’à la tête et au cou, avec une queue toute blanche e un bec jaune pâle ; c’est alors le falco albicilla , Grue ., ou le pygargue de Buffon. On a vérifié plusieurs fois ces changements à la ménagerie du Muséum. Quant au peu pveargue, falco albicaudus , Cm., ce n est que le male du falco albicilla. » Voilà comment on a d une seule espece d’amie fait trois espèces, en apparence distinctes, et cet e confusion a pu subsister inaperçue depuis 1 antiquité

jusqu’à nos jours 1

La seconde espèce d’Aristote, le ma^oç ou plaintif , était le petit aigle de Buffon ( falco nævius et falco maculais de Gmelin). Les plaintes ou cris lamentables qu on lui entend pousser continuellement lui ont mérité de tout temps le nom d’aigle plaintif ou criard ( aquila planga, a clanga ). On l’appelait morphnos à cause de son plumage qui, d’un brun obscur, est marqueté sur les jambes et sous les ailes de plusieurs taches blanches. Il s’attaque de préférence aux canards, d’où son surnom d'anataria ou de neltophonos. Cette espèce, quoique peu nombreuse, est répandue dans tout l’ Ancien-Continent ; on ne la trouve pas en Amérique.

L 'aigle noir d’Aristote estl 'aigle commun de Buflon, [falco flavus et f. niger de Gmelin), qui de brun devient noir sur le des, avec l’âge. Le lièvre est sa proie favorite, comme l'indique très-bien son nom de lagoplionos (Lucui de lièvres), donné par Aristote. L aigle noir est commun

dans les deux continents, et préfère les régions froides aux pays chauds.

L'aigle de mer d’Aristote est le balbuzard de Buffon (, falco halitæus , L). Il ne se plaît que dans les régions basses, marécageuses, aux bords des étangs, des rivières, etc. Il diffère des aigles, tels que Buffon les a caractérisés, en ce qu’il a les pieds et le bas des jambes dégarnis de plumes, et que l’ongle de derrière est le plus court des ongles. On le trouve répandu en Europe, du nord au midi, depuis la Suède jusqu’en Grèce.

Le percnoptère , formant la cinquième espèce d’Aristote, tient plus du vautour que de l’aigle. Aristote, qui l’a rangé parmi les aigles, avoue lui-même qu’il est plutôt . du genre deé vautours, et qu’il a tous les vices de l’aigle sans en avoir les bonnes qualités. Belon fait du percnoptère , nom qui signifie aile brune (de ‘jtepxvoç, brun, et Tz-spcv, aile), la buse ou la bondrée. Brisson l’a décrit sous le nom de vautour des Alpes. Suivant Buffon, ce serait le vautour fauve (vultur flavus, Gmel.), et il adopte le nom de percnoptère. Cuvier y voit plutôt une grande espèce d’aigle à tête blanche, le falco leucocephalus' .

La sixième et dernière espèce d’Aristote, Yaigle franc , est Yaigle doré ( falco chrysaetos , L.), que Buffon a décrit sous le.nom de grand aigle , et Cuvier sous celui d’aigle royal. Les Grecs, ne connaissant pas le condor, pouvaient dire que Yaigle franc . <xeto; yvvfctoç, est de tous les oiseaux celui qui s’élève le plus haut, que c’est l’oiseau céleste ou le messager-de Jupiter. L’aigle royal ne dijïère, d’après Cuvier, de Yaigle commun que par sa queue noirâtre, marquée débandés irrégulières, cendrées. On assure que c’est l'aigle commun dans son plumage parfait. Cependant il y a entre ces deux espèces une différence qui, selon nous, mérite d’être notée : l’aigle commun nourrit, comme l’avait ob-

1. Voy. la note de Cuvier, dans le t. IV, p. 214, de l’édition Lemaire, de Pline.

servé Aristote, tous ses petits dans son nid, les élève et les conduit encore pendant quelcpie temps, au lieu que l’aio-le royal les chasse hors du nid et les abandonne à des qu ils sont en état de volei .

