Ilist. animal., vin
Ray et Linné ont beaucoup trop multiplié le nombre des espèces de vautours.
Le ph'ene (tp-ifo) des Grecs, Yossifraga des Latins, est, suivant Savigny et Cuvier, le gypaète ou Læmmergeier, qu’on rencontre dans les régions alpines de l’Europe. C’est l’aigle barbu, aquila barbala, de Pline, caractérisé par une barbe de plumes qui pend sous le menton. Aristote a dit que le pbène [orfraie de quelques naturalistes) a la vue imparfaite, ayant les yeux couverts d’une taie. Par l’examen anatomique de l’œil de cet oiseau de proie, Aldrovande a montré qu’Aristote faisait ici allusion à la membrane nictitœnte ou clignotante, qui se trouve dans tous les oiseaux. « Cette troisième paupière, remarque ici Cuvier, devait avoir une certaine transparence, car les oiseaux regardent quelquefois au travers, et c’est elle qui permet à l’aigle de fixer le soleil. »
Quant à Yiktinos (ixtïvoç) d’Aristote, il n’est nullement démontré que ce soit le milan commun (falco milvus , L.), comme le prétendent les interprètes.
Oiseaox de proie nocturnes. — En employant le qualificatif de vuxTspivoç, nocturne, Aristote dit très-bien qu’il ne s’agit pas ici de toute la nuit, mais seulement du crépuscule et de l’aurore, pendant lesquels certains oiseaux aux ongles recourbés, yau’foLuys;, vont à la recherche de leur nourriture, qui consiste en petits animaux, tels que lézards, souris, mulots L Parmi ces oiseaux il nomme d’abord le nycticorax (le corbeau de nuit, vuxfixôpaÇ), puis le glaux (yXaûÇ) et le byas (ftoaç).
Buffon a le premier identifié le nycticorax des anciens avec la hulotte ou chouette noire, chouette des bois [strix uluco et strix stridula , L.). Par sa grandeur, par sa grosse tête arrondie, sans aigrette, par sa face comme encavée dans son plumage, par l’iris de b œil d’un brun foncé, par le dessus du corps couleur gris de fer, marqué