Epervier, vautour, milan, etc. — Il règne également une grande incertitude au sujet de la valeur exacte des mots de UfU, YU-I, îxtïvoç, Tpioq^ç, œvjvr,, employés par Aristote. L’auteur de l’Histoire des animaux admet jusqu’à dix espèces d’épemer ou de hi6 vax (de isooç, saciej , 1 lme en compte seize, et Élien un plus grand nombre., Aristote iftdique la buse (xp(opy Yj<;) comme le plus fort des epeivieis. La buse se distingue des oiseaux du même genre parce qu’elle ne saisit pas sa proie au vol, et qu’assise sur une branche d’arbre elle se jette de là sur le petit gibier qui passe. Les anciens avaient-ils remarqué combien cette espèce [falco buteo , L.), est sujette à varier? On l’ignore. Mais ce qu’il y a de certain, c'est que « si l’on en compare, comme l’a observe Buflon, seulement cinq ou six ensemble, on en trouve à peine deux bien semblables; il y en a de presque entièrement blanches, d autres qui n ont que la tête blanche, d’autres enfin qui sont mélangées différemment les unes des autres, de brun et de blanc. » Ces différences, dont on a pu faire autant de variétés, dépendent de l’âge et du sexe.

L’espèce d’épervier qui vient après pour la vigueur, Aristote l’appelle aHaXoïv . Il le fait vivre en guerre avec les renards et les corbeaux. Pline le représente comme un petit oiseau de proie. Partant de là, Daléchamp, Scaliger, Boclrart et d’autres l’ont identifié avec l’émérillon ( falco æsalon , L.), remarquable par sa force et son courage, bien qu’il n’ait que la taille d’une grosse grive. Ses instincts de chasseur lui firent jadis jouer un grand rôle dans la fauconnerie.

Une autre espèce d’épervier est celle qu’ Aristote nomme kirkos (xtpxoç), ajoutant que cet oiseau se nourrit comme le renard. Ce caractère a suffi aux naturalistes pour l’idon-

tifier avec le buzard ( falco æruginosus, L.). Moins paresseux et plus vorace que la buse, le buzard fait une cruelle guerre aux lapins. Il construit son nid le long des clapiers, « où il fait, dit Belon, moult grand dommage sur les connins. »

Outre ces trois espèces d’éperviers, Aristote a distingué encore la sous-buse , uirorpiop^ç ; l’épervier tacheté, -ss/.o?; l’épervier qui tue le ramier , aacsotpôvoç ; l’épervier qui attaque le pinson , en rtÇîa;; l’épervier mangeur de rainettes , tppuvoXô/oç ; l’épervier lisse , Xeïoç, et le pern'es , mç vr,ç. Il n’est guère possible de faire exactement concorder les noms de ces espèces avec la synonymie moderne.

Il est douteux que parmi les dix espèces énumérées par Aristote se trouve compris le fameux épervier des Égyptiens. Cet épervier était tellement révéré, selon Hérodote, queeelui qui en tuait un, volontairement ou non,étaitimpitoyablement condamné à mort1. Plutarque nous apprend dans son petit traité Sur Isis et Osiris que les Égyptiens peignaient Osiris (le soleil) sous la forme d un épervier, parce que cet oiseau a la vue excellente, qu il vole bien et digère aisément. « On raconte en outre, dit Plutarque, que l’ épervier jette de la terre sur les yeux des morts qu’il voit sans sépulture, et que, quand il descend au Isil pour y boire, il dresse ses plumes, et ne les baisse qu’après avoir bu, pour marquer qu’il a échappé au crocodile. » Suivant Horus -Apollon, 1 épervier était le symbole du sang, parce qu’il ne boit que du sang, et point d’eau. On sait que le sang passait, chez les anciens, pour le siège de l’âme.

D’après Strabon, le hierax , adoré des Égyptiens, ne ressemblait en rien aux éperviers de l’Egypte, ni à ceux des autres pays; qu’il était beaucoup plus grand et avait le plumage beaucoup plus varié. Qu était-ce donc alors que leur hierax? On a pensé que c’était le sacré [falco

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